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Muriel Robin : Elle a perdu son bébé !

Publié le 3 juillet 2015

  L’humoriste Muriel Robin vient de faire une bouleversante � révélation � sur ce qui aurait pu totalement modifier le cours de sa vie.L’humoriste Muriel Robin vient de faire une bouleversante � révélation � sur ce qui aurait pu totalement modifier le cours de sa vie.

« On change, mais on ne guérit jamais de ce que l’on n’a pas eu. » C’est une Muriel Robin désarmante de sincérité qui s’est livrée, le 29 juin dernier, dans les colonnes du Parisien. Une femme à l’aube de la soixantaine – elle est née un 2 août – qui n’a pas peur d’affronter ses démons et de les exposer. Une personnalité attachante et extrêmement courageuse.

Car il en faut du courage, et aussi de l’humilité, pour dire que l’on souffre malgré le succès, l’argent, la reconnaissance. Il en faut, quand on a la chance de connaître une immense réussite, pour dire : « On ne guérit jamais de ce que l’on n’a pas eu. »

Mais qu’est-ce qui a échappé à Muriel ? Quel est ce manque auquel elle fait allusion ? Sans doute le désir le plus fondamental d’une femme qu’elle n’a pu accomplir, le plus simple aussi : celui d’être mère ! Oui, la comédienne souffre de n’avoir pas mis un bébé au monde : « Quand on n’a pas d’enfant, c’est difficile de ne se lever que pour soi tous les matins. »

Féminité

Difficile… voire impossible ! Car, comme elle l’a confié, toujours au Parisien, Muriel Robin a attendu un enfant qu’elle a, hélas, perdu ! « J’ai fait une fausse couche, a-t-elle expliqué. Aujourd’hui, j’y pense souvent, inévitablement. J’aurais un grand garçon ou une grande fille, ma vie aurait été complètement différente. En plus, je crois que je suis terriblement maternelle. »

Quel aveu bouleversant Muriel nous offre là, par ces mots si simples et si forts ! Certes, on se doutait qu’elle portait en elle des blessures profondes, comme tous les comiques, des failles terribles dans lesquelles son talent trouve sa source.

Elle s’était déjà confiée sur un passé difficile, une enfance douloureuse, quand elle tentait de garder enfermés ses malheurs au fond d’elle, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus les contenir, et que la peau de son visage et de ses mains soit couverte de verrues… Si les mots ne sortent pas, c’est le corps qui crie. En proie à de vifs tourments, la jeune fille avait du mal à devenir une femme.

C’est avec une magnifique pirouette que, dans son dernier spectacle, Robin revient tsoin, tsoin, Muriel faisait allusion à cette tentative désespérée pour devenir elle-même : « Je sentais que j’avais une féminité, mais impossible de mettre la main dessus. »

Sans doute Muriel Robin a-t-elle ressenti ce que pouvait être cette féminité au moment où elle a attendu son enfant. Peut-être y a-t-elle eu accès… Mais le sort a décidé qu’elle ne connaîtrait pas le bonheur de porter son bébé dans ses bras, de le voir grandir, de l’accompagner une vie durant. Le cœur brisé, mais l’âme forte, l’humoriste a décidé de vivre quand même.

Mais il lui a fallu une aide extérieure pour y parvenir. Seule, elle en aurait été incapable : « J’ai commencé à travailler sur moi en 1986, a-t-elle encore confié au quotidien francilien. À un moment, je voyais un psy tous les jours, je n’arrivais plus à sortir de chez moi tellement j’allais mal. »

Dépressive

Grâce à cette thérapie, à sa volonté, à l’attachement qu’elle a pour la vie, Muriel a tenu bon. Elle est parvenue à devenir cette femme si talentueuse, si attachante, que l’on aimerait parfois la prendre dans ses bras en lui disant que tout va bien. Bien sûr, sa psychanalyse ne l’a pas guérie de tous ses maux. « En ce qui me concerne, a-t-elle encore raconté, je suis une dépressive-née. C’est toujours compliqué de me lever le matin. »

Malgré « quatre dépressions et un burn-out », elle s’est accrochée. Muriel fait du sport, a arrêté la cigarette, qui était, selon elle, « un petit suicide masqué », ainsi que l’alcool. Aujourd’hui, elle a l’air de savoir qui elle est.

Certes, ni sa fille ni son fils ne l’appelleront jamais le jour de la fête des Mères pour la remercier de les avoir mis au monde. Mais la vie est riche et pleine de ruses.

Muriel aimerait bien peut-être réaliser un film, un jour, et estime être faite pour ça, parce qu’elle adore « materner, rassurer ». Mettre en scène un film, diriger les comédiens, les techniciens, pourrait être une façon de le démontrer.

Et comme l’amour semble être ce qui compte le plus aux yeux de cette femme courageuse, souhaitons que la belle histoire de Muriel Robin avec l’actrice Anne Le Nen dure encore longtemps. Car savoir materner et rassurer sont deux qualités essentielles dans une relation amoureuse…

Laurence Paris

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