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Michèle Morgan : "Merci, chère Michèle, de ce que vous êtes"

Publié le 16 mars 2012

Tous les quatre ans, puisque Michèle Morgan est née une année bissextile, elle fête son anniversaire. Le 29 février dernier, tous ses amis étaient là, dont son fils de cinéma, Frédéric Mitterrand.

Le 29 février dernier, celle à qui Jean Gabin disait : « T'as d'beaux yeux, tu sais », dans Le quai des brumes, de Marcel Carné, a reçu l'hommage de ses admirateurs et de sa famille, très émue.

En ouvrant ses salons d'honneur à l'exposition consacrée à Michèle Morgan par son ami et admirateur Yves Balmès, la ville de Puteaux a voulu célébrer l'élégance et la beauté de la star, en évoquant les trois facettes du talent de la comédienne : le cinéma, le théâtre et la peinture.

Cette femme de cœur a ainsi créé autrefois une ligne de foulards en soie, dont elle a fait cadeau à l'association La roue tourne, qui vient en aide aux acteurs dans le besoin. Une cause qu'elle soutient depuis plus de cinquante ans. Et Joëlle Ceccaldi-Raynaud, députée maire de la ville, a choisi le 29 février, date anniversaire de l'actrice, pour inaugurer cette exposition exceptionnelle.

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Les fans de la star, célèbres ou anonymes, étaient venus en nombre, pour croiser, ne serait-ce que furtivement, son regard unique ! Et tous se sont accordés à dire que, décidément, elle était toujours la plus belle, la plus royale de toutes les légendes du cinéma.

Michèle Morgan a découvert l'exposition en famille, avec Sarah Marshall, sa petite-fille, égérie du couturier Jean-Claude Jitrois, accompagnée de sa mère, Sylvie Élias. Henry-Jean Servat et Claudine Coster étaient aussi de la partie.

Mais l'interprète de tant de chefs-d'œuvre du septième art a surtout eu la surprise de retrouver celui qui a été son fils au cinéma, en 1960, dans Fortunat, d'Alex Joffé : Frédéric Mitterrand.

Douceur

« Chère Michèle », a déclaré le ministre de la Culture et de la Communication en se penchant vers l'actrice pour lui prendre la main. « Chère maman, je peux vous appeler maman : j'ai la chance d'avoir une maman qui a le même âge que vous. Elle m'a dit : "Tu l'embrasseras pour moi très fort !" Malgré les années, vous êtes restée la femme exquise que j'ai rencontrée quand j'avais 13 ans !

« J'avais répondu à une petite annonce cherchant un jeune homme bien élevé pour jouer le fils de Michèle Morgan dans un film. J'étais venu en douce, sans en avoir averti ma mère. C'était en 1960, aux studios Saint-Maurice. J'ai eu un choc quand je vous ai aperçue arriver au volant d'une belle voiture américaine, j'ai été pris d'une grande timidité devant la grande star, la femme d'une beauté merveilleuse qui conduisait lentement, sereinement.

« Ce sentiment s'est effacé grâce à la douceur, à la gentillesse que vous m'avez témoignées tout au long du tournage. J'avais deux repères affectifs sur ce film : l'un était Bourvil, merveilleux de gentillesse et d'intelligence, l'autre, c'était vous, qui étiez toujours disponible. Je me souviens que, très souvent, vous m'avez raccompagné chez moi dans votre belle Cadillac. Hélas ! C'étaient les vacances. Comme j'ai regretté que les copains ne puissent me voir auprès de vous ! J'étais alors plus heureux qu'un roi ! Je roulais des mécaniques !

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« Nous nous sommes éloignés l'un de l'autre, mais nous ne nous sommes pas perdus de vue. Par chance, votre anniversaire intervient tous les quatre ans, chaque année bissextile ! Je vous ai donc envoyé un mot tous les quatre ans, c'est plus facile, et j'ai conservé précieusement tous vos cartons sur lesquels vous écriviez votre prénom de votre belle écriture. Je suis très ami avec Danièle Thompson, la fille de Gérard Oury. Grâce à cette proximité, j'ai l'impression d'être encore le petit garçon de Fortunat, cinquante ans plus tard. Merci, chère Michèle, de ce que vous êtes. »

La star, très émue, a répondu : « Je ne peux pas parler longtemps, mon cœur est plein d'amour, d'amitié, de tendresse pour mon petit garçon qui est resté dans mon cœur. » Et Frédéric Mitterrand de conclure : « Le 29 février est une date à ne pas oublier. »

Par la suite, après avoir visité l'exposition en sa compagnie, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a remis la médaille Grand Or de sa ville à Michèle Morgan pour ses 75 ans d'élégance au service du cinéma français. Et, malgré l'émotion, les plus beaux yeux du monde n'ont pas versé de larmes...

Dominique Préhu

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