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Nagui : Humilié, il fond en larmes

Publié le 14 novembre 2014

Face à un terrible camouflet, l'animateur Nagui a senti qu'il était à deux doigts de se laisser couler à pic. Heureusement, une femme était là pour le retenir...

Ce sont des choses qui se produisent parfois dans les rêves, disons plutôt dans les cauchemars, car c'est une expérience terrifiante. L'instant d'avant, vous étiez encore vous-même, avec une vie, des relations, des amis... Et, soudain, vous n'êtes plus personne : nul ne vous reconnaît, même vos proches semblent ignorer qui vous êtes, on dirait qu'ils vous voient pour la première fois de leur vie.

En général, quand ce genre d'expérience vient visiter son sommeil, on est bien content de se réveiller ! Là où ces choses deviennent vraiment « cauchemardesques », c'est lorsqu'elles se produisent dans la réalité.

S'il a, du jour au lendemain, l'impression d'être devenu l'homme invisible, que personne ne voit ni n'entend, l'individu le plus solide risque de s'effondrer, de se retrouver, un jour, seul dans sa voiture, contemplant hébété la rue déserte devant lui, en faisant des efforts surhumains pour ne pas éclater en sanglots, tel un enfant abandonné.

C'est cette atroce expérience qu'a faite Nagui, ainsi qu'il vient de le révéler dans un long entretien accordé à Télé 7 jours.

->Voir aussi - Nagui : Blessé chez lui, par un cambrioleur

Gifle

Dans le petit monde des animateurs de télévision, la roche Tarpéienne n'est jamais loin du Capitole, comme disaient les Romains. Comprenez par là qu'un soir vous pouvez être au sommet, adulé de tous, et vous retrouver le lendemain matin quasiment à la rue et transparent à tous les regards.

Si le phénomène dure, on appelle cela une « traversée du désert » : certains finissent par atteindre une oasis, mais beaucoup y meurent de soif, et l'on n'en entend plus jamais parler. Pour Nagui, ce Sahara médiatique a correspondu avec le changement de siècle et de millénaire, c'est-à-dire à l'année 2001.

Après un passage manqué sur Canal +, où il a animé, durant une saison, Nulle part ailleurs, il se retrouve nu. Écoutons-le : « Imaginez... Pendant un an, rien. Rien de chez rien. Pas un appel. Je finis par décrocher un rendez-vous avec un directeur de programme. J'arrive au rendez-vous avec quatorze projets. Un vrai catalogue de La Redoute ! J'attends, assis dans le couloir où tous ces gens que je connais passent devant moi... »

Cette attente, ce n'est pas encore le pire. Car Nagui va devoir endurer une humiliation bien plus terrible. Soudain, alors qu'il « fait le poireau » depuis ce qui lui semble être une éternité, la personne qu'il doit rencontrer lui fait savoir, par l'un de ses assistants, qu'elle ne pourra finalement pas le recevoir.

Pour Nagui, la gifle est cinglante et la chute, vertigineuse : lui qui était, il y a quelques mois encore, fêté par la France entière, le voilà littéralement mis à la porte, comme on n'oserait pas le faire pour un domestique, si nous avions encore des domestiques !

La suite est terrible. Rendons la parole à Nagui : « Je suis remonté dans ma voiture. J'avais 41 ans et l'envie de pleurer. Je n'oublie rien de cela, de cette fragilité ressentie à ce moment-là. »

Comment surmonte-t-on une telle épreuve ? Où puise-t-on la force de ne pas se laisser couler à pic dans ce trou noir, de « rebondir », comme on dit maintenant ? Car enfin, c'est bien ce que Nagui a fait, lui qui est redevenu aujourd'hui l'un des animateurs préférés des Français !

En bref, vers quoi se tourne-t-on lorsque toutes les portes paraissent vouloir se fermer devant soi ? La réponse est finalement assez simple : on se dirige vers la seule qui est restée grande ouverte, et d'où vous parvient la plus chaude des lumières.

Miracle

C'est exactement ce que Nagui a fait, lors de cette année sombre : il s'est demandé ce qui comptait le plus dans sa vie, ce qui valait la peine de s'accrocher et de remonter vers la surface. Et ce « quelque chose », à quoi il s'est agrippé de toute sa force, ce n'était ni l'argent, ni la reconnaissance des gens du métier, ni la gloire acquise auprès du public, même si tout cela comptait aussi.

L'important, c'était l'amour. Celui de ses enfants, bien sûr, mais surtout celui de Mélanie, sa femme, avec qui il vit une passion hors du commun depuis leur rencontre en 2000, c'est-à-dire, justement, au moment où tout se mettait à aller de travers sans la vie professionnelle de Nagui.

Conscient de la chance qu'il a eue, il rend à son épouse un émouvant hommage : « Elle m'a connu dans ces moments de doutes. Mélanie est devenue mon pilier. Une personne possédant une lucidité et une psychologie à défier toute concurrence. Grâce à elle, je ne me fie plus aux apparences. Je ne juge que sur les actes. Elle m'a donné calmé. Elle m'a donné confiance en moi, m'a calmé. C'est la femme de ma vie et ma pote. »

Et le miracle s'est accompli. Même s'il n'oubliera jamais l'épreuve endurée, Nagui a trouvé en lui-même les ressources nécessaires pour revenir au premier plan... trouvé et pour ne pas décevoir la femme qu'il aime ! Et ce qu'on pourrait appeler « l'effet Mélanie » continue d'agir encore aujourd'hui.

« Je me suis remis au sport, j'ai arrêté le café, dont j'étais totalement dépendant. En fait, j'ai envie de plaire à Mélanie. »

Apparemment, c'est réussi !

Didier Balbec

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