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Michèle Torr : "Oui, j'ai eu peur de mourir"

Publié le 8 mai 2009

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  "Quand je me suis retrouvée sous oxygène à l'hôpital de la Timone, je me demandais ce que je faisais là... Je ne me souvenais que de mon nom, mon prénom et de ce que je faisais... Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre, mais je dois suivre un traitement à vie"

Le 10 février dernier, des vaisseaux éclataient dans le cerveau de Michèle Torr, la rendant amnésique

Trois mois après son accident vasculaire, Michèle Torr nous raconte comment elle a réussi à surmonter cette douloureuse épreuve. La grande artiste a même repris sa tournée à travers la France. Celle que vous pourrez retrouver le 30 mai 2009 dans Les années bonheur de Patrick Sébastien, à 20 h 40, sur France 2, nous a ouvert son cœur...

->Voir aussi - Michèle Torr : Condamnée au repos total

France Dimanche (F.D.) : Comment allez-vous Michèle ?

Michèle Torr (M.T.) : Bien, bien mieux... Merci.

F.D. : Que vous est-il arrivé ce 10 février dernier ?

M.T. : Ce que j'ai eu ce jour-là m'a été raconté par mes proches et les médecins, car j'étais complètement inconsciente. J'étais chez moi, dans ma maison d'Aix-en-Provence, et j'avais plusieurs rendez-vous, dont un en fin d'après-midi avec ma masseuse. Alors que je n'ai aucun souvenir de l'avoir vue ce jour-là. Mais elle est bien venue, puisque c'est elle qui, par la suite, m'a raconté ce qui s'était passé pendant le massage. Il paraît que je me suis endormie et que j'ai parlé. Et à l'issue de la séance, elle me relate ce que je lui ai dit : qu'on avait opéré ma sœur de la hanche, qu'elle habitait dans une propriété juste à côté de chez nous... Et là, interloquée, je lui ai dit : « Mais, pas du tout ! On n'a pas opéré ma sœur, c'est mon père qu'on vient d'opérer. » Alors qu'il est mort depuis des années ! Bref, et je commence à lui expliquer que tout ce que je lui ai révélé est complètement faux, que ma sœur n'habitait pas ici. Là-dessus, on descend dans la cuisine retrouver Jean-Pierre [ son mari, ndlr ], à qui je dis : « Tu te rends compte toutes les absurdités que j'ai racontées à Catherine ?» Ce à quoi il me répond : « Mais si, c'est vrai, on a opéré ta sœur, et puis elle habite bien à côté de chez nous...» En pleine nuit, je suis donc partie chez ma sœur pour voir si elle vivait bien ici, et elle était bien là. Alors, je lui ai dit : « Mais tu habites ici ? Depuis combien de temps ? Et là, il y a une cuisine, et ici, une salle de bains ?» Alors que c'est moi qui ai fait faire les travaux. Les pompiers sont ensuite arrivés, mais je n'en ai aucun souvenir.

F.D. : À quel moment avez-vous repris connaissance ?

M.T. : À l'hôpital la Timone, à Marseille, où l'on m'a placée sous oxygène. Et c'est là que j'ai commencé à avoir peur. Je me suis demandé ce qui m'était arrivé, si j'avais perdu connaissance... Ce à quoi on m'a répondu que non, je n'avais pas perdu connaissance, mais qu'on me faisait des examens, parce que j'avais 20 de tension. Cela a permis de révéler que j'avais dans le cerveau des vaisseaux qui avaient éclaté. En fait, je souffrais d'un mal baptisé ictus amnésique [ pathologie se définissant par une diminution ou une perte totale de la mémoire, de survenue brutale, sans séquelle, même si souvent les personnes qui en ont été victimes conservent une certaine anxiété, ndlr ]. C'est une forme d'accident vasculaire, qui ne laisse pas de séquelle. Dès le lendemain, le professeur venait me voir régulièrement pour me poser des questions. Il me demandait en quelle année on était, quel était notre président. Et tout est peu à peu rentré dans l'ordre.

F.D. : Vous saviez donc répondre aux questions...

M.T. : Le lendemain, oui. Mais la veille, lorsque je suis arrivée à l'hôpital, non. Je me souvenais seulement de mon nom, mon prénom et de ce que je faisais. Depuis, ça va. Je prends ma tension matin et soir, je suis un régime alimentaire sans sel et j'ai un suivi régulier avec mon cardiologue.

F.D. : Avez-vous eu peur de mourir ?

M.T. : C'est vrai que lorsque je me suis vue sous oxygène, avec des fils partout, j'ai pensé à la mort. Alors que les médecins, eux, ne se sont jamais inquiétés à ce point. Mais moi, oui, j'ai vraiment eu peur de mourir.

F.D. : N'avez-vous pas craint que cet accident vous oblige à mettre un terme à votre carrière ?

M.T. : Si, bien sûr ! Surtout au moment où mon traitement n'était pas adapté, ma tension passait de 15 à 9, et je dormais tous les après-midi. Je n'étais pas du tout sûre de pouvoir reprendre mes concerts. Jean-Pierre me disait d'ailleurs qu'il allait peut-être falloir arrêter la tournée. Et moi, inlassablement, je lui rétorquais qu'on allait voir. Je savais bien qu'à cet instant, c'était impossible, mais je refusais de tout annuler. Alors, je répétais : « On va laisser passer quelques jours, on va voir. » On a donc reporté trois dates, même pas annulées. Et puis, un jour, je me suis sentie un peu mieux et je me suis dit : « Je vais essayer. » Donc, un mois après, je suis remontée sur scène, en expliquant tout simplement aux gens ce qui m'était arrivé et de me faire signe s'il y avait un problème. Et après le premier concert passé, j'étais rassurée, j'avais repris confiance.

F.D. : Qu'avez-vous prévu pour cet été ?

M.T. : Je veux juste me reposer ! J'ai envie d'un vrai été de vacances... Mais bon, j'ai quand même prévu de faire une maison ! J'adore ça ! C'est ma grande passion.

Pour information, les CD et DVD de son Olympia 2008 sont en vente exclusivement sur son site internet : http://www.micheletorr.com  ou en concert.

Caroline Berger

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