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Mika : Son fabuleux combat contre le cancer ! (Interview version intégrale)

Publié le 9 octobre 2015

Septembre est le mois international de sensibilisation des cancers pédiatriques. Mika, l'artiste au grand coeur, est aussi un citoyen engagé. Depuis deux ans, il soutient les "Petits Guerriers" de l'association "Imagine for Margo". Il nous a raconté cette belle aventure...Septembre est le mois international de sensibilisation des cancers pédiatriques. Mika, l'artiste au grand coeur, est aussi un citoyen engagé. Depuis deux ans, il soutient les "Petits Guerriers" de l'association "Imagine for Margo". Il nous a raconté cette belle aventure...

Ce maudit crabe est la première cause de mortalité par maladie chez l’enfant. Margaux avait 13 ans quand elle a eu des maux de tête et des vomissements. Sa vie et celle de sa famille ont basculé quand le diagnostic est tombé : tumeur agressive au cerveau. La courageuse adolescente s’est battue pendant seize mois... Avant sa disparition, Margaux a même initié une collecte pour faire avancer la recherche, qui a entraîné un immense mouvement de solidarité et un record de dons. Sa maman, Patricia Blanc, prolonge son combat à travers l’association « Imagine for Margo ». Lors de leur conférence de presse à Paris, le chanteur Mika nous a accordé un entretien.

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Janotte et Mika -  © Peter Lindbergh

France Dimanche : Comment avez-vous connu l’association ?

Mika : Si je suis l’ambassadeur d’Imagine for Margo, c’est grâce au photographe Peter Lindbergh. J’ai d’abord reçu un premier mail, écrit en majuscules, sans lien entre ces phrases très courtes, et sans ponctuation. Il écrit comme il parle. Alors, j’ai pensé que c’était un fou, ou une blague. Puis, on a contacté ma mère, et j’ai compris que c’était Peter. Il m’a proposé de les rejoindre un week-end en 2014, pour faire la surprise aux enfants. Je me suis dit « C’est une belle aventure ».

Savez-vous que chaque année en France, 2500 enfants et adolescents sont diagnostiqués, et 500 meurent, soit plus d’un décès par jour ? On ignore que la recherche est axée sur les cancers adultes, et seulement 2% des fonds sont alloués à la recherche pédiatrique par l’industrie pharmaceutique. Tout le monde connaît cette maladie. Mais si on n’a pas vécu un cas personnellement, on ignore à quel point, elle bouleverse la vie des gosses et le parcours de leur famille ; les frères, les sœurs, les parents, les amis, et puis à l’école… Parfois, les gens peuvent se montrer solidaire. Mais, la plupart du temps, c’est très dur, spécialement pour ceux qui n’ont pas assez de soutien. Je n’ai pas vécu cette expérience dans ma famille, mais il me semble que si on agit avec de bonnes intentions, avec du cœur, on peut être utile et les aider.

Je suis très impressionné par la force de ces femmes, c’est hallucinant.

Cette association est assez discrète, pas trop médiatique, et je préfère, car ce n’est pas une grosse machine américaine. Elle est jeune, puisqu’elle est née fin 2011. Sa présidente Patricia Blanc, la vice-présidente Marie-Anne Aymerich, et le Docteur Dominique Valteau-Couanet (chef du département de cancérologie de l’enfant et de l’adolescent de l'institut Gustave Roussy à Villejuif) ont le sens de l’urgence. Je suis très impressionné par la force de ces femmes, c’est hallucinant. Il n’y a que des bénévoles. Peter a donné ses photos. Et, à chaque fois que l’on voit sa campagne dans la rue, Decaux a offert tout son affichage partout en France. Depuis le début, les séances photos, les week-ends, cette conférence, je viens accompagné de toute mon équipe, chauffeur, maquilleur... Moi aussi, je paie pour participer.

Mika et le photographe Peter Lindbergh
Mika et le photographe Peter Lindbergh

F. D. : Parlez nous de ces week-ends en Camargue, avec les six « Petits Guerriers » ?

M. : Je pense que c’est un beau moment pour eux. Ce week-end de rêve est une idée de Peter. C’est une des meilleures personnes que je connaisse. Il démonte les défenses de tout le monde. C’est un anarchiste joyeux. Il possède un intellect anti-snob, et déteste la mode. Pourtant, c’est le plus grand photographe de mode ! L’année dernière, j’ai rencontré, Juliette et Noé. Ils avaient 10 ans et étaient mes préférés. Ils sont décédés maintenant. C’est eux qui m’ont donné le déclic, et qui m’ont motivé à m’engager publiquement. Après la mort de Juliette, Adèle sa petite sœur de 7 ans, m’a envoyé une belle lettre pleine de gaieté, avec des photos. Elle voulait que je vois Juliette avec des cheveux, et la célébrer.

Mika et Clément - Peter Lindbergh
Mika et Clément - © Peter Lindbergh

F. D. : Ce n’est pourtant pas facile de soutenir une telle cause...

M. : On est formé par les choses que l’on croise dans sa vie. On vit tous des épreuves. Il faut respecter les opportunités. Je pense que tout est écrit, et qu’il faut agir pour ces personnes exceptionnelles. Ces gamins sont les plus honnêtes et les plus directs. La seule chose qui puisse choquer, c’est leur maturité. C’est touchant, voire inspirant, mais c’est triste de les sentir aussi adultes alors qu'ils sont si jeunes. C’est d’une grande injustice. Ils m’ont aidé avec leur sagesse incroyable, à prendre un certain recul avec la vie. Ce petit de 8 ans, qui prend 150 drogues par jour pour vivre normalement, parle comme un quinquagénaire.

Soirée flamenco
Soirée flamenco

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Peter Lindberg et Janotte
Peter Lindberg et Janotte

F. D. : A 32 ans, vous semblez comme un enfant avec eux ?

M. : Peter et l’association s’engagent pour ces mômes, dans la joie. Et ce n’est pas celle de Disney ! Cet enthousiasme, c’est eux, qui me l’ont donné. Je ne voulais pas m’engager sans créer de lien. Et puis, en Camargue, j’ai rencontré Peter, Marie-Anne, Doc et les enfants. Tout le monde avait la même énergie. Les gamins étaient si bluffants. Ils sont tellement doués, ou durs, ces enfants terribles et guerriers. On a joué au cerf-volant sur la plage, bâti des châteaux de sable, on a fait des photos. Au restaurant, à la soirée flamenco, quand ils en ont eu marre, ils m’ont forcé à chanter ! Et puis, Noé est monté sur scène pour me remplacer. Même si la jolie Juliette était très fatiguée, je les ai trouvés tellement drôles, tellement francs, ils m’ont fait rire. Ils n’avaient aucun filtre, aucune barrière pour parler. Ces petits adultes peuvent changer la vie autour d’eux, c’est très émouvant.

Et puis, la mère de Noé est venue me voir sur le plateau de The Voice, pour m’apprendre la mauvaise nouvelle. Ensuite, j’ai reçu une lettre de la maman de Juliette pour me remercier, car ce séjour était le plus beau souvenir de sa fille. Mais, Juliette était aussi décédée. Tout d’un coup, ce n’était pas juste un week-end, c’était vrai, réel. Face à leur force de vie, cette urgence de s’exprimer, et l’énergie de leurs parents, on oublie les conséquences.

Maurine à la plage
Maurine à la plage

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F. D. : « Vas-y, bats-toi, gagne ! » Que pensez-vous du message d’espoir de Margaux ?

M. : Il s’adresse à tout le monde, en particulier aux enfants sans cancer. On pourrait croire que c’est une publicité pour des baskets. Mais, c’est poignant quand on sait de qui viennent ces mots. C’est même très inspirant pour moi, quand je me retrouve dans une situation difficile, que je me sens mis à part, j’y pense, c’est une belle motivation. Dans le train du retour, Clément m’a écrit : « Au moins, on se sent moins seuls. » Je sais pourquoi leurs mots sont si importants. Cette cause n’est pas assez connue, on se doit de transmettre leurs messages et obtenir des dons pour la recherche des cancers pédiatriques.

Mika et Clément - Peter Lindbergh
Mika et Clément - © Peter Lindbergh

F. D. : Participerez-vous à la course du 27 septembre ?

M. : Non, je serai en tournée. L’association organise la 4ème course baptisée « Enfants sans cancer », au domaine national de Saint-Cloud. Ils ont déjà réuni près de 700 000 €, pour financer un traitement ciblé pour ces petits adultes en rechute.

Kédy et Mika - © Peter Lindbergh
Kédy et Mika - © Peter Lindbergh

F. D. : Vous êtes très occupé par plusieurs projets…

M. : Mon quatrième album « No place in Heaven » est sorti en juin. Et la tournée internationale a commencé cet été. J’ignore encore si je reviens pour la prochaine saison de The Voice. Mais, je continue X-Factor en Italie, un projet de mise en scène en Angleterre, le doublage voix dans le dessin animé « Le prophète » produit par Salma Hayek, et un rôle dans le film « Zoolander 2 » de Ben Stiller avec Justin Bieber et Pénélope Cruz. Et un prochain album symphonique avec l’orchestre de Montréal, qui est l’un des meilleurs du monde, en ce moment.

Maurine et Mika - © Peter Lindbergh
Maurine et Mika - © Peter Lindbergh

F. D. : Lors de l’enregistrement de Vivement dimanche, vous avez parlé de l’association. Quelle a été la réaction de Michel Drucker ?

M. : Je l’ai tourné, il y a deux jours. La productrice Françoise Coquet avait vraiment peur de diffuser le clip de Maurine. Elle m’a dit : « C’est trop triste. Tu es sûr que tu pourras reprendre l’énergie, juste après la diffusion ? »

https://www.youtube.com/watch?v=pPXYPIX2dJA

Je comprends pourquoi cette réalité est difficile a regarder. Mais, je l’ai forcée ! Il est vrai que ces vidéos sont bouleversantes, quand ces bouts de choux parlent de leur maladie. Michel Drucker ne savait pas quoi faire, il était encore choqué dix minutes après avoir visionné ce clip...

Recueilli par Anita Buttez

Pour faire un don :

www.imagineformargo.org et www.enfantssanscancer.com

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