France Dimanche > Actualités > Mylène Demongeot : “Simone Signoret était une peau 
de vache !”

Actualités

Mylène Demongeot : “Simone Signoret était une peau 
de vache !”

Publié le 1 mai 2017

L’actrice Mylène Demongeot garde 
un très mauvais souvenir de sa partenaire dans "Les sorcières de 
 Salem", sorti en DVD.

Le film, réalisé par Raymond Rouleau, a consacrée Mylène Demongeot. L’actrice a conquis la gloire à sa sortie en 1957, éclipsant au passage le couple Montand-Signoret qui jouait les deux rôles principaux.

Mylène toujours aussi pétillante à 81 ans, est très fière du film mais dresse un portrait au vitriol des deux célèbres comédiens.

->Voir aussi - Mylène Demongeot : Ruinée par un escroc !

France Dimanche (F.D.) : Pourquoi le DVD des Sorcières de Salem sort-il si tard ?

Mylène Demongeot (M.D.) : Je me suis battue pendant des années pour que ce film ressorte. J’ai même écrit à plusieurs reprises à Arthur Miller, l’auteur de la pièce dont est inspiré ce long métrage. Au début, il m’a répondu qu’il n’était pas content du travail de Raymond Rouleau et qu’il n’aimait pas le scénario de Jean-Paul Sartre. Ensuite il m’a dit que tout était dans les mains des distributeurs. Je crois que l’aventure entre Yves Montand et Marilyn Monroe en 1960 [alors l’épouse d’Arthur Miller, ndlr] a pas mal joué dans son refus. Mais la situation s’est débloquée et j’en suis très heureuse, d’autant que la restauration du film est magnifique.

F.D. : Que pensez-vous de la version tournée en 1996 par Nicholas Hytner ?

M.D. : J’ai trouvé qu’elle manquait d’intensité, de force dramatique. Et pourtant Daniel Day-Lewis est vraiment sexy.

->Voir aussi - Mylène Demongeot : Elle est prête à mourir dans la dignité !

F.D. : Pourquoi ce film est-il si important pour vous ?

M.D. : Parce qu’il m’a donné l’occasion de prouver que je n’étais pas seulement une jolie poupée, que j’en avais dans le ventre. J’avais déjà quatre films gentillets à mon actif, mais c’est celui-là qui m’a catapultée. Je suis devenue la révélation de l’année.

F.D. : Pourtant, vos souvenirs de tournage sont plutôt douloureux…

M.D. : J’avais 22 ans et j’étais très naïve. Je suis arrivée toute fraîche, pensant que j’allais être chouchoutée, comme un petit poussin. J’étais loin de la réalité.

F.D. : Que s’est-il passé ?

M.D. : Tout est la faute du couple infernal Montand-Signoret. Je vous donne un exemple parmi tant d’autres : un jour, ils sont arrivés furieux en brandissant France Dimanche. Une page entière était consacrée à Pascale Petit, découverte par la femme de Raymond Rouleau. Ils ont jeté le journal sur la table, en soutenant que l’article aurait dû me concerner, que c’était moi la vedette. Mais j’étais juste ravie pour Pascale avec qui je m’entendais très bien. En réalité, ils étaient fous de rage qu’on ne parle pas d’eux et ils me faisaient porter le chapeau.

F.D. : Comment étaient-ils avec vous ?

M.D. : Ils me méprisaient. Une fois, Simone Signoret a craché dans son tablier pour me laver la figure en hurlant : « Tu t’es maquillée, salope ! » Le pire moment, ce fut à la fin de la projection du film à l’équipe. Elle m’a lancé très fort : « Eh ben, mon petit, tu pourras toujours faire des ménages. » J’étais détruite, anéantie, au point que je ne suis pas allée à la première. Aussi quand Les sorcières de Salem m’ont rendue célèbre, c’était comme un miracle après tant d’humiliation.

F.D. : Comment expliquez-vous le comportement de Simone Signoret ?

M.D. : C’était une immense actrice et une vraie peau de vache. Elle était en train de perdre sa beauté et elle était incapable de faire ce qu’il fallait pour la conserver : perdre du poids, se freiner sur la boisson. Et elle souffrait beaucoup des infidélités de son mari. Aujourd’hui, je n’ai aucune rancœur, je la plains surtout.

F.D. : L’équipe vous soutenait ?

M.D. : Personne ne bronchait. Même Yves Montand ne disait rien quand sa femme parlait. Elle était la locomotive et lui se contentait de prendre le train.

F.D. : Quels sont vos souvenirs avec lui ?

M.D. : Il se serait bien tapé toutes les petites sorcières. Un jour qu’on tournait une scène avec Simone Signoret, un décor s’est écroulé sous la poussée de Montand qui sympathisait très étroitement avec une des jeunes actrices.

F.D. : Et Raymond Rouleau ?

M.D. : De temps en temps, il me passait un savon, parce que je m’échappais pendant les répétitions à l’Olympia pour aller entendre Édith Piaf chanter. Lui non plus n’a pas admis mon succès à la sortie du film. Il considérait que j’étais une actrice débutante et que ma gloire était usurpée.

F.D. : Qu’avez-vous appris en revanche de l’actrice Signoret ?

M.D. : Je me concentrais sur mon jeu, et je trouvais que son rôle était facile à jouer. Moi, j’ai tout appris sur le tas. Et je n’ai jamais cessé d’apprendre. Aujourd’hui encore avec Jean Piat, dans notre spectacle Love Letters. Et lui est un comédien immense et généreux.

Béatrix Grégoire

À découvrir

Sur le même thème