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Michèle Bernier : Le calvaire de son enfance !

Publié le 4 avril 2017

La fille du Professeur Choron, Michèle Bernier, a dû 
surmonter un passé douloureux, notamment le suicide de sa mère…

Depuis Le petit théâtre de Bouvard, cette grande artiste nous a séduits avec ses spectacles désopilants, avant de devenir l’une des comédiennes les plus populaires de la télévision, grâce aux très beaux succès d’audience des séries La smala s’en mêle et La stagiaire, diffusées sur France 2 et France 3. Pourtant, derrière sa formidable énergie comique se cache une réelle souffrance, car Michèle Bernier, qui n’a pas été épargnée par la vie, a vécu un véritable calvaire durant son enfance.

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C’est ce que l’on découvre dans le documentaire Michèle Bernier, l’irrésistible, qui sera diffusé sur France 3, le vendredi 24 mars. Son père, Georget (dit Georges Bernier), alias le Professeur Choron, était un provocateur, excentrique et ordurier, qui, lorsqu’on l’interrogeait sur l’éducation de sa fille, déclarait : « Je lui ai appris à se débrouiller toute seule. Elle a suivi mon exemple, elle m’a vu chanter, monter sur la table, et sortir ma queue quand j’étais saoul ! »

Une drôle de figure paternelle ! La petite Michèle n’a que 4 ans quand son père fonde le mensuel Hara-Kiri, avec ses compères François Cavanna, Fred, bientôt rejoints par les dessinateurs Topor, Reiser, Gébé, Wolinski et Cabu.

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Cruauté

Au départ guère tenté par la paternité, le Professeur Choron s’était finalement laissé convaincre par sa femme, Odile Vaudelle, avec qui il forme un couple très soudé. Michèle devient vite le centre du monde pour ses parents. Son papa poule lui offre tous les jouets qu’elle veut, et installe sa famille dans le XVIe arrondissement. Mais George et Odile ne supportent pas de laisser seule leur fille unique, et l’entraînent tous les samedis soir 4 rue Choron, dans le IXe arrondissement, où toute l’équipe de Hara-Kiri se réunit pour faire la fête. Réjouissances qui se concluent vers 6 h du matin dans une discothèque, toujours avec la malheureuse Michèle dans leur sillage.

En semaine, quand la fillette de 6 ans rentre de l’école, elle rejoint souvent la concierge de son immeuble, en attendant le retour de sa mère, ou prend un taxi toute seule pour retrouver ses parents dans les bureaux du journal satirique. C’est ainsi qu’elle assiste à la réalisation des romans-photos « bêtes et méchants » de son père, qui travaille sans aucune gêne devant elle avec des jeunes femmes très dénudées !

La comédienne Arielle Dombasle, qui a joué sa demi-sœur dans le téléfilm Les frangines, explique : « Je pense qu’elle a été dans une école de la cruauté tellement féroce et tellement ultime qu’elle sait doser tout cela avec beaucoup de subtilité. » La scolarité de la petite Michèle n’est pas simple non plus. Humiliée par ses professeurs, qui se moquent de sa jolie cape neuve et de son béret rouge, lui ordonnant d’aller s’habiller correctement, l’écolière est montrée du doigt.

À cause des frasques de son père, on la surnomme « la fille du diable » ! Pour éviter d’alerter ses parents, elle endure les sarcasmes en silence, mais devient une mauvaise élève. À la fin, n’en pouvant plus d’être ainsi stigmatisée et mise à l’écart, elle insiste pour aller en pension.

Brutal

Quelques années plus tard, en 1985, alors que, devenue humoriste, elle enchaîne les succès, Michèle va éprouver un choc épouvantable, dont elle ne se remettra jamais : le suicide de sa mère, à 51 ans. Très proches l’une de l’autre, les deux femmes entretenaient une relation fusionnelle. Michèle, qui n’a alors pas encore 30 ans, s’effondre.

Et aujourd’hui encore, elle a du mal à expliquer ce terrible geste : « Je pense qu’elle était fatiguée, c’était un moment difficile, ils n’avaient plus rien. Les huissiers, les dettes, tout cela la rongeait. Mon père était devenu un peu fou, c’était lourd à porter. À 20 ans, on s’en fout, mais à 50, certainement beaucoup moins. » Cette disparition brutale est d’autant plus douloureuse qu’il s’agissait d’une femme exceptionnelle, qui avait transmis à sa fille un indéfectible amour de la vie.

D’ailleurs, dans son dernier spectacle, Et pas une ride ! Michèle s’adresse à elle dans un sketch particulièrement émouvant : « Maman, me laisser toute seule à 30 ans, c’est tôt, non ? » Ce n’était pas la première fois qu’elle s’inspirait de sa vie. En 1997, alors qu’elle vivait depuis quinze ans avec Bruno Gaccio, le père de ses deux enfants, elle a dû affronter une douloureuse séparation.

Alors que leur fille Charlotte a 9 ans et que Michèle est enceinte d’Enzo, l’ex-coauteur des Guignols de l’info de Canal +, la quitte sans crier gare pour une « jeune et mince » Miss Météo. Très amoureuse, l’artiste, qui partageait tout avec son compagnon, tombe de haut.

En guise de thérapie, elle va écrire son premier one-woman-show et faire rire la France entière avec une histoire d’adultère dans Le démon de midi. Grâce à l’humour, cette politesse du désespoir, Michèle Bernier a su transcender les drames de son existence pour en rire et faire rire un public conquis.

Nina Collombe

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