France Dimanche > Actualités > Napoléon : Les dix secrets de l'empereur !

Actualités

Napoléon : Les dix secrets de l'empereur !

Publié le 19 juin 2021

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

Le 5 mai 1821 disparaissait Napoléon Bonaparte. Un bicentenaire qui nous donne l'occasion d'exhumer quelques indiscrétions à propos de notre icône nationale…

1 ASSIS SUR UN CANON

Enfant, le cadet de Charles et Maria Letizia Bonaparte passe son temps libre avec son frère aîné, Joseph, dont il est très proche. Le tempérament calme de ce dernier est à l'opposé du caractère fougueux et batailleur de Napoléon ! Habitué à participer aux bagarres qui opposent les garnements des différents quartiers d'Ajaccio – la ville corse où il a vu le jour le 15 août 1769 –, il est surnommé le « Ribulione », le perturbateur. Mais le jeune garçon peut aussi se faire contemplatif lorsqu'il arpente le bord de mer. Il adore se recueillir dans ce que l'on surnomme aujourd'hui la « grotte de Napoléon », au lieu-dit du Casone. Il lui arrive aussi de se poser sur un canon de la citadelle, érigée au xvie  siècle pour protéger la ville des attaques. Là, comme assis sur un trône, il fixe l'horizon et rêve sans doute déjà de conquêtes.


2 UNE CABANE EN BOIS POUR ÉTUDIER

En 1771, son père Charles Bonaparte voit sa noblesse reconnue par le roi de France. Pour soutenir ce train de vie, il agrandit et embellit la demeure familiale à Ajaccio en faisant construire, sur un emplacement acheté à des voisins, une terrasse. Ce papa soucieux de l'éducation de ses enfants y installe une petite cabane de bois afin de permettre au jeune Napoléon d'y étudier au calme. Dans ce qui est devenu son repaire, le garçon passe des heures à dessiner des alignements de fantassins ou de cavaliers et à réfléchir à toutes sortes de problèmes mathématiques. Plus tard, en 1788, à Auxonne (entre Dijon et Besançon), alors que Napoléon est devenu lieutenant au régiment de La Fère, les cours de son professeur de maths de l'école d'artillerie, Jean-Louis Lombard, consacrés à l'emploi des différentes charges de poudre, lui donnent le goût de cette arme. À l'époque, il est si passionné qu'il veut devenir artilleur.

3 UN GÉNÉRAL DE COURS D'ÉCOLE !

Le vainqueur d'Austerlitz fait ses classes au collège militaire de Brienne-le-Château, à côté de Troyes, où il arrive peu avant ses 10 ans. Élève brillant, il est néanmoins moqué par ses camarades à cause de son accent corse. Durant les récréations, il préfère organiser dans son coin des batailles rangées avec ses petits soldats de plomb plutôt que se mêler aux autres élèves qui le martyrisent… L'hiver 1783, très rigoureux, lui donne l'occasion de montrer à ses maîtres ses qualités de stratège tout en gagnant l'estime de ses camarades. Avec la neige tombée en abondance dans la cour, il construit une véritable citadelle pourvue de tranchées et livre à coup de boules de neige une bataille en règle à une autre classe. Un épisode qui impressionne ses professeurs qui voit déjà en lui un tacticien hors pair et un meneur d'hommes !

4 SA NOURRICE ADORÉE

De retour de ses campagnes d'Égypte, Bonaparte, qui est alors général, fait une halte à Ajaccio auprès de Camilla Ilari, sa vieille nourrice. Ému, il la prend dans ses bras, lui disant : « Que de chemin, j'ai fait ! » Remonté à bloc, c'est en sortant de chez elle qu'il décide de s'emparer du pouvoir, en 1799. Jusqu'à sa dernière heure, l'empereur s'est souvenu de cette femme. Très souvent, il parlait d'elle à ses compagnons de captivité à Sainte-Hélène. Il l'a même couchée sur son testament, sans savoir si elle était encore en vie.

5 ACCRO AUX PARFUMS !

L'empereur ne pouvait pas se passer d'eau de Cologne : il en consommait un flacon par jour et en raffolait au point d'en boire quelques gouttes avant chaque bataille ! Il en aurait découvert les bienfaits revigorants durant la campagne d'Italie, mais aurait surtout pris l'habitude de s'en frictionner lors des expéditions d'Égypte. Toute sa vie, il resta fidèle à cette lotion stimulante, au point de s'en faire fabriquer pendant son exil à Sainte-Hélène par son serviteur, le mamelouk Ali, avec des ingrédients trouvés sur place.

6 FOU DE BAINS

Napoléon Bonaparte attachait une attention toute particulière à son hygiène. Ne supportant pas la sueur, il pouvait changer de chemise sur le champ de bataille ! L'empereur adorait prendre des bains, parfois jusqu'à cinq fois par jour. Ses valets tenaient ainsi de l'eau chaude en permanence à sa disposition, même la nuit. Le matin, il se rasait lui-même et se lavait soigneusement le visage, les mains et les ongles. Quant à ses dents, qu'il avait très blanches, il en prenait soin chaque jour à l'aide « d'un cure-dents de buis et d'une brosse trempée dans de l'opiat », comme il l'indique lui-même dans ses Mémoires. Les brosses à dents de l'empereur, créées par l'orfèvre Martin-Guillaume Biennais, possédaient un manche en or et étaient garnies de poils de sanglier. Napoléon utilisait également un gratte-langue en argent afin d'avoir toujours une haleine irréprochable.

7 UN VIRTUOSE DES LETTRES ÉROTIQUES !

Napoléon a composé plusieurs essais mais également un torride roman d'amour intitulé Clisson et Eugénie, rédigé à l'été 1795. Alors quand, quelques mois plus tard, au lendemain de sa première nuit de passion avec Joséphine, il prend la plume pour lui écrire de brûlants mots d'amour, il n'hésite pas à employer des termes très crus. Ces lettres enflammées de Bonaparte à son impératrice viennent d'ailleurs d'être rééditées aux éditions Le Passeur sous le titre Vivre par Joséphine, voila l'histoire de ma vie, d'après une phrase extraite d'une des missives de l'empereur. « Ne te le lave pas, j'accours, et dans huit jours, j'arrive », lui avait-il écrit alors qu'il se trouvait en campagne ! Le mariage entre Napoléon et Joséphine n'a pas empêché le souverain de s'abandonner dans d'autres bras puisque les historiens lui attribuent plus d'une cinquantaine de maîtresses !

8 1 000 LIVRES EN VOYAGE !

L'empereur ne partait jamais en campagne sans sa bibliothèque portative constituée d'environ 1 000 ouvrages, choisis et classés par thèmes. Sans oublier ses flacons d'eau de Cologne et les bouteilles de chambertin, son vin préféré – qu'il buvait coupé d'eau sur la recommandation de son médecin, Jean-Nicolas Corvisart, à raison d'une demi-bouteille à chaque repas. Les Bourguignons prétendent qu'il aurait subi à Waterloo, le 18 juin 1815, son ultime défaite faute d'avoir pu boire le précieux élixir… Durant ces voyages sur tout le territoire, la voiture impériale transportait également des rôtissoires, de l'argenterie et de la vaisselle en porcelaine afin que les cuisiniers puissent dresser une table d'apparat où qu'ils se trouvent.

9 FAN DE RÉGLISSE !

Bonaparte cachait dans la poche de sa redingote une boîte contenant du tabac à priser – il adorait ça ! – et sa friandise préférée : la réglisse anisée, qu'il grignotait toute la journée et à laquelle il prêtait des vertus digestives. Un objet précieux qui fait aujourd'hui partie de la prodigieuse collection de Pierre-Jean Chalençon.

UN VRAI GOINFRE…

L'empereur est qualifié de « mangeur le plus rapide de l'histoire » par Philippe Costamagna, directeur du musée des Beaux-Arts d'Ajaccio qui est chargé d'ouvrir, pour 2024, le premier musée Napoléon dans la capitale corse. Si ses dîners ordinaires avec l'impératrice n'excèdent jamais vingt minutes (pour Charles de Gaulle, comptez quarante-cinq minutes !), c'est parce qu'il ingurgite les aliments à toute vitesse, sans prendre la peine de mâcher. Il ne s'interrompt que pour se rafraîchir d'une rasade d'eau glacée ou de son légendaire chambertin, le fameux vin de Bourgogne. Napoléon a le goût des plats simples, comme le poulet préparé rôti, à la provençale ou en fricassée. Son mets préféré reste le poulet Marengo, déglacé à l'huile et au cognac, avec des tomates, des oignons et des champignons. On dit aussi qu'il avait gardé une certaine tendresse pour les lasagnes de sa mère et les rougets grillés de Marguerite, la cuisinière de son enfance.

Valérie EDMOND

À découvrir

Sur le même thème