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Michel Cymes : Son ouvrage est au cœur d'une polémique !

Publié le 29 janvier 2015

Michel Cymes se retrouve au centre d'une polémique virulente, après avoir accusé l'Université de Strasbourg de conserver des restes de juifs victimes du nazisme. Le médecin sera présent à Strasbourg ce vendredi afin de présenter son ouvrage, et devra faire face aux démentis de l'établissement alsacien.

Michel Cymes se serait bien passé de cette polémique. Plus souvent assimilé à ses fous rires pendant l'émission Le magazine de la santé, le plus célèbre médecin du petit écran fait cette fois parler de lui pour une raison nettement moins drôle. Alors que son ouvrage Hippocrate aux enfers, consacré aux médecins des camps de concentration, est sorti le 14 janvier dernier, l'Université de Strasbourg s'est indignée contre un passage du livre. Dans l'extrait incriminé, Michel Cymes affirme que l'établissement alsacien a conservé des restes de juifs victimes du nazisme. "Une simple rumeur", a indiqué l'administration strasbourgeoise mercredi 28 janvier. L’université a également pointé les nombreuses inexactitudes de l'ouvrage du chroniqueur médical, qui semble souffrir d'un manque de références bibliographiques et de documentation.

Les expériences du médecin nazi August Hirt

Sur l'origine des corps, les deux parties semblent s'entendre : l'Université de Strasbourg a bien eu en sa possession des coupes anatomiques de victimes juives. Le médecin nazi August Hirt, qui officiait à l'Institut d'anatomie de Strasbourg, serait responsable de la mort de quatre-vingt-six victimes, déportées puis gazées au camp alsacien de Natzwiller-Struthof, avant que les corps ne soient ramenés à l'institut. L’université affirme que les restes ont été découvert en décembre 1944, et que l’ensemble des dépouilles a quitté la ville alsacienne en septembre 1945 pour le cimetière juif de Cronenbourg, où elles ont été inhumés "à l'endroit où fut apposée il y a quelques années la stèle qui porte le nom des quatre-vingt-six victimes".

Michel Cymes

Michel Cymes, tu m'as trahi

Pour étayer son affirmation, le médecin s'appuie sur les propos du psychiatre Georges Federmann, qui n'est pas directement cité dans l'ouvrage. Mais le praticien se démasque bien volontiers. "Là où Cymes m'a trahi, c'est qu'il laisse entendre qu'il resterait des restes des quatre-vingt-six", a déclaré Federmann à la presse, en présence du président de l'université, Alain Beretz. Pas démonté, Michel Cymes a répondu à Georges Federmann, par ailleurs président du cercle Menachem Taffel, qui œuvre pour la mémoire de ces victimes juives inhumées au cimetière de Cronenbourg. "Au lieu de m'accuser de déformer l'histoire, il serait plus judicieux de se battre contre ceux qui essaient de l'étouffer", écrit le chroniqueur médical. "Mon livre fait plus pour le devoir de Mémoire que des dizaines d'autres passés inaperçus", ajoute celui dont les deux grands-pères ont trouvé la mort à Auschwitz.

Vraie polémique ou promotion ?

Interrogé par nos confrères de L'Obs, Christian Bonah, professeur d'histoire de la médecine à l'université de Strasbourg, estime qu'Hippocrate aux enfers est "un livre qui cherche plutôt à faire sensation". Michel Cymes "est très fidèle aux faits, mais il fait référence à des travaux anciens. Tout est dans le flou", ajoute le professeur.

Michel Cymes, qui a déclaré à Metronews que "les gens qui vivent à Strasbourg ne sont évidemment pas responsables de ça", se rendra dans la cité alsacienne ce vendredi 30 janvier afin d'y faire la promotion de son ouvrage. Une venue attendue de pied ferme par le psychiatre Georges Federmann, qui espère bien pouvoir se confronter au chroniqueur médical.

Quoi qu'il en soit, cette polémique semble bien mal venue alors que se termine à peine la commémoration du 70e anniversaire de la libération du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau...

Raphaël Marchal


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