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Muriel Robin : Jacques Chirac la harcelait !

Publié le 17 novembre 2018

Alors en pleine dépression, Muriel Robin ne savait plus comment faire pour échapper au président Jacques Chirac.

Victime d’une longue dépression, il aura fallu à Muriel Robin de longues années pour s’en remettre presque complètement. Un cheminement des plus douloureux que la comédienne de 63 ans a décidé de raconter dans un ouvrage très émouvant, Fragile (XO éditions). En effet, même si son humour reste intact, cette artiste au caractère à fleur de peau a traversé bien des épreuves. L’une d’elle lui a laissé des cicatrices impossibles à refermer : le long combat de sa mère face à la maladie d’Alzheimer. « J’ai failli y laisser ma peau », balance-t-elle avec sa sincérité habituelle.

Pour accompagner sa maman dans cette perte de repères quotidienne, elle décide de s’installer à Saint-Étienne, dans la maison de son enfance. Mais durant un an, tous les matins, elle se réveillera en se disant : « C’est un cauchemar. » Pendant ce huis clos oppressant, elle peut compter sur le soutien d’un homme puissant et protecteur qui lui témoigne sans relâche son affection. Mais pour cette solitaire invétérée, ces signes de tendresse sont presque vécus comme une forme d’agression… Habituée à être autonome, elle se croit assez forte pour pouvoir livrer seule ce combat. Hélas, très vite, elle se rend compte qu’elle n’a pas les épaules assez larges et solides. Elle noie alors sa détresse dans l’alcool, jusqu’au jour où elle tentera d’en finir avec la vie. Lors de cette terrible descente aux enfers, elle aurait pu se réjouir de constater qu’un ami très fidèle ne l’a pas oubliée. Mais non ! Aveuglée par son mal-être, Muriel se replie sur elle-même. Et même un président de la République n’y peut rien changer.


Oui ! Vous avez bien lu, cette personne qui lui voulait tant de bien n’était autre que le chef de l’État de l’époque. Jacques Chirac, qui à force de lui téléphoner presque tous les jours pour prendre des nouvelles, avait fini par l’agacer, au point qu’elle demandait à sa sœur de répondre qu’elle était absente. Une situation tragicomique qu’elle a relatée avec sa drôlerie habituelle sur le plateau de C à vous, le 26 octobre dernier : « Je vois ma sœur aînée à qui je dis : “Je peux pas, tiens c’est le président, parle-lui” », en mimant un téléphone. « Et j’entends ma sœur qui dit avec son accent stéphanois : “Allô, oui bonjour, oui.” Et je me dis : “Ma sœur est en train de parler avec le président de la République.” »

Mais Jacques Chirac ne lui en a pas voulu. Lorsque Muriel perd sa mère en 2003, il est toujours présent. En fan inconditionnel de l’humoriste, il lui ouvre les portes du fort de Brégançon, la résidence d’été des présidents. Muriel, apaisée, y reprendra goût à la vie lors de cet été qu’elle n’oubliera jamais. « Je me revois remettre sa cravate. Je le tutoyais. Ça lui plaisait, je crois », conclut celle qui n’a décidément pas son pareil pour cacher ses tourments sous le masque du rire…

Sophie MARION

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