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Michel Galabru : Les dix secrets d'un monstre sacré !

Publié le 12 janvier 2021

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Il y a cinq ans, le 4 janvier 2016, disparaissait, à l'âge de 93 ans, Michel Galabru. Pour rendre hommage à ce merveilleux comédien, voici ce que vous ignoriez sans doute de lui…

RENVOYÉ SEPT FOIS DE L'ÉCOLE !

Michel Galabru a vu le jour en 1922, à Safi, au Maroc, où son père, ingénieur des Ponts et Chaussées, travaillait. Très dissipé – il a été renvoyé de ses écoles sept fois ! – et véritable cancre alors que ses deux frères étaient doués, il a dû trouver une façon de se faire accepter de ses camarades : les faire rire ! À l'époque, loin d'imaginer devenir acteur, il ne rêvait que d'une chose : être footballeur professionnel…


FAIS TON DROIT !

Paul, son père, ne voulait pas que son fils Michel devienne comédien. « Fais ton droit, je te ferai entrer chez Schneider au contentieux », lui avait-il dit. « Ce mot m'a effrayé », avait confié l'artiste, ajoutant que la première fois que son paternel l'avait vu au théâtre, en Matamore dans L'Illusion comique, il avait fait un malaise… Michel, l'ancien cancre, obtient pourtant le premier prix au Conservatoire, et se retrouve engagé à la Comédie Française !

LA GROSSE TÊTE, TRÈS PEU POUR LUI !

Malgré son succès, le comédien ne se prenait pas pour une star, loin de là. Grâce, entre autres, à la fréquentation de la bande d'acteurs de la série des Gendarmes, notamment de Louis de Funès, il avait acquis un certain goût pour l'autodérision et aimait beaucoup plaisanter avec les fi gurants lors des tournages. Pour lui, les vraies stars s'appelaient Jean Gabin, Michel Simon ou Raimu : « Nous ne sommes pas à la hauteur des générations précédentes, il n'y a plus de monstres sacrés », disait-il.

UN GRAND ANGOISSÉ

Comme beaucoup d'illustres comiques, Galabru cachait une nature angoissée. Il redoutait surtout les trous de mémoire et se relevait la nuit pour répéter ses rôles. « Je n'ai jamais cessé d'avoir le trac, l'émotion perturbe tout, l'intelligence, la mémoire. C'est une psychose qui m'a pris dès le début, à la Comédie Française, […] j'avais une peur bleue », avait-il confi é à Libération, en 1999.

UN VAILLANT SOLDAT !

Durant la Seconde Guerre mondiale, après deux ans de STO (service du travail obligatoire) en Autriche, Michel a combattu avec courage les soldats nazis et s'était retrouvé face à l'un d'eux. « J'étais à portée de fusil, je n'avais qu'à tirer. Je ne l'ai pas fait, j'étais fi er de ne pas le faire », avait-il raconté au micro de Frédéric Taddéï sur Europe 1. Une autre fois, il a rapporté avoir sauvé du lynchage, durant cette terrible période, un chef local des Jeunesses hitlériennes…

L'HOMME D'UNE DOUBLE VIE !

Marié depuis longtemps à Anne Jacquot, avec qui il a eu deux fi ls, il a rencontré en 1969, sur un tour nage, Claude Etevenon, nièce de Micheline Dax, de vingt ans sa cadette. De ce véritable coup de foudre, une petite fi lle, Emmanuelle, est née en 1976. Le comédien a mené ces deux relations en parallèle, pour ne pas froisser Anne ni sa mère, fervente catholique. Mais il souffrait beaucoup de cette situation. « Pour moi cette sorte de bigamie était un vrai drame. J'ai même fait une dépression », avait-il avoué. Finalement, il avait épousé Claude au début des années 1990.

GENDARME PAR AMOUR !

C'est par amour pour Claude qu'il avait accepté le rôle de l'adjudant Gerber dans Le Gendarme de Saint-Tropez. Celle-ci rêvait en effet de visiter le village du Var et trouvait l'occasion parfaite !

UN FAN DE SACHA GUITRY…

Le comédien nourrissait une véritable passion pour Sacha Guitry. En 2001, il avait même publié un livre sur lui : Galabru raconte Sacha Guitry (éd. Flammarion). « En l'étudiant, je me suis aperçu qu'il était tellement timide qu'il faisait le malin sur scène. Comme de Funès. Je suis comme ça », avait-il expliqué. Mentionnant le fait que l'auteur des Mémoires d'un tricheur avait été renvoyé douze fois de ses écoles, alors que lui l'avait été sept fois, il ajoutait : « Ça prouve bien qu'il avait plus de talent que moi ! »

SON PREMIER CÉSAR EN 1977

Son talent de tragédien avait été révélé au grand public grâce à son rôle de tueur en série dans le fi lm Le Juge et l'Assassin, de Bertrand Tavernier, sorti en mars 1976. Nommé aux César en tant que meilleur acteur l'année suivante, il avait d'abord décidé de ne pas assister à la cérémonie car, face à Delon, Depardieu et Dewaere, il était persuadé de perdre. Sa femme lui avait lancé : « Delon, lui, va y aller. Mais lui, il en a entre les jambes. » « J'ai sauté dans mon costume, mis un nœud papillon et j'y suis allé sans avoir rien préparé. Quand mon nom est sorti, je suis monté sur scène et me suis vite sauvé », nous avait-il raconté !

ADJUDANT D'HONNEUR !

Après avoir tourné aux côtés de son ami Louis de Funès la série des Gendarmes, entre 1964 et 1982, et fait hurler de rire le public grâce à son personnage de Gerber, Michel avait reçu le titre honorifi que d'« adjudant d'honneur de la gendarmerie nationale » des mains de la véritable brigade de Saint-Tropez. Une grande fierté pour lui !

Laurence PARIS

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