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Michel Galabru : Il rempile chez les gendarmes !

Publié le 14 août 2009

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C'est à Ramatuelle que l'acteur Michel Galabru a reçu un hommage qui vaut tous les Césars de la terre...C'est à Ramatuelle que l'acteur Michel Galabru a reçu un hommage qui vaut tous les Césars de la terre...

A Ramatuelle, la nuit douce et chaude enveloppe le charmant petit village provençal. Soudain, des applaudissements crépitent joyeusement. Le voyage de Monsieur Perrichon, la pièce d'Eugène Labiche, interprétée par Michel Galabru, vient de s'achever au Théâtre de Verdure.

Les vivats et les bravos concluent la magnifique représentation d'un de nos derniers monstres sacrés. Une pluie de coussins rouges s'abat même sur le comédien. Un signe synonyme de succès à Ramatuelle.

Sur scène, Michel Galabru, 86 ans, salue le public comme il se doit. Sourire aux lèvres, il savoure chaque instant de son succès. Il est bien loin de se douter de la surprise concoctée par le directeur artistique du festival, Michel Boujenah.

->Voir aussi - Michel Galabru : Son bouleversant testament

Tout à coup, au milieu des acclamations, une musique retentit dans la salle. Les spectateurs, ravis, comprennent en un clin d'œil l'hommage qui va être rendu. Ils ont reconnu la célèbre musique du Gendarme de Saint-Tropez, composée par Raymond Lefèvre. Surgissent alors des travées du théâtre quatre gendarmes qui rejoignent Galabru sur la scène.

Privilège

L'un des militaires prend la parole. « Il ne s'agit pas d'un contrôle d'identité inopiné, les entrées du théâtre ne sont pas cernées, le village non plus, rassure-t-il avec humour. Nous sommes les vrais gendarmes de Saint-Tropez. Monsieur Galabru, au nom de la gendarmerie nationale, c'est avec un immense privilège et honneur qu'il a été décidé de vous faire adjudant d'honneur gendarme, puisque vous resterez, dans le cœur de tous, et surtout dans celui de mes camarades, l'éternel chef de la brigade de Saint-Tropez. »

Une gendarmette prénommée Claire s'avance alors vers le comédien pour lui remettre le képi d'adjudant d'honneur de la gendarmerie nationale. Prenant la parole à son tour, avec le képi bien vissé sur la tête, l'ex-adjudant Gerber remercie la maréchaussée.

Honneur

« C'est un retour glorieux au passé. Hélas, nous ne sommes qu'un ou deux survivants ! Et regardez dans quel état que je suis », déclare Michel Galabru avec humour. Les spectateurs, ravis, s'esclaffent. Puis l'éternel saltimbanque de poursuivre. « Cet honneur, je le reçois avec beaucoup de plaisir et je vous remercie infiniment. » L'acteur confie même la peur que lui inspirait, enfant, le gendarme. « Maintenant, je me suis habitué à eux, je me sens comme eux », révèle-t-il.

Les applaudissements fusent à nouveau. Dans le public, au premier rang, Jacques Chirac, l'ancien chef de l'État. Vêtu d'un costume beige clair et d'une chemise blanche qui met en valeur son bronzage, l'ancien chef des armées est accompagné de Bernadette ainsi que du milliardaire François Pinault et son épouse. Il n'a pas manqué de se rendre dans la loge de Michel Galabru, afin de le féliciter chaleureusement.

Rappelons que c'est la série des six films de Jean Girault qui l'a fait connaître au grand public. Même si, au début, on l'a pris pour un fou d'avoir accepté ce projet jugé ringard. Mais, comme il ne s'était pas privé de le souligner lors de la cérémonie des Molières qui l'avait couronné meilleur acteur l'an dernier, le comédien sait ce qu'il doit aux comédies légères.

« Je veux saluer tous les mauvais textes qui m'ont permis de vivre. Ah, les beaux navets quand les huissiers tapaient à la porte et qu'il fallait manger et échapper au fisc », expliquait-il avec sa verve méridionale. Aujourd'hui, il concède être parfois las d'être appelé Gerber, mais n'oublie pas que ces films ont rempli les salles de théâtre où, par la suite, il se produisait.

Pourtant, si cette série lui a apporté la notoriété, elle ne l'a pas enrichi. Ainsi, pour le premier volet, l'interprète a touché 6.000 francs et 10.000 pour le second. Soit la valeur d'une voiture à l'époque. Mais Michel Galabru restera, dans le cœur de générations de Français, l'éternel gendarme. Pour notre plus grand plaisir.

Clémentine Coreau

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