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Michèle Torr "Entre Cloclo et moi, c'était amour-amitié

Publié le 7 mars 2008

Trente ans après la mort de l'idole des jeunes, Michèle Torr, une femme émouvante, se souvient...

Après deux années vraiment triomphales avec la tournée légendaire Âge tendre et tête de bois, la belle Michèle Torr nous revient, en solo cette fois, avec un très bel album intitulé Ces années-là ! ( Sony Music ), suivi de quatre Olympia exceptionnels, du 10 au 13 avril 2008.

Sur ce tout nouveau disque se mélangent avec délices sept reprises de grands noms tels Cloclo, Dalida, Bécaud ou, encore Petula Clark, ainsi que sept titres inédits. Et parmi ceux-là, c'est avec un plaisir immense que nous découvrons la jolie mélodie d'On aurait pu s'aimer d'amour, que la chanteuse interprète en hommage à Claude François. En souvenir de leur histoire.

Ainsi, à l'occasion des trente ans de la disparition de l'idole, commémorés le 11 mars prochain, Michèle nous a dévoilé le bouleversant secret qui l'unit à tout jamais au chanteur de Comme d'habitude...

France Dimanche (F.D.) : Parlez-nous de votre première rencontre avec Cloclo...

Michèle Torr (M.T.) : J'avais alors 16 ans, je venais de sortir mon premier disque. Notre toute première rencontre a eu lieu dans les bureaux de Mercury, chez notre directeur artistique. Ce jour-là, je me souviens que Claude a beaucoup plaisanté. Il disait que j'avais trop de vibrato et que, comme je roulais énormément les « r », à chaque disque, on allait ajouter un « r » à mon nom. J'avais beaucoup d'admiration pour lui. Je le voyais comme « la » grande vedette, il me fascinait. Alors, avec ce titre, j'ai voulu lui rendre hommage. Parce qu'ensemble nous avons vécu une relation merveilleuse. Claude était très protecteur avec moi. En tournée, j'étais la seule fille, une toute jeune fille d'ailleurs, puisque je débutais. Et, comme j'avais seulement 17 ans, c'était vraiment bien. Les musiciens n'avaient pas le droit de me regarder, ni de m'approcher ( rires ). De ce côté-là, je peux vous dire que j'étais tranquille...

F.D. : Mais alors, pourquoi ne vous êtes-vous jamais aimés d'amour ?

M.T. : D'abord, parce qu'à cette époque il y avait France Gall, qui venait d'ailleurs très souvent sur les tournées pour veiller au grain ! Et puis, entre Claude et moi, c'était plutôt une amitié amoureuse. Il me considérait plus comme une petite sœur, qu'il protégeait... et, avec le recul, je pense que c'était très bien comme ça. Je l'ai d'ailleurs parfois vu se mettre en colère. Quand un musicien avait un mot un peu déplacé à mon égard, il ne supportait pas, il enrageait. C'était vraiment rigolo !

F.D. : Et donc, ainsi que vous le chantez, vous portez toujours le parfum Shalimar de Guerlain ?

M.T. : Eh oui ! C'était le choix de Claude. Quand il aimait quelqu'un, il lui offrait Shalimar. Alors, toutes les femmes qu'il aimait devaient porter ce parfum ( rires ). Et moi, je continue à le porter aujourd'hui. Depuis 1964, j'ai toujours porté Shalimar !

F.D. : Vous dites aussi qu'il a été le témoin de votre plus grand drame...

M.T. : Oui, c'est vrai, il a été le témoin de mon plus grand chagrin, qui a, bien sûr, été la mort de ma mère. J'étais en tournée avec lui à ce moment-là, on était à Marseille. On était en train de souper, après le concert, quand quelqu'un est venu me dire de rappeler l'hôpital d'Avignon. Je me souviens que je tremblais de tout mon corps et que je répétais en boucle : « Mais je ne comprends pas, qu'est-ce qu'ils me veulent ?» Là-dessus, Claude m'avait alors dit : « Va te préparer ...» et, entre-temps, il avait, lui, rappelé l'hôpital. Donc, il savait. Alors, il essayait, tant bien que mal, de me préserver. Et, même si je ne voulais pas y croire, au fond de moi, j'avais compris. Malgré tout, je ne pouvais me résoudre au pire. Je me souviens qu'il me disait qu'en arrivant à l'hôpital, il faudrait que je sois courageuse. Ce jour-là, Claude a été plein de gentillesse, de tendresse... Il m'a serrée très fort dans ses bras, et m'a accompagnée jusqu'au bout... Oui, jusqu'au bout !

F.D. : Finalement, vous avez vécu auprès de Claude François des instants aussi forts que s'il avait été votre amoureux...

M.T. : Oui, on était très, très proches. Il m'a également offert mon premier Olympia. Je faisais sa première partie, et j'étais tétanisée...

F.D. : Dans quelques jours seront commémorés les trente ans de la mort de Claude ... Que ressentez-vous ?

M.T. : Je n'ai déjà pas l'impression que trente ans ont passé. C'est incroyable ! Je me souviens que, ce jour-là, j'ai entendu le flash à la radio et que je n'y ai d'abord pas cru... Je me suis dit que ce n'était pas possible, j'avais dû mal entendre... Ou bien mal comprendre. Sur la fin, on se voyait moins avec Claude. On était proches sur les tournées mais, après, on se perdait un peu de vue. Chacun partait de son côté et reprenait sa vie. On se promettait toujours de s'appeler, de se voir... Mais on a vécu des moments irremplaçables... C'est pour ça que je tenais à lui rendre hommage.

Caroline Berger

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