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Michel Leeb : “Mes 70 ans ? Je ne les ai pas !”

Publié le 16 décembre 2017

Après six ans d’attente, Michel Leeb remonte enfin sur scène. 
Et même si c’est pour célébrer ses 40 ans!… de carrière, il a gardé son âme d’enfant.

En tournée dans toute la France depuis le 11 octobre pour un spectacle anniversaire grandiose, Michel Leeb en profite pour faire le bilan de sa vie. Évoquant ses débuts, ses regrets, sa famille, son âge, l’artiste se livre comme jamais, avec sincérité et émotion.

France Dimanche : Du 14  décembre 2017 au 7  janvier 2018, vous serez sur la scène du Casino de Paris pour fêter vos 40 ans de carrière. À quoi votre public doit-il s’attendre ?

Michel Leeb : À un spectacle anniversaire dans lequel j’ai essayé de mettre tout ce que j’avais fait dans ma carrière en deux heures de show. Ça n’a pas été évident à créer, d’ailleurs ! J’ai mélangé un peu tout. Des sketches aux imitations, en passant par toutes sortes de gags, de parodies… Le tout, bien sûr, avec beaucoup de musique car un orchestre sera présent sur scène avec moi. C’est un vrai spectacle de music-hall qui s’adresse à tout le monde, de 9 à 99 ans ! J’ai adapté certaines parties pour les nouvelles générations, mais l’ensemble est assez intemporel. La mouche et le bourdon, je pourrai encore le faire dans trente ans ! En tout cas, je brûle d’envie d’y être. Je ne pense qu’à ça !

F.D. : Quels sont vos plus beaux souvenirs ?

M.L. : J’ai une tendresse particulière pour tout ce que j’ai fait à la télévision, comme Certain Leeb show. Mais l’un des plus grands moments de ma carrière reste le spectacle que j’ai joué à New York, il y a vingt ans. Se produire à Broadway comme je l’ai fait pendant plusieurs semaines, pour un artiste [il est ému]… c’est un rêve absolu !

F.D. : À l’inverse, nourrissez-vous certains regrets…

M.L. : [Il interrompt] Aucun ! Je me suis régalé pendant quarante ans, et je peux vous dire que c’est loin d’être fini. Les moments difficiles, je n’y pense plus. Même s’il est vrai que j’aurais adoré faire plus de cinéma. J’ai eu des propositions de films, mais j’ai souvent dû décliner ces offres pour cause de tournée. C’est comme ça, que voulez-vous… J’ai une obsession de la scène, je ne vis que pour ça ! Je l’ai peut-être un peu payé… Mais là, je sens que les choses commencent à bouger. J’ai notamment joué dans Daddy Cool, avec Vincent Elbaz, une chouette comédie sortie le 1er novembre dernier.


F.D. : Vous dites souvent que Jerry Lewis a beaucoup compté à vos débuts…

M.L. : C’était mon idole et il est devenu mon mentor. Il m’a adoubé après avoir vu mon sketch La machine à écrire, et ça a changé beaucoup de choses dans ma vie. Je n’oublierai jamais notre rencontre… J’étais allé, au culot, le saluer dans sa loge à l’Olympia, après m’être fait passer pour un journaliste auprès de la sécurité. Je lui ai dit toute mon admiration et je l’ai aussitôt invité au spectacle que je jouais alors dans un minuscule petit cabaret. Et il est venu ! À la fin, il était scié. Il m’a dit de continuer, que j’étais fait pour ce métier. J’étais heureux comme tout. Mais surtout, si je suis encore là aujourd’hui, c’est peut-être grâce à lui.

F.D. : Avez-vous toujours eu ce besoin de faire rire ?

M.L. : Oui, chez moi c’est une vocation. Sincèrement. Déjà enfant, j’avais cette envie irrépressible de faire rire les autres. Là où j’ai grandi, dans ma campagne normande, je prenais un plaisir fou à imiter la boulangère, la laitière, le facteur, tout le monde ! Les gens adoraient ça, et mes parents étaient les premiers à m’encourager.

F.D. : Vous avez pourtant d’abord choisi une voie bien différente en devenant professeur de philosophie !

M.L. : Oui car ma mère me disait toujours : « Tu veux être acteur, c’est bien joli, mais tu ne veux pas gagner ta vie plutôt ? » Alors comme j’étais bon en lettres et en philo j’ai étudié, jusqu’à me retrouver à enseigner. C’est un super souvenir, même si j’ai fini par me faire virer, car mes méthodes sortaient de l’ordinaire. J’adorais chahuter avec les élèves par exemple, et je ressemblais beaucoup à Robin Williams dans Le cercle des poètes disparus.

F.D. : Quel regard portez-vous sur cette chasse au plagiat à laquelle nous assistons depuis quelques semaines, et qui touche des artistes comme Jamel Debbouze, Gad Elmaleh et vous-même ?

M.L. : C’est vraiment triste, et si minable ! Je ne vois vraiment pas l’intérêt de cet acharnement. Moi, j’ai toujours cité mes sources, vous savez… Et puis nous sommes tous plus ou moins influencés, c’est normal ! S’inspirer d’un autre n’a rien de grave, au contraire ! Tous ces justiciers de l’ombre qui passent leur temps à dénoncer, à insulter, et à cracher leur venin, j’ai beaucoup de peine pour eux…

F.D. : Vos enfants, Tom et Fanny, ont choisi de marcher sur vos traces. Ça vous inquiète ?

M.L. : Non, puisqu’ils ont simplement suivi leurs envies. Donc j’en suis heureux. Tom avait envie de faire de la scène et il s’en est donné les moyens. À l’âge de 18 ans, il a quitté le cocon familial pour aller apprendre son métier aux États-Unis pendant cinq ans ! Là-bas, il s’est éclaté à étudier la comédie et la danse, puis quand il est revenu il m’a dit : « C’est ça, ma vie ! » Quant à Fanny, elle chante et compose. Elle est absolument magnifique ! Elle a un talent dingue, ça va finir par exploser, j’en suis certain. Et il ne faut pas oublier que pour tous les deux, au départ, s’appeler Leeb était plutôt un handicap… Mais avec le talent, on oublie tout ça.

F.D. : Votre famille semble être très importante pour vous.

M.L. : Elle est capitale même ! Nous sommes extrêmement soudés et unis. Quand j’écris un nouveau sketch, je le joue devant eux en priorité. Et puis ma femme Béatrice me produit depuis bientôt trente ans. Son avis compte par-dessus tout. C’est très énervant, parce qu’elle a souvent raison [rires] !

F.D. : Le 23  avril 2017, vous fêtiez vos 70 ans… Que vous inspire ce nombre ?

M.L. : Mes 70 ans ? Je ne les ai pas ! Et tout le monde me le dit. Ma femme, mes enfants, mes amis me voient tous beaucoup plus jeune. Donc j’ai fini par m’en persuader !

Florian ANSELME

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