France Dimanche > Actualités > Mylène Demongeot : "Je reviens de loin ! "

Actualités

Mylène Demongeot : "Je reviens de loin ! "

Publié le 10 mai 2020

.photos:bestimage

Dépourvue de défenses immunitaires après son cancer du péritoine, Mylène Demongeot a été hospitalisée près d'un mois à cause du coronavirus.

Ce 9 avril, la comédienne, qui soufflera ses 85 bougies en septembre prochain, sortait enfin de l'hôpital après une longue lutte contre le Covid-19. Si heureuse et soulagée d'être en vie, elle a d'ailleurs demandé aux aides-soignantes (« qui ont été tellement merveilleuses avec moi ») de pouvoir prendre la petite feuille de cette date sur leur éphéméride en souvenir de ce jour de renaissance.

En exclusivité, elle nous raconte sa descente aux enfers et comment elle en est revenue.

France Dimanche : Bonjour Mylène, comment allez-vous ?

Mylène Demongeot  : Bien, comme quelqu'un qui est en convalescence et va de mieux en mieux chaque jour. Mais, je reviens de si loin !


FD : Que s'est-il passé ?

MD : En fait, je suis convaincue que tout ça a commencé avec mon histoire d'escroquerie qui a duré six ans. J'ai beau avoir beaucoup de forces en moi, me retrouver dépouiller de tout m'a profondément atteinte, et c'est mon organisme qui en a fait les frais. J'étais alors tellement fragilisée. D'où un premier cancer, puis un second du péritoine il y a quelques mois… Et tandis que j'étais en rémission de ce dernier, mais encore très affaiblie par les traitements et en manque de défenses immunitaires, j'ai contracté ce foutu virus.

FD : On s'était parlé en février dernier, alors que vous vous remettiez en effet doucement de votre souci au péritoine…

MD : Oui, je me souviens très bien. Et donc, quelque temps après cela, j'étais particulièrement essoufflée et je ne comprenais pas bien pourquoi. Mais bon, j'ai malgré tout repris le chemin des tournages. J'étais si heureuse de faire ce film de Thomas Gilou, MDR (qui signifie « mort de rire » ou « maison de retraite » selon son âge !), sur un très bon scénario de Kev Adams et Catherine Diamant, avec comme partenaire Gérard Depardieu. Une chouette comédie sur le conflit entre les jeunes et les vieux ! On a commencé le tournage, puis le confinement a tout arrêté. J'ai donc rejoint ma ferme à la campagne… et je me suis écroulée !

FD : Comme ça, d'un seul coup ?

MD : Disons que, pendant le tournage, comme je ne me sentais déjà pas très bien, je prenais sans cesse ma température. Néanmoins, mon thermomètre indiquait toujours 36,4 °C, 36,6 °C… Du coup je me disais que tout allait bien, que ce n'était pas le virus. Mais, mon appareil ne devait pas marcher correctement, car lorsque je suis arrivée chez moi, Sandra, qui vit avec moi, me la reprise avec son thermomètre auriculaire, et là j'avais 39 °C ! J'ai alors contacté mon cardiologue, qui m'a ordonné d'appeler immédiatement le 15. Ce que j'ai fait. Et après m'avoir posé 36 000 questions, ils m'ont dit : « On arrive ! » Ils sont venus me chercher en ambulance et m'ont emmenée en urgence à l'hôpital de Laval.

FD : Où vous êtes restée plusieurs semaines…

MD : Oui, quasiment un mois. J'étais si fragile que mon organisme n'a pas résisté à cette attaque pulmonaire. Par contre, je n'ai pas pu être intubée, car les médecins ont dit que ça m'aurait tuée. Et je n'ai pas non plus été admise en réanimation où, toujours d'après eux, je n'aurais pas survécu plus de 24 heures. Du coup, après de longues discussions, ils ont pris la décision de me donner le traitement du professeur Raoult, l'hydroxychloroquine couplée à des antibiotiques. Et ça a marché…

FD : On s'est bien occupé de vous, en somme ?

MD : Merveilleusement bien ! J'avais quatre aides-soignantes le jour et autant la nuit qui étaient toutes formidables. À ce sujet, je souhaiterais d'ailleurs lancer une pétition pour que le grand milliardaire, monsieur Besnier, patron de Lactalis et empereur de la Mayenne, fasse quelque chose pour notre hôpital de Laval. Car, autant les infirmières sont admirables, autant les infrastructures sont vraiment à rafraîchir… Et quand on sait ce que sont payées ces jeunes femmes tellement dévouées, c'est inadmissible ! Il faut que les gens qui sont importants pour nous, et donc pour notre santé, soient payés à leur juste valeur. Ce sera mon prochain combat.

FD : Comment étiez-vous physiquement ?

MD : Comme un légume. Je me suis retrouvée comme un bébé de 4 mois, à porter des couches et à me faire laver. Avec des crises de dysenterie épouvantables. Puis, je n'arrivais même plus à lire et j'avais comme un train de marchandises qui résonnait sans arrêt dans ma tête. Je peux vous dire que j'en ai entendu passer un paquet ! Mon Dieu, j'avais l'impression d'être près d'une gare, alors que pas du tout ! Et je me souviens que, le premier jour où je me suis sentie un peu mieux, je regardais depuis mon lit le ciel bleu et le beau soleil lorsqu'un petit oiseau est venu se poser sur le rebord de ma fenêtre. Eh bien, j'étais si heureuse d'être en vie que je lui ai dit : « Merci ! » J'avais toujours cette petite étincelle de vie en moi qui me faisais penser : « Tant que tu es là, tu es là. Alors ne baisse pas les bras, accroche-toi et bats-toi. » Et ce n'était visiblement pas encore mon moment.

FD : Vous devez être soulagée d'être rentrée ?

MD : Si vous saviez comme je suis aujourd'hui heureuse d'être là, chez moi ! Retrouver toute cette verdure, mon lilas qui est en fleurs, mon tilleul qui a bien poussé, ma glycine qui est somptueuse, mes chats qui m'attendaient pour me faire des câlins : mais quel bonheur ! Et je peux vous assurer qu'avec Didier, mon bras droit depuis plus de vingt ans et Sandra, mon bras gauche, je suis parfaitement bien entourée, chouchoutée, comme un coq en pâte !

Caroline BERGER

À découvrir