France Dimanche > Actualités > Miss France : “Je suis en couple avec la France entière”

Actualités

Miss France : “Je suis en couple avec la France entière”

Publié le 26 décembre 2018

Vaimalama Chaves, notre nouvelle reine de beauté, regrette déjà que l’on s’attarde un peu trop sur son poids.

Et la gagnante est… Miss Tahiti  ! Après sa cousine Mareva Georges, en 1991, c’est la sublime Vaimalama Chaves, 24 ans, qui a triomphé samedi dernier au Zénith de Lille et ceint une écharpe très convoitée, succédant à Maëva Coucke. Vai, son surnom, n’en revient toujours pas. D’autant plus que la belle brune n’a pour autant pas toujours été très à l’aise avec ses formes.

À 18 ans, elle pesait 84 kg pour 1,78 m, et ses camarades de classe ne l’ont pas épargnée. Mais ce qui aurait pu la détruire l’a finalement rendue plus forte, ainsi qu’elle nous l’a confié : « Je n’ai plus peur du regard des autres. La seule personne que je peux craindre, c’est moi-même. »

Pour réaliser son rêve de devenir un jour reine de beauté, Vai a perdu plus de 20 kg, s’astreignant à une hygiène de vie digne d’un athlète de haut niveau pendant plus d’un an, se levant tous les matins à 4 h 30 pour être en salle de musculation une demi-heure plus tard. Et les salades ont remplacé les pizzas dont elle raffole. Plus son poids chutait, plus sa confiance en elle-même augmentait. Son exploit témoigne de sa force de caractère qui lui a donné le courage de tenter sa chance pour devenir la plus belle fille du pays.

« C’est curieusement lorsque mon papa a refusé que je m’inscrive au concours Miss France que je me suis sentie pousser des ailes, nous a-t-elle avoué avec son charmant accent qui roule les « r ». Il voulait que j’entre dans la vie active au plus vite. De son côté, ma mère voulait que je décroche des diplômes. J’ai donc attendu de toucher mon premier salaire et d’acquérir mon indépendance financière pour me lancer dans l’aventure. Mes parents n’avaient plus d’autre choix que de me soutenir. Sur le coup, ils n’ont pas été très contents, mais ils n’avaient plus leur mot à dire. »

Nous avons contacté son père pour en savoir plus. Et force est de constater qu’il est aujourd’hui le plus fier de tous les papas du monde. La veille de la finale, il était déjà intimement persuadé que sa fille adorée allait gagner.
« Elle était déjà favorite sur les réseaux sociaux, nous a-t-il confié en exclusivité. Je suis extrêmement fier de Vaimalama. Ce n’est pas parce que c’est ma fille mais je trouve qu’elle fait une très belle Miss Tahiti et qu’elle fera une très belle Miss France, car elle incarne toutes les cultures réunies : polynésienne, portugaise, irlandaise ainsi que wallisienne de par son grand-père maternel. »

« Je précise, renchérit-il, qu’elle n’a jamais été énorme ou obèse comme cela a été évoqué dans la presse. Elle était juste un peu en surpoids mais moi, je l’ai toujours trouvée très belle. Ce n’est d’ailleurs pas un sujet qu’elle aimait aborder. Elle ne nous a jamais dit qu’on la traitait de “monstre” ou de “grosse”. Elle gardait cela pour elle. Mais je pense qu’elle l’a très mal vécu, comme toutes les femmes. Moi aussi, j’ai été moqué à l’école à cause de mon poids. Aujourd’hui, je me rends compte que parfois, j’ai été un peu dur avec elle, j’avais des mots très durs, car je ne voulais pas qu’elle vive ce que j’ai vécu. Mais c’était pour la bonne cause. Aujourd’hui, ma fille fait passer un beau message aux gens ; elle qui se trouvait moche et grosse montre que l’on peut apprendre à s’aimer ! »

De son côté, Yasmina, sa maman, infirmière à Tahiti, redoute déjà de devoir vivre très loin de sa fille. Qu’elle se rassure, il est prévu dans son emploi du temps de ministre que notre reine de beauté retourne passer Noël en famille, avant d’entamer pour de bon une année qui s’annonce « palpitante ».


Outre ses problèmes de poids, l’enfance de cette beauté aux yeux bleus aura été marquée par la rupture entre ses parents. « Vaimalama a grandi au sein d’une famille recomposée, raconte son père. Sa mère et moi nous sommes séparés lorsqu’elle avait un an et demi. On avait une garde alternée. Donc jusqu’à l’élection de Miss Tahiti en 2018, elle vivait une semaine chez moi avec ma femme qui l’a élevée comme sa fille, avec sa demi-sœur, et une semaine chez sa mère, avec ses autres demi-frères et sœurs. Mais elle a toujours eu le choix. Si elle voulait rester plus chez l’un ou chez l’autre, on ne l’en a jamais empêchée. Je crois que si Vaimalama en est arrivée là où elle est aujourd’hui, c’est grâce à l’éducation qu’elle a reçue des deux côtés. »

Quoique son père essaie tant bien que mal de relativiser l’impact de cette séparation sur sa fille, Vaimalama avoue en avoir tout de même souffert.
« Ça aura été pour moi, une épreuve difficile à vivre, mais je ne regrette rien de mon passé. Toutes les expériences nous forgent, et nous permettent d’être ce que nous sommes aujourd’hui. »

Et notre Miss France est un corps sain avec un esprit sain. « Elle aimait beaucoup la lecture, confirme son père. Avec tous les livres qu’elle a lus et sa scolarité, elle est très instruite, et c’est pour cela qu’elle sait bien s’exprimer. » Titulaire d’un master en marketing, elle souhaite plus tard enseigner sa discipline de prédilection dans un lycée. À moins que d’autres opportunités s’offrent à elle, grâce à son tout nouveau statut…

« Je trouve dommage que l’on revienne sans cesse sur mon histoire de poids et non pas sur ma force de caractère, conclut la jeune fille. Une personne n’est pas déterminée par la taille de ses hanches ni par les chiffres qui s’affichent quand elle monte sur une balance. »

Vai étant très discrète sur sa vie privée, nous avons demandé à son papa ce qu’il savait des amours de sa fille adorée : « Elle n’a pas de petit ami pour le moment à ce que je sache ! Elle ne me dit pas tout non plus ! Elle en avait un avec qui elle est restée pendant deux ou trois ans, mais ils se sont séparés. Elle voulait se consacrer à l’élection Miss France et je crois que lui, il est parti vivre à l’autre bout de l’île. Je ne connais pas vraiment les raisons de leur séparation. Je sais juste qu’il l’a connue un peu ronde et il l’aimait comme ça. Il a vu sa métamorphose. Ça a dû lui faire un choc ! Maintenant qu’elle est célèbre, elle va avoir beaucoup de soupirants mais on lui fait confiance ! On lui a inculqué des valeurs en lui disant toujours qu’elle ne devait pas oublier d’où elle vient. Je pense que l’éducation qu’elle a reçue fera qu’elle gardera la tête sur les épaules ! »  La principale intéressée nous a pour sa part répondu avec beaucoup d’élégance qu’elle était en couple… « avec la France entière ! »

Philippe CALLEWAERT et Vanessa ATTALI

À découvrir