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Mylène Demongeot : “La vérité sur mon cancer !”

Publié le 24 février 2020

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© BESTIMAGE Mylène Demongeot

Mylène Demongeot, 84 ans, nous a accordé, en exclusivité, une interview confession bouleversante où elle révèle tout, sans aucun tabou, sur sa maladie.

La comédienne, avec laquelle nous travaillons depuis bien longtemps et entretenons un lien tout particulier, nous a gentiment contactés, afin de nous remercier du papier que nous lui avions consacré la semaine dernière, et aussi de préciser que c’est d’un cancer du péritoine dont elle vient d’être victime. L’occasion pour nous d’en savoir un peu plus sur cette douloureuse épreuve récemment traversée et de lui faire part de toute notre affection dans son rétablissement.


France Dimanche  : Bonjour ma chère Mylène, comment allez-vous ?
Mylène Demongeot : Aujourd’hui, je vais très bien, merci beaucoup. Mais vous savez, j’ai préféré prendre toutes les précautions nécessaires, attendre d’avoir fait deux examens de contrôle à plusieurs mois d’intervalle, avant d’annoncer que j’étais vraiment sortie d’affaire. C’est très gentil de votre part d’écrire un si beau papier à mon sujet, mais vous auriez dû m’appeler… Je ne mords pas, vous le savez bien, et nous nous connaissons et travaillons ensemble depuis assez longtemps pour nous permettre ça.

FD  : C’était délicat, mais vous avez raison…
MD : Je n’ai donc pas eu un cancer du sein, mais un cancer du péritoine. Le péritoine étant une membrane du ventre qui entoure les intestins. Après de nombreux traitements, dont de la chimiothérapie, aujourd’hui, Dieu soit loué, il est complètement éliminé. Mais, j’ai quand même préféré attendre que mes cheveux repoussent avant d’en parler, car sans cheveux, c’était vraiment terrible ! J’espérais qu’ils repoussent tout blanc, comme ceux de Françoise Hardy. Mais non, pas les miens malheureusement, ils sont plutôt argent, ce qui n’est finalement pas si mal.

FD  : Qu’avez-vous ressenti en les perdant ?
MD : Oh, ç’a été affreux ! Je l’ai très mal vécu. Après les premières séances de chimio, ils ont commencé à tomber par poignées, si vous aviez vu ça, c’était abominable ! Du coup, j’ai filé chez ma petite coiffeuse et lui ai dit : « Je veux que tu me fasses comme Yul Brynner [l’acteur américain complètement chauve vu dans Les Dix Commandements en 1956 ou encore Les Sept Mercenaires en 1960, ndlr]. Tu me rases tout ! » Elle a alors pris sa tondeuse et m’a fait la boule à zéro. Si vous aviez vu ce travail… Au départ, je trouvais ça rigolo, mais ensuite, quand ça a commencé à repousser en petits poils tout fins et biscornus, c’était une autre histoire… Je me suis détestée physiquement !

FD  : Finalement, vous vous y êtes fait ?
MD : Mais, pas du tout ! J’ai vite acheté des perruques. Du coup, j’en ai aujourd’hui toute une collection, des blondes, des rouges, des roses… Elles sont magnifiques ! Et changer de tête tous les jours, au gré de vos humeurs, de vos envies, c’est plutôt sympa. Néanmoins, j’ai préféré attendre que ça repousse, et que ce soit suffisamment long, pour faire le selfie que vous avez vu et dévoiler tout ça.

FD  : Comment avez-vous découvert que vous aviez un cancer ?
MD : Disons que j’étais particulièrement fatiguée, et j’avais en permanence le ventre vraiment très gonflé. Et comme ça ne me plaisait pas du tout d’être ballonnée ainsi, j’ai fait le tour des médecins qui s’occupent de moi, mon généraliste, mon gynécologue, etc. Tous s’accordaient à me dire : « Mais non, ce n’est rien, mange moins, fais du sport, prend du charbon, des probiotiques… Ça va passer… » Bref, j’ai fait tout ça, et malgré tout, je continuais à me sentir vraiment pas bien. Et comme depuis toujours je suis quelqu’un qui écoute beaucoup son corps et fais très attention à tous les signaux qu’il envoie, j’ai fini par aller voir le médecin que m’avait présenté Jean Piat [dont elle partageait la scène de Love Letters il y a trois ans, ndlr], quelqu’un de très sympa…

FD  : … qui a finalement trouvé le mal dont vous souffriez ?
MD : Je suis allée le voir en lui disant : « Écoutez, Docteur, tout le monde me dit que ça va, mais moi je dis que ça ne va pas ! Je pense qu’il serait bon que je fasse un check-up… » Ce à quoi il m’a répondu : « Bah, vous avez raison. Si vous en éprouvez le besoin, allons-y. » Je suis rentrée à l’hôpital dès le lendemain pour des examens complets, et le verdict est tombé : cancer du péritoine ! J’avais donc bien quelque chose. Vous voyez pourquoi il est très important de toujours bien s’écouter.

FD  : Ce qui a du coup permis de prendre le problème relativement à temps ?
MD : Bien sûr, on a pu agir dès les premiers signes de la maladie. Avec une « bonne » chimiothérapie, je dis bonne, car dès les séances initiales, ce qu’on vous injecte dans l’organisme a vraiment l’effet d’une bombe ! Et en même temps, vous sentez que ça vous fait beaucoup de bien. Et puis, en juillet, après je ne sais combien de séances, j’étais tellement épuisée que j’ai dit : « Stop ! On arrête… » Je pense qu’il m’en restait deux, mais ça devenait trop éprouvant. « Au début, ça me faisait vraiment du bien, mais à la fin, j’ai cru que ça allait me tuer ! » ai-je ajouté à l’infirmière, qui a très bien compris, et on a arrêté. On m’a donné deux mois de vacances, et au bout de ce repos, on m’a fait tous les examens nécessaires, pour se rendre compte que tout allait bien. Mais je le répète, il faut s’écouter, vraiment.

FD  : Donc, aujourd’hui, tout va bien ?
MD : Oui ! Même si cette prise de poids complètement dingue me chagrine beaucoup. Ça avait déjà commencé avec la prise du Lévothyrox pour mes problèmes de thyroïde, puis ça a continué avec toute cette histoire, et à mon grand drame, ça se poursuit aujourd’hui… Car même si vous êtes guérie, il faut que tous les produits injectés depuis des mois s’évacuent, ce qui n’est pas une mince affaire. Même si c’est un moindre mal au regard de ce que j’ai traversé, c’est vrai ! Mais quand même, ça m’énerve. Donc, on me conseille de faire du sport, mais j’ai mal à un genou… Bref, la vie est compliquée, très chère. Alors, profitez-en tant que vous êtes jeune !

Caroline BERGER

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