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Mireille Darc : Elle garde de lourdes séquelles de son opération

Publié le 1 novembre 2013

Une seconde fois opérée à cœur ouvert en mars 2013, la réalisatrice Mireille Darc fait encore de terribles cauchemars et ne peut s'alimenter toute seule.

«Bang bang ». Pour Mireille Darc, ce n'est pas le titre d'une chanson, mais le bruit qu'elle entend à l'intérieur de son corps. Un bruit qui retentit à chaque instant de son existence. Et en plus, elle s'essouffle vite. Pour son médecin, c'est l'évidence : ce son qu'elle entend sans cesse, c'est celui de son sang tentant de se frayer un chemin dans une aorte rétrécie. L'actrice va devoir, très rapidement, être opérée à cœur ouvert ! Nous sommes fin 2012.

Cette intervention, et ses suites, très traumatisantes, Mireille a voulu les partager, pour « pouvoir aider d'autres gens qui sont sous le scalpel aussi ». Elle a tenu à parler en toute honnêteté de sa vie, dans une autobiographie à paraître le 6 novembre prochain chez Flammarion, Une femme libre, richement illustrée par deux cents clichés pris par son ami photographe Richard Melloul.

Si, dans cet ouvrage, elle ne cache rien de ses difficultés après une aussi lourde opération, la comédienne livre aussi un formidable message d'espoir pour ceux et celles qui sont confrontés à une aussi rude épreuve. Car même si, à 75 ans, elle est devenue très philosophe, l'annonce de cette opération l'a déstabilisée. Il y a trente-trois ans de cela, en mai 1980, elle a déjà subi une telle intervention et sait combien c'est éprouvant.

->Voir aussi - Mireille Darc : Les forces de l'esprit l'accompagnent

Mais, le 13 mars 2013, une date qu'elle a choisie « juste parce que le chiffre me plaît », écrit-elle, elle met sa vie entre les mains du chirurgien. Auparavant, l'actrice a fait un véritable travail personnel, pratiquant « une forme de méditation », pour tenter d'apprivoiser sa peur de mourir. Elle avoue avoir beaucoup pleuré, mais a atteint un « état d'acceptation ».

Délires

C'est dans cet état d'esprit qu'elle intègre une chambre de l'hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Et l'opération se déroule à merveille. Par contre, juste après son réveil, Mireille Darc ne se sent pas bien. Elle qui ne prend jamais de médicaments se retrouve sous morphine et autres antalgiques, en proie à d'affreux cauchemars !

« Je rentre dans des voyages terribles toutes les nuits », explique-t-elle. Des visions d'horreur l'assaillent : « Je vois des êtres collés à moi, des espèces de sauriens, des crapauds, ils m'attendent. Là, j'angoisse terriblement. »

Pendant dix-sept jours, elle sera le jouet de ces délires monstrueux. Une nuit, elle va jusqu'à appeler son mari, Pascal, pour lui dire qu'elle a quitté l'hôpital, et est en route vers l'Espagne. « Viens me chercher », supplie-t-elle. Il arrive bien sûr, et constate que la femme de sa vie est toujours dans sa chambre. Mais, bien qu'il soit près d'elle, elle a le « sentiment d'être loin ».

Et Mireille a raison : elle n'est plus cette femme qui maîtrise sa vie et se débrouille toute seule. Elle a voulu garder le plus possible cette intervention secrète, consciente que lorsqu'on leur annonce une telle nouvelle, les proches pensent immanquablement à leur propre mort. Et leurs peurs rejaillissent alors sur la personne qui a besoin de toutes ses forces pour affronter la réalité.

Néanmoins, après avoir constaté combien son épouse était anxieuse, Pascal décide de demander à une douzaine de ses amies de se relayer auprès d'elle la nuit. Hélas, si Mireille a ressenti ces présences pleines d'amour, ses cauchemars n'ont pas cessé pour autant. Et même après sa sortie d'hôpital, ils sont encore là.

Des jours, des semaines plus tard, Mireille est toujours terrifiée à l'idée de s'endormir, car ses visions surgissent dès que ses yeux se ferment. De plus, elle ressent une fatigue incommensurable, bien plus que lors de la première opération. Le bilan, à ce moment de sa vie, est terrible : « Je n'ai pas faim, je n'arrive pas à parler, j'ai perdu l'équilibre, et les cauchemars continuent. »

Mais, parce que, dans les histoires les plus dures, il y a souvent un « mais » qui apaise les souffrances, cette épreuve douloureuse va révéler à Mireille à quel point Pascal, qui est à son côté depuis 1996, compte pour elle.

Grâce à sa solidité, aux sentiments très forts qu'il porte à cette femme si exceptionnelle, mais qui, pour l'heure, n'est plus qu'une âme en peine, elle va, peu à peu, se mettre à revivre. « Pour la première fois de ma vie, je redeviens une enfant », écrit-elle. C'est lui, son mari, qui se charge de tout. « Il m'aide à manger, à dormir, il organise ma vie. (...) Il me berce, il me réconforte ».

Et c'est peut-être ça la morale de son histoire : au travers de cette hospitalisation, et des séquelles qu'elle connaît encore, Mireille Darc a découvert qu'il faut savoir être entouré. « Carrière, argent, tout disparaît, écrit-elle. Et il ne reste qu'une chose véritable : l'amour, la vie. »

Laurence Paris

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