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Mylène Demongeot : En guerre contre les trafiquants d'animaux !

Publié le 21 janvier 2011

Scandalisée par la vente illégale de chiots, la comédienne Mylène Demongeot a battu le pavé parisien pour faire la chasse à ces tortionnaires.Scandalisée par la vente illégale de chiots, la comédienne Mylène Demongeot a battu le pavé parisien pour faire la chasse à ces tortionnaires.

Ce dimanche 28 novembre, en fin d'après-midi, coup de fil de Mylène Demongeot, visiblement ébranlée : « Je suis au Noël des animaux avec le Pr Mouthon. Il vient de m'alerter sur les dangers sanitaires que nous fait courir le trac des animaux [voir encadré]. C'est vraiment effrayant ! Je voudrais vous emmener pour une ronde dans les rues de Paris. Vous verrez, sur la voie publique, il y a énormément de ventes de ces animaux venus des pays de l'Est... »

Rendez-vous est aussitôt pris pour un vendredi, en n d'après-midi, près des grands magasins. Tandis que le photographe se dissimule derrière une colonne Morris pour ne pas éveiller de soupçon, Mylène et moi nous approchons d'une jeune femme blonde que l'héroïne de Camping a vue à plusieurs reprises en compagnie d'un chiot.

Assise par terre, elle fait la manche. Mais, ce jour-là, elle est seule. Mylène la questionne : « Où est le petit chien ? Je voudrais en acheter un comme celui-là... » La mendiante dit que le sien n'est pas là, qu'il n'est pas à vendre. L'artiste s'étonne, insiste. Mais la jeune femme réaffirme son affection pour son petit animal.

->Voir aussi - Mylène Demongeot : Embarquez sur son arche de Noé !

Protestations

Quelques mètres plus loin, c'est encore une femme qui, la tête coiffée d'un foulard et à genoux, appelle à la générosité des passants. Un chat siamois est tenu en laisse, dans un sac posé à son côté. Mylène caresse la bête de ses doigts gantés, s'extasie sur sa beauté et émet l'idée de l'acquérir. Une fois encore, la femme secoue la tête, expliquant que son matou lui appartient. Qu'elle ne le vendra pas. Alertée, elle nous sort immédiatement les papiers de l'animal.

Mylène m'explique à voix basse qu'ils sont apparemment en règle, émis par un vétérinaire du quartier. Les pages sont numérotées, les tampons de vaccins récemment apposés... Bredouilles, nous rejoignons le photographe de l'autre côté du boulevard. Là, sous une porte cochère, une femme d'une soixantaine d'années quête. Allongée contre elle, une chienne semble dormir, emmitouflée sous une couverture.

Mylène entame la conversation, s'approche du chien et, en dépit des protestations de sa maîtresse, lève la couverture. Recroquevillée dans une valise, la femelle est en réalité en train d'allaiter une demie douzaine de chiots. Il paraît évident que ceux-ci sont destinés à alimenter le trac illégal. La concierge de l'immeuble nous donne raison : le mari de cette femme fait le guet au coin de la rue tandis que, quelques centaines de mètres plus loin, le fils du couple vend les chiots.

La police est pourtant à quelques mètres de la femme qui, outre l'interdiction de participer à la vente d'animaux à la sauvette, contrevient à la circulaire interministérielle du 25 octobre 1982, laquelle dénit leurs conditions de vie.

Or, contrairement à ce que préconise l'article R654-1 du code pénal, sur les mauvais traitements envers un animal domestique, la chienne est contrainte à l'immobilité, confinée dans une valise où elle passe sa journée, malgré le froid. Mais les arrestations de ce type nécessitent des tonnes de paperasses, l'intervention de l'équipe sinophile, et au bout du compte, la personne ressort libre dans l'heure suivante.

« Et c'est ainsi que prospère le trac de ces animaux, peut-être porteurs de la tuberculose ou de la rage ! », s'insurge Mylène Demongeot.

[box type="info" style="rounded"]"L'homme peut contracter des maladies"
Le Pr Gilbert Mouthon, ancien chef de service à l'École nationale vétérinaire d'Alfort, est aujourd'hui secrétaire général de la fondation Assistance aux animaux.
« Les chiens et les chats de ce trafic viennent des pays de l'Est, extérieurs à la zone protégée de Schengen, explique-t-il. Les élevages se font dans des conditions sanitaires souvent déplorables. Malheureusement, les trafiquants sont désormais en mesure de supprimer les puces électroniques de ces animaux pour en implanter de nouvelles, de l'espace Schengen. Ils sont ensuite revendus légalement. Il y a une grosse suspicion de rage sur ces bêtes, mal ou pas vaccinées.
Mais surtout, on sait qu'existe dans ces pays-là une recrudescence de la tuberculose, de plus en plus difficile à soigner. Quand on pense que, par la suite, des enfants vont tripoter et embrasser ces chiots ou ces chatons malades, cela fait froid dans le dos ! Pour l'instant, aucun cas de tuberculose n'a été détecté chez ces bêtes issues du trafic. Mais il faudrait analyser tous ceux qui entrent dans l'espace Schengen ! Or, malheureusement, les autorités sanitaires se focalisent sur la rage...
Mon conseil : n'achetez jamais dans une animalerie. Privilégiez plutôt l'élevage classique. Si lors de la première visite chez le vétérinaire, celui-ci s'étonne du décalage entre l'âge annoncé et l'âge réel de votre compagnon, faites-le revacciner contre la rage. Et surtout, contactez le service des douanes : ils sont très réactifs et soucieux de démanteler ces vastes réseaux de trafiquants. »[/box]

Daphné de Givry

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