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Michel Sardou : Chanteur grâce à Patrice Laffont !

Publié le 28 octobre 2011

Il se destinait à la comédie, comme ses parents, quand sa route a croisé celle de l'animateur Patrice Laffont, qui a proposé à Michel Sardou de devenir son premier parolier. Sa carrière était lancée...

L'année prochaine, l'interprète des Lacs du Connemara et de La maladie d'amour célébrera ses 65 ans, dont 45 d'une brillante carrière. Un anniversaire que la star a choisi de fêter en chansons : le 12 décembre 2012, Michel Sardou offrira à son public un tour de chant, Les grands moments. Et Dieu sait qu'avec plus de trois cents titres à son répertoire, l'artiste en a vécu quelques-uns !

Pourtant, l'interprète de Je vais t'aimer ne se destinait pas vraiment à pousser la chansonnette. Ayant grandi dans les coulisses des théâtres où se produisaient ses parents, Jackie et Fernand Sardou, le petit Michel se voyait plutôt comédien.

Comme le révèle l'ouvrage Sardou, Les images de ma vie, qui sortira en novembre chez Flammarion, il se rêvait en clown, pour « disparaître derrière le maquillage et, une fois démaquillé, n'être plus personne ou, du moins, tout le monde. »

->Voir aussi - Michel Sardou : Sauvé du pillage !

Rigolade

Au début des années 60, l'adolescent, qui ne supporte pas l'école et ne cesse de fuguer du collège de Jouy-en-Josas où il est interne, se retrouve serveur dans le cabaret Chez Fernand Sardou, que ses parents viennent d'ouvrir rue Lepic, à Paris. « Tu veux faire l'andouille ? lui lance son père. Eh bien, fais-la pour de bon ! »

Tout en essuyant les verres et passant les plats, le jeune homme chantonne des airs de Jacques Brel ou Johnny Hallyday pour distraire les clients. Il n'imagine alors pas une seconde que ces quelques notes fredonnées pour le plaisir seraient les premières d'une incroyable carrière. Non, lui, veut monter sur les planches et même entrer à la Comédie-Française.

Pour réaliser son vœu le plus cher, Michel s'inscrit donc à des cours d'art dramatique, dont celui d'Yves Furet, où il fait la rencontre qui va changer sa vie. Très vite, il se lie d'amitié avec Patrice Laffont, futur animateur Des chiffres et des lettres, ainsi qu'avec Michel Fugain qui vient d'abandonner ses études de médecine pour se lancer dans le cinéma.

Un soir, les trois amis se retrouvent au Scossa, leur fief de la place Victor-Hugo, autour d'un plat de pâtes. Comme d'habitude, l'ambiance est à la franche rigolade. « Quand je repense à cette époque, raconte Fugain, ce sont d'abord des images de déconnade qui me viennent à l'esprit. »

Mais, un soir de 1965, contre toute attente, Michel déclare à ses copains qu'il souhaite passer une audition chez Barclay. « Sardou s'est mis à chanter spontanément, a expliqué Laffont au Parisien. Fugain a pris sa guitare. Sardou se disait qu'il était bien meilleur chanteur qu'acteur. Il lui manquait un parolier pour se lancer. Je me suis proposé. » Patrice écrira donc quelques titres pour son ami, dont Le madras : « Portez du madras et des cheveux longs / Aimez les Beatles et même Ursula / Ayez l'air de filles étant des garçons / Dansez chez les Grecs. La valse connaît pas / Et vous serez dans le vent... »

Néanmoins, le soir où il se produit à Bobino, en première partie de François Deguelt, il fait un bide. « Il avait déjà une voix extraordinaire, se souvient le futur animateur, mais ça ne marchait pas du tout. »

Après cet échec, Michel change de parolier et sort Les Ricains, un titre qui, s'il ne tarde pas à soulever la polémique, lui ouvre les portes de la gloire. Une gloire qui va durer près d'un demi-siècle. Quant à l'animateur, qui n'a plus revu son copain de jeunesse, il assure : « Nous ne sommes pas fâchés, mais la vie a fait que nos chemins ne se sont plus croisés. »

L'ouvrage à paraître dévoile un autre épisode méconnu des débuts de Sardou. Comme il n'a pas reçu sa convocation sous les drapeaux, envoyée à une mauvaise adresse, il est considéré comme déserteur ! Un soir où il chante à Bobino, les gendarmes l'arrêtent. Il est envoyé dans au camp de Montauban où, pendant six mois, il fera ses classes. « C'est la plus grande connerie que j'aie pu faire : entrer dans une caserne ! », écrira-t-il à ses parents.

Les deux années passées sous les drapeaux aiguiseront l'inspiration du jeune homme. Lorsque la future vedette annonce à son supérieur qu'il est chanteur, ce dernier le traite de « pédé ». Et Michel Sardou lui décoche un direct du droit qui ouvre l'arcade sourcilière du sous-officier. Un incident qui lui vaudra quelques jours au trou, mais aussi un tube : Le rire du sergent. C'est donc, bien malgré lui, un militaire qui l'a aidé à lancer sa carrière !

Laura Valmont

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