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Michel Drucker : En prison !

Publié le 25 janvier 2008

Depuis plus de 40 ans, Michel Drucker accompagne nos vies, de Télé Dimanche à Vivement Dimanche, en passant par Studio Gabriel et Champs-Élysées, se retrouve régulièrement en prison...

Mais plus encore que son talent et la qualité de ses émissions, le véritable exploit de Michel Drucker est d'avoir su rester le « vrai gentil » du Paf, à l'heure où la mode est aux animateurs agressifs et cassants avec leurs invités.

Mais, on aura beau dire, on aura beau faire, essayer de lui trouver des failles, Michel, l'ami des stars, est définitivement « un mec bien ». Quelqu'un qui, entre simplicité et naturel, s'est toujours présenté sous les traits lisses d'un homme qui n'a rien à cacher.

Et pourtant... Si on a l'impression de tout savoir sur lui, jusqu'au prénom de sa fidèle petite chienne, Olga, on était à mille lieues d'imaginer, ne serait-ce qu'un instant, son incroyable secret. Saviez-vous, en effet, que cet homme, qui porte la gentillesse et l'honnêteté sur son visage, se retrouve régulièrement... en prison !

C'est dans une biographie consacrée à Jamel Debbouze*, où sont évoqués les débuts de l'humoriste à la télé, dans Studio Gabriel, que l'on peut lire cette incroyable confession de Michel Drucker, qui raconte comment tout a commencé, lorsqu'il avait 18 ans...

->Voir aussi - Michel Drucker : Il a fêté ses 65 ans

À l'heure où les jeunes gens de son âge s'apprêtent à décrocher leur bac, Michel, lui, passe le plus clair de son temps à fréquenter des loubards. Il a définitivement renoncé aux études avec lesquelles il n'a pas beaucoup d'atomes crochus, et travaille alors pour la première fois :

« J'étais moniteur de jeunes délinquants en Vendée. J'étais alors entouré de petits Jamel, confie-t-il dans l'ouvrage. La plupart, originaires d'Afrique du Nord, étaient déjà des terreurs venues des premières HLM construites en France dans les années 50 et 60... Des caïds en herbe, mais toujours très drôles, n'ayant peur de rien, jetés dans la vie sans filet, mais avec quelque chose en plus que les gosses de bourges : il fallait qu'ils se démerdent. »

Et même si Michel Drucker est né dans une « bonne » famille, il est, à l'époque, en conflit avec ses parents. À 17 ans, il a quitté l'école, et, selon ses propres mots, ne fréquente que des cancres comme lui... Au fond, il se sent très proche de ces petits gars dont il s'occupe. Bien sûr, ses fréquentations ne le conduiront pas à se lancer dans de grandes études, mais elles développeront sans doute chez lui un dévouement et une humanité à toute épreuve.

« J'ai eu très tôt une sympathie pour ces gamins venus de rien, qui espèrent devenir saltimbanques avec les moyens du bord. Ils ont le choix entre la réussite artistique sur une scène, un terrain de foot, sinon un ring de boxe, ou alors finir en taule », dit-il encore.

En « taule »!

Michel a eu la triste confirmation de ses propos, quand il a commencé à travailler à la télévision... « Quand je suis arrivé en tant que journaliste sportif, confiet-il encore, j'ai commencé à recevoir des lettres venant de différentes maisons d'arrêt de France, écrites par ces gars dont j'avais été le moniteur aux Sables-d'Olonne. »

Si ses petits protégés de Vendée ne l'avaient pas oublié, Michel, lui non plus, n'avait pas mis de côté ces visages et ces noms qui l'avaient tant ému. Et, contrairement à d'autres, qui renient une partie de leur enfance, ou leurs origines, il a voulu que ce lien privilégié, ne se rompe pas.

« Cette expérience en Vendée m'a marqué à vie, finit-il par avouer. Depuis, j'ai un contact régulier avec le milieu carcéral, et il m'arrive quelquefois de m'y rendre pour aider ceux qui m'écrivent. »

À la faveur de ces confidences, nous découvrons encore un nouveau visage de l'animateur Michel Drucker, dont on pensait pourtant tout savoir...

*"Jamel, la vérité", de Marie Jocher et Alain Kéramoal, aux éditions du Seuil.

Laura Valmont

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