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Mike Brant : Révélations sur sa mort !

Publié le 19 mars 2015

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Pour commémorer le 40ème anniversaire de la mort du crooner, nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir des articles publiés dans France Dimanche.Pour commémorer le 40ème anniversaire de la mort du crooner, nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir des articles publiés dans France Dimanche.Le frère de Mike Brant, Zvi, nous a confié des éléments nouveaux sur la disparition du chanteur, survenue le 25 avril 1975.

Le 25 avril 1975 au matin, dans un coquet appartement du XVIe arrondissement de Paris, un très beau jeune homme de 28 ans, en jean et T-shirt blanc, tourne en rond dans le salon. Les traits tirés, le visage blême, Mike Brant vient de se réveiller chez une amie, Jeanne Cacchi. Il n’a pas dormi de la nuit. Ses cauchemars à répétition l’ont encore une fois envahi.

Alors que son hôtesse est sous la douche, le chanteur, comme hypnotisé, ouvre la fenêtre qui donne sur la rue. Puis il saute dans le vide… Sans un cri. Son corps s’écrase sur le trottoir, six étages plus bas, après avoir heurté un réverbère, sous le regard effrayé d’un gamin de 10 ans qui partait à l’école. La star des années 1970 gît sur le bitume.

«Allongé sur le sol, Mike était encore bien vivant!» révèle à France Dimanche Zvi Brant, qui publie ces jours-ci aux éditions Marque Pages Mike Brant dans la lumière, coécrit par le biographe des stars Fabien Lecoeuvre. «Il respirait et parlait encore quand les secours sont arrivés» ! Trente-quatre ans après le suicide du chanteur, cette révélation montre une fois de plus le destin hors du commun de cet artiste disparu trop tôt.

Sa mère a survécu aux camps de la mort

Mike Brant, de son vrai nom Moshé Brand, voit le jour le  1er février 1947, dans des conditions terribles. Sa naissance a lieu dans un centre de transit de réfugiés juifs, à Nicosie, sur l’île de Chypre. Bronia, sa mère, une Polonaise de 24 ans, est une rescapée de l’Holocauste. À 16 ans, en 1939, elle a été déportée dans un ghetto de Lodz, puis à Auschwitz, avec sa mère.

Elle seule a survécu aux camps de la mort. Le père de Mike, Fishel, alors la quarantaine, est un professeur de danse, d’origine polonaise. Il a combattu les nazis comme maquisard en Pologne, puis comme soldat dans l’Armée rouge.

Le 11 août 1946, le jeune couple embarque à Marseille sur le Yagour, un navire qui doit les emmener vers la Terre promise, coin de Palestine qui deviendra deux ans plus tard Israël. Pendant le voyage, Bronia découvre qu’elle est enceinte. La situation se complique. Comme des milliers d’exilés, ils sont bloqués pendant des semaines sur le cargo par la marine britannique, qui leur refuse l’entrée en Palestine (alors sous mandat britannique) et les détourne sur Chypre dans un camp de transit. Les conditions y sont chaotiques : promiscuité, manque de nourriture, angoisse. Moshé voit le jour dans un contexte très difficile, qui va le marquer à jamais.

Exode

En novembre 1947, la famille Brand foule enfin la Terre sainte. Mais le traumatisme de l’exode est tel que le petit Moshé sera muet jusqu’à l’âge de 4 ans! En grandissant, pour rattraper son long silence, il imite les cris des animaux et surtout passe son temps à chanter! Le timbre chaud et l’aisance vocale de leur fils finissent par convaincre Bronia et Fishel de l’inscrire à la chorale de l’école.

À l’âge de 13 ans, à son père qui s’inquiète de ses médiocres notes en classe, il déclare : «Je serai vedette ou clochard» !  Mais l’enfance de Moshé n’est pas un long fleuve tranquille. Ses parents sont souvent hospitalisés, en raison de graves séquelles de la guerre. Alors, c’est souvent lui qui s’occupe de son jeune frère, Zvi.

À 16 ans, avec sa beauté angélique et sa grande taille, 1,87 m, il fait déjà tourner la tête des filles. Quand il se décide à quitter le collège, il exerce de nombreux petits boulots le jour. Le soir, il interprète des chansons de Sinatra ou d’Elvis Presley dans les discothèques. Devenu Mike, il se produit avec son groupe, les Sky Masters, dans les grands hôtels de Tel-Aviv.

Tel Aviv
Tel Aviv, où le jeune Mike a fait ses classes

Une star mondiale

Il a tout juste 20 ans, en 1967, quand il est enfin repéré par un imprésario. Ce sera le début de sa brillante carrière. Mais le décès brutal de son père va réveiller chez lui de terribles angoisses. En mai 1969, sa rencontre avec Sylvie Vartan et Carlos va le propulser rapidement au rang de star mondiale. Installé à Paris, Mike Brant participe à toutes les émissions de télé en vogue avec Laisse-moi t’aimer ou C’est ma prière, qui deviennent d’énormes tubes.

Adulé par le public et sans cesse harcelé par les jeunes admiratrices, Mike Brant entre dans la cour des grands, avec l’Olympia, en 1971, en première partie de Dalida. En 1972, il vend, chaque jour, 10000 disques de Qui saura! Pourtant, l’artiste se sent seul, loin de sa famille. Il ne parle pas bien le français et fuit la foule. Il y a, bien sûr, sa belle histoire d’amour avec Guita, une hôtesse de l’air danoise.

Mais le chanteur connaît un réel mal-être et a toujours l’impression d’être rattrapé par le passé tragique de l’Holocauste. Durant la guerre israélo-arabe de 1973, il rend visite aux blessés de Tsahal. Les fortes émotions qu’il ressent alors ne font qu’augmenter son mal de vivre.

L'Hôtel de la Paix, Genève
L'Hôtel de la Paix à Genève, où Mike a failli perdre la vie

«Je ne supporte pas le silence après le bruit», avait-il l’habitude de dire. Sa santé mentale est à l’évidence atteinte. Le 22 novembre 1974, il fait une première tentative de suicide, en se jetant par la fenêtre d’une suite de l’hôtel de la Paix, à Genève. Par miracle, il échappe à la mort, grâce à ses talonnettes qui s’accrochent à la rambarde et freinent sa chute. Il s’en tire avec une double fracture de la jambe. «Je ne comprends pas mon geste, dit-il alors. Machinalement, j’ai sauté, comme attiré par le vide.»

Fragilité

Les mois suivants, sa fragilité ne fait que s’accentuer. Le chanteur, assommé par les somnifères et autres médicaments, ne parvient plus à trouver le
sommeil. Et le 25 avril 1975, il commet l’irréparable. «Dans l’ambulance, nous lui avons fait des massages cardiaques, racontera un capitaine des  pompiers. Il a bredouillé des mots en anglais, mais je n’ai pas réussi à comprendre ce qu’il voulait dire.»

Mike s’est donc vu mourir. Il a rendu son dernier souffle avant d’arriver à l’hôpital. «Ils ont tué mon fils!» hurlera sa mère en apprenant sa mort, accusant le monde du spectacle. Bronia Brand n’en démordra pas, jusqu’à sa mort. Pourtant, les idoles ne meurent jamais. Elles rejoignent simplement le ciel…

Arthur Leroy

Article initialement publié le 6 novembre 2009

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