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Michel Fugain : Sa terrible tentative de suicide !

Publié le 17 janvier 2020

Accablé de souffrances, l'interprète d'"Une belle histoire", Michel Fugain, a voulu en finir.

C’est comme si Michel Fugain avait eu deux vies… Une première, pleine de promesses artistiques et d’un bonheur familial sans nuage ; et la seconde qui, suite à ce maudit 18 mai 2002 où la leucémie lui arrachait sa fille chérie Laurette, s’emplissait soudain de révolte et de désespoir. Le chanteur a pourtant tout pour être un homme comblé. 

Alors que sa mère l’imagine futur grand pianiste, son père, diabétologue, le pousse à devenir neurochirurgien. Le jeune étudiant se lance donc en fac de médecine mais, pas vraiment fait pour ça, plaque tout dès la première année. Passionné de cinéma, il quitte à 18 ans Grenoble, sa ville natale, pour monter à Paris. Et, après avoir été manutentionnaire et porté des dizaines de caisses de caméras, il devient, au hasard des rencontres, le second assistant du célèbre réalisateur Yves Robert. 

Puis, inscrit au cours de théâtre d’Yves Furet, il croise un autre Michel… Sardou, et intègre avec lui le label Barclay. Son premier succès, Je n’aurai pas le temps, le propulse en tête des hit-parades. Au début des années 70, il crée le Big Bazar. S’ensuivent ses inoubliables tubes : Fais comme l’oiseau, Une belle histoire, La Fête, etc. Et si, côté cour, c’est pour Michel un accomplissement total, côté jardin, ça ne l’est pas moins.

Amoureux de Stéphanie, rencontrée en 1972, alors qu’elle était membre du Big Bazar, il est l’heureux papa de trois enfants, Marie, née en 1973, Laurette, en 1979, et Alexis, en 1993. En 1982 cependant, l’artiste va connaître une traversée du désert qui n’entamera en rien son optimisme. À cette époque en effet, lorsqu’il débarque à la télé, il se rend vite compte que ce monde n’est pas le sien. Considéré alors comme un has been, il préfère se retirer et repartir de zéro, au point même de retourner chanter dans des boîtes avec sa petite bande play-back sous le bras.

Formel, il avoue d’ailleurs : « Si vous saviez tout le bien que ça m’a fait de recommencer comme un débutant. Et une fois l’énergie revenue, il fallait me couper les mains et me percer les oreilles pour m’arrêter ! » L’artiste renoue ensuite avec le succès en 1988 grâce à son titre Viva la Vida. Malheureusement, la vie va se charger de tout stopper net. Au printemps 2001, sa fille Laurette, qui depuis quelque temps se sent inexplicablement fatiguée, fait un bilan sanguin, et le diagnostic tombe, implacable : elle est atteinte d’une infection du sang. Anéantis par l’effroyable nouvelle, Michel et Stéphanie comprennent que le combat va être long et douloureux. Dès cet instant, la tribu Fugain, comme l’a toujours appelée Michel, a encore renforcé ses liens, et c’est plus soudés que jamais qu’ils décident de tenter l’impossible pour sauver Laurette. Meurtri comme jamais cependant par le drame que vit sa fille, Michel raconte : « J’ai commencé à perdre des cheveux, j’ai fait des pelades, je me suis retrouvé dans le même hôpital que Laurette. Au moment où j’ai appris qu’elle avait une leucémie, mon corps a su que ça se terminerait mal… » Il veut pourtant y croire, tenir bon, pour Laurette et le reste du clan. Il souhaiterait prendre son mal et sa place sur ce lit d’hôpital si froid, endurer ses souffrances…

Car la comédienne qu’elle rêve d’être, encore si jeune, a tant de choses à vivre. Hélas, dans la nuit du 18 au 19 mai 2002, tout juste un an après l’annonce de la maladie et faute d’un donneur compatible, Laurette ferme les yeux pour toujours, laissant les siens en proie à un effroyable chagrin et un vide immense. Si abyssal que Michel, qui jusqu’ici avait tout fait pour tenir bon, perd pied et imagine le pire. 

Mais comment survivre à la perte de son enfant ? Comment maintenir le cap quand vous voilà soudain plongé dans l’obscurité la plus totale ? Comment continuer tout simplement à vivre lorsqu’on vient de vous arracher le cœur ? 


N’y parvenant plus, Michel pense en finir. « Une nuit, j’ai été suicidaire, confiait-il il y a quelques années à Thierry Ardisson. Au point que, le lendemain matin, ma femme m’a emmené chez quelqu’un qui m’a fait douze piqûres dans le dos. Et ça a été tellement douloureux que je me suis juré de ne plus jamais l’être ! » Ce jour-là, la mère de ses enfants vient de lui sauver la vie. Néanmoins, malgré tous ses efforts, le couple ne parvient pas à s’en sortir. Stéphanie, de son côté, décide de continuer le combat de sa fille en créant l’association Laurette-Fugain et en se rendant devant les caméras pour sensibiliser le public à donner son sang, ses plaquettes, sa moelle osseuse. Pour que la mort de Laurette ne soit pas vaine et aide à sauver d’autres vies. Michel, lui, préfère le silence et se retire dans sa maison de l’Île-Rousse, en Corse, où il se laisse consumer à petit feu. « Pendant trois ans, j’étais comme mort, démoli, nous livrera-t-il. J’avais l’impression qu’après m’avoir longtemps cajolé, la vie voulait me faire payer ses caresses. À l’époque, j’ai coulé au fond de l’océan, je n’avais plus envie de rien… 

Quand soudain débarque Sanda, ma sirène, qui m’a chopé entre deux eaux et remonté à la surface. Elle m’a fait prendre ma première goulée d’air, en me disant : “Tu es un être de soleil, tu n’as rien à faire au fond de l’eau.” Je l’ai crue et j’ai décidé de la suivre… » 

Et de vivre. « Sanda est une merveille de femme, dira-t-il aussi, heureux. C’est génial d’être amoureux fou ! Je retrouve mes 17 ans. » Épousée en 2014, cette charmante blonde d’origine roumaine et chanteuse, elle aussi, a sans conteste redonné à Michel le sourire et foi en l’avenir.

Laura VALMONT

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