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Mohamed (Koh-Lanta) : “C’est l’adrénaline qui m’anime !”

Publié le 24 mai 2019

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© Philippe Le Roux/ALP/TF1/Starface Mohamed

Très discret sur le camp, le chef d’entreprise n’en est pas moins un sérieux candidat pour le titre.

C’est à Strasbourg que Mohamed, 38 ans, est chef d’entreprise. Avec son grand frère, il gère un pub-restaurant, et travaille, par ailleurs, dans l’immobilier. Un véritable touche-à-tout qui ne doit sa réussite qu’à lui-même. Issu d’un milieu modeste, ce père de deux enfants (Yanis, 5 ans le mois prochain, et Anissa, 2 ans) a prouvé qu’avec de la volonté, on pouvait réaliser la plupart de ses rêves. C’est avec cette mentalité de guerrier qu’il vise aujourd’hui la victoire à Koh-Lanta.

France Dimanche  : Après avoir grandi dans un milieu modeste, vous voilà chef d’entreprise. Votre entourage doit être fier de vous…
Mohamed : J’ai effectivement grandi dans une cité HLM. Je suis moi-même très fier de mon parcours. Au départ, rien n’était acquis. Je garde néanmoins bien les pieds sur terre, parce que je sais pertinemment que, dans le monde des affaires, on peut retomber aussi vite que l’on est monté. Toujours est-il que ma mère est évidemment la plus fière des mamans ! Quant à mon père, je n’ai malheureusement plus trop de contact avec lui depuis à peu près huit ans, suite au divorce de mes parents. Alors c’est mon frère et moi, comme il se doit, qui contribuons financièrement aux besoins de notre mère, puisqu’elle vit seule.

FD  : Quel est le secret de votre réussite ?
M  : En réalité, il n’y a pas de secret ! J’ai juste fait preuve d’une énorme motivation. J’ai toujours eu envie de réussir. Et, à force de travail, j’ai atteint mes objectifs. À mes débuts, j’ai vraiment travaillé comme un fou. Je cumulais trois boulots, je faisais des semaines jusqu’à 70 heures ! Jusqu’au jour où j’ai enfin pu me lancer à mon compte après que mon banquier a accepté de me faire confiance. Je ne suis donc pas arrivé là par hasard, j’ai pris beaucoup de risques. Le travail est un moteur pour moi !

FD  : D’où tenez-vous cette force de caractère ?
M  : Je pense que je la dois au climat social dans lequel j’ai grandi et à l’éducation que m’ont donnée mes parents. Je crois que le sport est aussi très formateur. J’en ai toujours beaucoup fait.

FD  : Quel objectif vous étiez-vous fixé avant d’arriver aux Fidji ?
M  : Je voulais au moins atteindre le stade de la réunification, ce qui est chose faite. Depuis, je savoure chaque jour qui passe comme un bonus.

FD  : Vous semblez plutôt en retrait sur le camp. Vos proches vous reconnaissent-ils dans cette image que vous renvoyez ?
M  : J’avais un peu d’appréhension avant de regarder l’émission parce qu’on ne sait jamais trop comment on va paraître. Mais mon entourage et moi-même nous réjouissons de constater que je suis à l’écran tel que je suis dans la vraie vie. Je suis effectivement quelqu’un d’assez réservé, j’observe beaucoup. Je ne suis pas du genre à me mettre en avant naturellement. Mais, en tant que chef d’entreprise, je sais toutefois dire les choses quand il le faut. Au début de l’aventure, Maxime m’a surnommé « la force tranquille ». Cela me correspond plutôt bien. Je suis certes imposant physiquement, mais je n’en reste pas moins calme.

FD  : Justement, en tant que chef d’entreprise, vous sentez-vous plus à l’aise dans la stratégie ?
M  : En réalité, la stratégie, ce n’est pas vraiment mon truc. Malheureusement, nous sommes aujourd’hui dans une société qui connaît le vice. Donc, inconsciemment, qu’on le veuille ou non, on doit toujours être aux aguets. Alors je ne vais pas être celui qui va instaurer une démarche collective à suivre sur le camp, mais je reste quand même très attentif à ce qu’il se passe. J’ai appris, au fil du temps, qu’il fallait se méfier de tout le monde.

FD  : À ce stade du jeu, vous sentez-vous en danger ?
M  : J’ai la chance de ne pas avoir encore été en danger une seule fois. Mon nom n’a toujours pas été évoqué lors d’un conseil. Je pense être apprécié des autres candidats.

FD  : Cela vous donne-t-il l’espoir d’aller au bout de l’aventure ?
M  : Clairement oui ! Je ne pense pas être en pôle position, mais je me situe bien. J’ai de bonnes chances de gagner.

FD  : Dans le dernier épisode, vous choisissez d’éliminer Brice, votre allié. Comment l’avez-vous vécu ?
M  : Très mal, et je pense que ça s’est vu. Cela restera l’un des moments les plus difficiles de mon aventure. J’avais créé des liens solides avec lui quand nous étions au sein des Bleus. J’ai donc finalement voté contre lui pour sauver ma peau, mais ça a été vraiment un déchirement. Et lorsqu’il m’a donné ensuite son vote noir en retour… C’était paradoxal, je pensais qu’il allait m’en vouloir. Il a manifestement été assez intelligent pour comprendre ma décision. Malgré son jeune âge [24 ans, ndlr], il fait preuve de beaucoup de maturité.

FD  : Êtes-vous restés en contact ?
M  : Oui, tout comme avec Maxime, Béatrice ou encore Frédéric, avec qui nous avions scellé un pacte au tout début de l’aventure, celui de faire le Marathon de Paris ensemble… On s’est tapé dans la main et on a tenu notre parole puisque nous sommes allés au bout !

FD  : Vos journées sont déjà très chargées avec votre métier et votre famille. Pourquoi avez-vous tenu à participer à Koh-Lanta ?
M  : C’est la question que me posaient ma maman et mon épouse avant que je parte ! « Tu as déjà une vie surchargée, des enfants en bas âge, et tu as tout ce qu’il faut, alors pourquoi le faire ? » Je leur ai répondu que j’ai toujours eu besoin de me lancer des défis, de me fixer des objectifs. Et, ensuite, de tout faire pour les réaliser, les atteindre. Par exemple, quand j’ai eu en tête de fonder une famille, d’avoir une belle maison, de créer mes sociétés, de faire un marathon…, j’y suis arrivé ! Il me fallait un nouveau challenge comme Koh-Lanta. J’ai constamment besoin de sortir de ma zone de confort, c’est l’adrénaline qui m’anime. Au grand regret de Julie, ma femme depuis quasiment neuf ans, qui dit que je ne m’arrête jamais… Je ne lui serai jamais assez reconnaissant de me soutenir dans les bons comme dans les mauvais moments. C’est en grande partie grâce à elle que j’ai réussi à accomplir tout ce que j’ai déjà accompli dans ma vie. Elle joue un rôle essentiel dans mon équilibre.

FD  : Avez-vous déjà réfléchi de ce que vous pourriez faire des 100 000 euros promis au vainqueur ?
M  : Je précise que je n’ai pas fait Koh-Lanta pour l’argent. Je gagne déjà suffisamment bien ma vie. Si je l’ai fait, c’était surtout pour l’adrénaline du jeu. Je n’aurais jamais cru pouvoir vivre dans de telles conditions. Il faut savoir que, d’habitude, pour mes vacances, je suis plutôt « hôtels cinq-étoiles » que « sac à dos » ! Mais si je gagne cette belle somme d’argent, j’ai déjà prévu de le partager avec ma famille, en particulier avec ma maman, qui est celle qui en a le plus besoin.

Philippe CALLEWAERT

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