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Michel Sardou : Pourchassé par des Hells Angels !

Publié le 18 octobre 2016

C’est le photographe Jean-Marie Périer qui a attiré Michel Sardou dans ce � piège � qui aurait pu leur coûter la vie !

Il y a des gens à qui il est préférable de ne pas se frotter, surtout lorsqu’ils sont en bande. Il est encore bien plus dangereux de les provoquer, ou simplement de faire une chose en toute innocence, mais que ces brutes prendront à tort pour une provocation les visant. Michel Sardou en sait quelque chose, lui qui, par la faute bien involontaire de Jean-Marie Périer, a failli se faire lyncher, en pleine rue et au grand jour, par un gang de Hells Angels, ivres de rage… et probablement aussi de bière.

Déjà, le palmarès de cette association de motards chevauchant leurs énormes Harley-Davidson n’a rien de rassurant. Depuis 1948, année de la fondation des « Anges de l’enfer », ces rebelles ultra violents ont été impliqués dans le trafic de drogue et celui des armes, se sont rendus coupables d’extorsion, de braquages, de racket, de proxénétisme et de nombreux meurtres : pas le genre de « galopins » qu’on a envie de croiser au coin de la rue.

->Voir aussi - Michel Sardou : Une terrible attaque !

C’est pourtant ce qui est arrivé à Michel Sardou et à Jean-Marie Périer, dans l’une des villes du monde où ils sont les plus nombreux et les plus vindicatifs : Los Angeles. Au départ, l’idée du photographe des stars était séduisante : emmener quelques vedettes de la chanson française en Amérique, afin de faire d’eux des clichés à la fois exotiques pour le public français, et très prestigieux.

C’est encore lui qui a eu l’idée de photographier Michel Sardou sur la plus grande avenue de la ville, le corps enveloppé d’un drapeau américain, à la façon d’un sénateur romain dans sa toge. Pour gagner du temps et se simplifier la vie, le photographe et son modèle décident de faire ce travail un matin, sans demander l’autorisation des autorités municipales et donc, sans le moindre encadrement policier. Mal leur en prend.

Car, au moment où Jean-Marie Périer était occupé à « mitrailler » Sardou, entortillé dans sa bannière étoilée, voici que, à quelques dizaines de mètres d’eux, surgit une quinzaine de Harley pétaradantes : les Hells Angels locaux ! Lesquels, en découvrant la silhouette d’un homme vêtu du drapeau national, deviennent littéralement fous de rage et de haine.

Mettant plein gaz, la horde fonce alors droit sur les deux petits Frenchies, en vociférant des menaces de mort à effet immédiat. Il s’en est fallu d’un cheveu que Michel et Jean-Marie ne tombent entre leurs pattes, comme vient de le raconter le photographe lui-même. Et là, Dieu sait ce qui leur serait arrivé…

J’entends bien la question que certains d’entre vous se posent : pourquoi diable se mettre dans des états pareils, alors que, au fond, l’accoutrement de Sardou était plutôt un hommage rendu à l’Amérique, c’est-à-dire au pays natal de ces motards « turbulents » ? Il est vrai que, si la scène avait lieu aujourd’hui, les Hells Angels réagiraient sans doute d’une façon beaucoup plus placide. Peut-être même escorteraient-ils les deux Français jusqu’à leur hôtel, allez savoir…

Seulement, la scène que nous venons de décrire s’est produite en 1969, c’est-à-dire en pleine guerre du Vietnam, conflit contre lequel les Hells Angels s’étaient engagés à fond, et avec la violence qui leur est habituelle. Si bien que, quand ils ont vu notre Michel enveloppé dans le drapeau américain, en train de se faire photographier sous tous les angles, ils ont cru assister à une manifestation publique de soutien à l’armée des États-Unis… et ils ont aussitôt vu rouge !

Et encore, ils ne savaient pas tout ! Car si, à cette époque, Michel Sardou commençait à être un peu connu en France, il était évidemment un parfait inconnu de l’autre côté de l’Atlantique. Coup de chance pour lui.

Car quelle aurait été la réaction des « anges » s’ils avaient su que le jeune homme qui se tenait devant eux, à portée de leurs roues, avait, deux auparavant, sorti une chanson intitulée Les Ricains, dans laquelle il glorifiait le rôle des GI’s dans la libération de la France… Et défendait aussi leur lutte pour empêcher la tyrannie communiste de s’étendre au Sud-Vietnam ? Là, à coup sûr, ils auraient retourné toute la Californie pour lui mettre la main dessus et l’envoyer vite fait rejoindre ses ancêtres dans un monde réputé meilleur !

Le pire est que cette chanson avait déjà valu à Michel Sardou des ennuis ici, chez nous. Sortie en 1967, à l’époque où le général de Gaulle faisait sortir la France de l’Otan et critiquait vertement la guerre du Vietnam, elle avait été purement et simplement interdite à la radio par le gouvernement. Chanteur, c’est un métier à risque, finalement.
Didier Balbec

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