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Michèle Morgan : " Je touche encore le sol avec mes mains !"

Publié le 26 février 2010

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L'actrice Michèle Morgan, aux plus beaux yeux du monde, fête ses 90 ans et nous livre, pour l'occasion, le secret de sa santé inusable.

Palmes d'or à Cannes en 1946, et césarisée en 1992, cette grande dame a traversé un demi-siècle de cinéma. Ses rôles dans Quai des brumes, Remorques, La symphonie pastorale, Fabiola, Les orgueilleux... resteront à jamais dans la mémoire collective. C'est avec pudeur et élégance que Michèle Morgan se livre en exclusivité dans notre magazine quelques jours avant son quatre-vingt-dixième anniversaire.

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France Dimanche (F.D.) : Lorsque vous étiez enfant rêviez-vous de devenir actrice ?

Michèle Morgan (M.M.) : Oui, dès mon plus jeune âge, je voulais absolument devenir comédienne. À 15 ans, je me suis inscrite au cours Simon tout en servant d'appoint dans plusieurs films pour payer mes cours de théâtre et c'est là que mon regard a séduit Marc Allégret qui, ensuite, m'a donné ma chance en 1937 dans Gribouille où je donnais la réplique au gigantesque Raimu...

F.D. : Vous êtes née un 29 février, vous ne prenez donc qu'un an tous les quatre ans...

M.M. : Je n'ai pas de problème avec mon âge. J'ai la chance d'être très en forme. Je marche beaucoup, m'assois encore en tailleur, touche encore le sol avec la paume de mes mains, monte plusieurs fois par jour les escaliers de mon appartement sans effort. Le sport me maintient en forme... J'ai toujours vécu sainement, je mange équilibré et dors 8 heures par jour. J'ai tout de même un faible pour le savarin chantilly, et le soir, je m'autorise un petit verre de bordeaux !

F.D. : Vous avez tourné 80 films avec les plus grands. Quelles sont vos plus belles anecdotes de tournages ?

M.M . : Il y en a beaucoup ! Mais la plus marquante est sans doute celle du jour où j'ai tourné le bout d'essai exigé par Marcel Carné pour Quai des brumes. À la fin de celui-ci, Gabin m'a dit : « Avec ces yeux-là, vous devez voyager beaucoup et en embarquer pas mal !»

F.D. : Quel partenaire vous a le plus marquée ?

M.M. : Côté amical, je crois que c'est Bourvil : il m'a tant fait rire. C'était un homme extraordinairement gentil et prévenant. Côté cinématographique, assurément, Jean Gabin. J'aimais sa puissance et son charisme.

F.D. : Votre petite fille Sarah fait une belle carrière de mannequin...

M.M. : Je trouve Sarah resplendissante. D'ailleurs, j'attends avec impatience de la voir en robe de mariée sur le podium du défilé qu'organise ma petite fille Deborah, au studio Harcourt pour Oliver Swan le 7 mars prochain.

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F.D. : Que pensez-vous de la mode actuelle ?

M.M. : Certains vêtements ne mettent pas en valeur les femmes. Dans les années 1940 à 1960, les tenues étaient plus élégantes. Cela dit, si la mode est devenue moins féminine, elle est devenue plus pratique. À la maison, je porte des leggings et des gros pulls comme tout le monde.

F.D. : Quels sont vos rapports avec vos petits-et arrière-petits-enfants ?

M.M. : Je les adore. Léa, la fille de Deborah, est sans doute la plus proche de moi. À 10 ans, c'est une artiste en herbe qui s'intéresse à la peinture. Quant à Samantha, elle a une vie très équilibrée. Sarah a une véritable passion pour son travail et pour son petit Zoltan, tandis que William et sa femme Liza construisent une belle famille à leur tour avec Joseph et Jude.

F.D. : Avez-vous des regrets ? Si oui, que changeriez-vous si vous pouviez remonter le temps ?

M.M. : Non, je n'ai pas vraiment de regrets ! Peut-être me lancerai-je un peu plus tôt dans la peinture...

F.D. : Justement, à quel moment avez-vous commencé à peindre ?

M.M. : À Los Angeles, en 1941, je posais pour Moïse Kisling. Sa façon de travailler m'a tellement fascinée que j'ai eu envie de m'essayer au dessin et à la peinture. En 1943, j'ai suivi des cours à l'académie de peinture de Los Angeles. Je n'ai renoué avec les pinceaux que vingt ans plus tard. La maman de Gérard Oury était une amie très proche de Raoul Dufy et c'est elle qui m'a encouragée à poursuivre cette voie. Ma première exposition remonte à 1968. Aujourd'hui ma passion occupe une grande partie de mon temps...

F.D. : Après l'Espace Cardin, vous exposez à la galerie Artistes en lumière à Paris, c'est une seconde carrière artistique ?

M.M. : En quelque sorte ! Mais aujourd'hui je travaille pour le plaisir... c'est le privilège de l'âge.

Sophie Pouly-Seguin

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