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Michel Polnareff : Il a frôlé la mort !

Publié le 2 mars 2018

Victime d’un grave accident de la route, Michel Polnareff a cru sa dernière heure arrivée.

Qui parmi nous n’est pas un jour rentré chez lui en se disant : « J’aurais mieux fait de ne pas me lever ce matin ! »

Qui n’a pas craint, par une nuit de cauchemar, de ne pas voir l’aube éclairer l’horizon ? Personne sans doute. Et l’homme aux lunettes blanches ne fait certes pas exception à la règle, ainsi qu’il l’a confessé dans son autobiographie Polnareff par Polnareff, écrite en collaboration avec le journaliste Philippe Manœuvre et paru aux éditions Grasset.

Nous savions certes déjà que le chanteur était un survivant, capable de vaincre l’embolie pulmonaire qui l’avait laissé sur le flanc en décembre 2016. Hospitalisé en urgence, « totalement épuisé » (son pronostic vital avait même, un temps, était engagé), Michel avait dû alors, la mort dans l’âme, annuler deux concerts.

Et, au lieu de le soutenir, son producteur de l’époque, Gilbert Coullier, avait mis en doute la maladie de son poulain, qui, sur son lit de douleur, se retrouvait mis au banc des accusés par son plus proche collaborateur.


Touché en plein cœur quand, plus vulnérable que jamais, il aurait tant eu besoin du soutien de son clan, Polnareff avait décidé de traîner le « traître » devant la justice pour diffamation, blessé au plus profond de son être que ce dernier puisse insinuer qu’il se moquait de ses fans.

Le coup fut rude mais l’artiste de 74 ans, qui en a encaissé plus d’un au cours de sa longue carrière, a su se relever depuis et devrait même se retrouver à nouveau sur scène face à son cher public, en 2019, pour une série de concerts.

Adrénaline

Mais si cette triste affaire a fait trembler ses fidèles, ceux-ci ignoraient sans doute tout d’une autre bataille, au moins aussi périlleuse, livrée par leur idole, et qui a pourtant bien failli l’arracher pour toujours à leur amour.

Grand amateur de vitesse, « Polna » adore se retrouver au volant de bolides, lâcher leurs chevaux sauvages sur le bitume et voir le paysage défiler à vive allure. Dans ces moments-là, sans doute, malgré sa grande maîtrise de ces voitures racées, ce passionné de mécanique sait qu’il court un risque, et sa concentration n’en est, bien entendu, que plus grande.

En clair, son goût pour la montée d’adrénaline ne fait pas de lui un inconscient, ignorant les menaces pouvant surgir à chaque instant sur la route. Hélas, le danger est par définition imprévisible et survient souvent à l’instant où sa proie est la moins préparée à lui faire face. Et Michel en a fait la terrible expérience.

Nous sommes en 1985. Le chanteur est plutôt de mauvaise humeur après avoir participé, bien malgré lui, à l’émission de Patrick Sabotier, Le jeu de la vérité. Pour ne pas passer pour un dégonflé, poussé par sa maison de disques, il a fini par venir sur le plateau de l’animateur vedette, mais a détesté l’expérience, ayant le sentiment d’avoir été un gibier traqué par des chasseurs d’intimité n’espérant qu’une chose : que des téléspectateurs déchaînés l’agonisent d’insultes.

Si Michel a su échapper au piège tendu par Sabotier, sa colère met un peu de temps à retomber. C’est donc les nerfs encore à vif qu’il s’installe dans le siège conducteur d’une voiture bien différente des grosses cylindrées dont il a l’habitude de faire rugir le moteur. Un ami lui a en effet prêté une Austin Mini.
Le genre de véhicule qui fait plutôt fureur auprès des femmes, une citadine nerveuse mais pas trop, avec laquelle l’artiste ne craint pas vraiment de se faire prendre par la maréchaussée pour excès de vitesse…

Il met le contact et démarre tout en douceur sur un chemin de terre très court, long d’une centaine de mètres. Seul dans un coin paisible, presque désert, peut-être songe-t-il encore à sa très récente mésaventure, l’esprit un peu ailleurs quand, soudain, un bruit le ramène à une réalité très menaçante : « En sens inverse, une voiture fonce dans ma direction, écrit-il. J’accélère pour la passer sur la gauche mais à cause d’une glissière, je ne peux pas revenir à droite. »

Le dénouement dramatique devient inéluctable : « En pleine accélération, je défonce trois bagnoles, plus la mienne, se souvient Polnareff. Que se passe-t-il ensuite ? J’ai dû un peu tomber dans les pommes. »

L’on imagine sans peine le sentiment que peut éprouver le chanteur à son réveil, prisonnier d’une épave ressemblant fort à un cercueil de taule, ne sachant pas vraiment où il se trouve lorsque ses yeux s’ouvrent enfin.

Et ce qu’il découvre ne va pas le rassurer du tout : « Du liquide coule. Comme un fou, je cherche la clef de contact, précise-t-il, toujours dans son autobiographie. Introuvable. Le volant est au milieu du capot. Soudain, je réalise que ce liquide qui me tombe dessus, ce n’est pas de l’essence… mais mon sang. Je m’étais éclaté le front. »

Métamorphose

En de telles circonstances, bon nombre d’entre nous auraient cédé à la panique. Ensanglanté sans connaître l’importance de sa blessure, coincé dans un véhicule aux allures de Compressions de César, Michel aurait de bonnes raisons de craquer.

Mais son instinct de conservation va prendre le pas sur ses angoisses, comme il s’en explique : « Au prix de contorsions incroyables, je parviens à m’extirper de la voiture ruinée. » Encore sous le choc, mais néanmoins bien vivant, l’on pourrait croire que, pour lui, le plus dur est fait. Erreur ! Ses ennuis ne font que commencer.

Car à peine vient-il de se désincarcérer de l’Austin maudite que le chanteur entend les aboiements de trois chiens. Et ces derniers n’ont pas l’intention de faire la fête mais sa fête… C’est alors que sonne l’heure de la métamorphose.

Polnareff, qui n’a ni le format ni l’entraînement d’un combattant aguerri, se transforme en super-héros. Même s’il n’a pas le temps d’enfiler un slip sur sa combinaison moulante, façon Clark Kent, le chanteur se découvre une force insoupçonnée, mû par l’instinct de conservation.

Le trio de molosse n’a qu’à bien se tenir : « Ma force est devenue prodigieuse. J’en explose deux. Un panneau annonce un hôpital à 200 mètres [le hasard fait vraiment bien les choses, ndlr]. J’y vais d’un pas de surhomme. Au moment où j’appuie sur la sonnette, mes superpouvoirs disparaissent. Je mets à trembler comme une feuille. J’aurais pu mourir à 20 kilomètres-heure, à deux pas du circuit de Montlhéry où j’avais essayé mes Porsche à des vitesses faramineuses. »

La morale de cette histoire est, surtout si vous êtes un chien : ne vous en prenez pas à un Polnareff en colère…

Claude LEBLANC

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