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Michou : “J’ai les mêmes fesses que BB !”

Publié le 30 octobre 2015

Le célèbre transformiste, en rémission d’un � cancer � du côlon, Michou aime toujours aussi avidement la nuit… et le champagne.

L’homme en bleu nous ouvre les portes de son cabaret. La dernière légende de la nuit parisienne a débarqué gare du Nord en 1949. Venu d’Amiens, Michou s’est installé à Montmartre, un quartier qu’il n’a plus jamais quitté. Et, depuis le 13 juillet 1956, il règne sur le 80 rue des Martyrs, présentant son inimitable spectacle de transformistes.
 


Ses fameuses « Michettes », travesties en Céline Dion, Mylène Farmer, Dalida ou encore Liane Foly, sont plus vraies que nature. Le maître des lieux évoque pour nous ses collaboratrices, mais aussi deux personnes qui ne le quittent pas d’une semelle : son boy-friend Erwan, et son « ethnologue », Rina Sherman.
 

Michou afficheFrance Dimanche (F.D.) : Est-ce le champagne qui vous conserve ?

Michou (M.) : Aujourd’hui, cela fait cinquante-neuf ans que je suis à mon cabaret tous les soirs. Depuis ce jour de 1956 où je suis devenu montmartrois. Et dans quelques mois, j’espère fêter mes 85 ans, auprès de mon public et des artistes de ma revue transformiste, mes « Michettes ». Mon secret est de boire au moins deux bouteilles de champagne par jour. C’est ma faiblesse. Et je suis fidèle, en matière de champagne comme en amitié, dans ma vie comme dans mon métier. Je suis chaque soir toujours aussi impatient de commencer ma « réception » ! Que la fête commence !

F.D. : Depuis quarante ans, vous organisez un déjeuner spectacle pour le troisième âge dans votre cabaret…

M. : À Montmartre, tout le monde me connaît et m’embrasse. Ici, je n’ai que des amis. Je leur dis souvent : « Merci de m’avoir si gentiment adopté ». Donc oui, je convie les personnes âgées de Montmartre depuis quarante ans. En souvenir de ma grand-mère que j’adorais…

F.D. : Quel a été le secret de votre réussite ?

M. : Je me suis jeté à l’eau ! J’ai commencé par imiter Brigitte Bardot en terminant mon numéro presque nu… À l’époque, c’était culotté ! De dos, j’avais presque les mêmes fesses que Brigitte ! Mais je n’ai quand même pas couché avec Roger Vadim !

F.D. : En clair, vous avez réussi dans le transformisme grâce à vos fesses…

M. : Oui, et ça continue… Car grâce à la « une » de septembre de Technikart pour laquelle j’ai posé nu, on reparle enfin de moi et de mes fesses. Comme il y a cinquante ans !

F.D. : Pourquoi Technikart a-t-il titré « Ne dites pas que je suis homo » ?

M. : Car j’ai aussi eu une aventure avec une dame ! Ça a été une relation extraordinaire : ça m’avait beaucoup plu… beaucoup plus qu’au mari de la dame [rires]. Et aujourd’hui, je suis une icône gay.

F.D. : Pouvez-vous, justement, nous présenter votre boy-friend, Erwan ?

M. : Ce n’est pas mon copain, car on n’a toujours pas d’enfants. Mais mon collaborateur « intime », que je connais depuis quinze ans. Grâce à Erwan, je suis devenu la « grand-mère » de deux petits-enfants.

F.D. : Et parlez nous aussi de votre « ethnologue » attitrée ?

M. : Rina Sherman* ! J’ai accepté qu’elle réalise un documentaire sur moi, car je voulais laisser une trace pour les générations futures. Depuis deux ans, elle me suit partout avec sa caméra : le spectacle, le cabaret, ma vie à Montmartre, mes séjours dans ma ville natale d’Amiens, rien ne lui échappe ! Elle a récupéré de nombreuses images ­d’archives, dont certaines vieilles de soixante ans, et m’a même filmé avec ma sœur. On a fait un tour dans les hortillonnages d’Amiens [marais utilisés pour la culture des légumes en Picardie, ndlr] où j’allais avec mes grands-parents.

F.D. : Quels sont vos plus chers souvenirs ?

M. : J’ai eu beaucoup de bons amis. Mais il y a deux personnes que je n’oublierai jamais : Jean-Claude Brialy et Yves Mourousi. Quand je lui ai demandé : « Yves, pourquoi êtes-vous si gentil avec moi ? », il m’a répondu : « Parce qu’avec vous, j’ai appris sur moi. »

F.D. : Une dernière question pour rassurer nos lecteurs. Où en est votre cancer du côlon ?

M. : Je suis très bien soigné car je fais des contrôles réguliers à l’hôpital. Je suis en rémission.

* www.rinasherman.com/film/Michou/Michou.html

Cédric Potiron

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