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Nathalie (Koh-Lanta) : Je suis une véritable miraculée !”

Publié le 9 mai 2018

INTERVIEW KOH-LANTA. Malgré les moqueries des autres candidats à son 
égard, Nathalie poursuit son brillant 
parcours aux Fidji…

Il y a dix ans, cette ancienne professeur de maths avait déjà vécu l’enfer aux Philippines. Cela ne l’a pour autant pas empêchée de retenter sa chance dans cette édition All Stars. Et même si elle n’aura pas été épargnée par les moqueries de certains candidats, la chef d’entreprise spécialisée dans la gestion administrative pour les sociétés, âgée aujourd’hui de 39 ans, ne regrette rien. Il y a en effet plus grave dans la vie. Elle qui a frôlé la mort peu de temps après son premier Koh-Lanta en sait quelque chose…

France Dimanche : Votre première participation à Koh-Lanta date de 2008. Que s’est-il passé dans votre vie depuis dix ans ?

Nathalie : À l’époque, j’étais encore célibataire, sans enfants, je vivais dans la banlieue nord de Paris, j’étais prof de maths… Et puis ma vie a pris soudain une tout autre tournure. J’ai d’abord rencontré Stéphane, mon chéri, dans une salle de sport. On m’avait présentée comme étant « Nathalie de Koh-Lanta », ça a forcément dû aider un peu… [rires]. Cette même année 2008, j’avais été sélectionnée par la production de l’émission pour participer au Choc des héros. Mais finalement, je n’ai pas pu y aller…

FD : Pour quelle raison ?

N : Trois jours avant le décollage, j’ai été victime d’un grave accident de moto dans Paris. J’avais rendez-vous chez ma mère, et quelqu’un a soudain ouvert sa portière de voiture, qui m’a heurtée de plein fouet. J’ai ensuite été propulsée sur la voie d’en face au moment où un camion arrivait. Je ne me souviens plus de rien, mais il paraît que j’ai tapé la calandre. Mon casque a littéralement explosé. Arrivée à l’hôpital, on a constaté les dégâts : les vertèbres et les cervicales touchées, la colonne vertébrale fracturée en plusieurs endroits. Quand ils me parlaient, les médecins ont préféré minimiser la gravité de l’accident. Ils avaient un tout autre discours avec mes parents, qui, du coup, étaient morts d’inquiétude. On leur avait dit qu’il y avait de grands risques que je finisse paraplégique ou tétraplégique. J’ai par chance évité ça.

FD : Comment s’est déroulée votre convalescence ?

N : J’ai dormi avec un corset durant trois mois. J’ai aussi dû retourner vivre chez mes parents pour qu’ils s’occupent de moi. C’est mon père qui me sortait du lit, ma mère qui me lavait… Je ne pouvais rien faire toute seule. J’ai encore aujourd’hui une plaque en titane avec des vis dans le dos. Je ressens toujours quelques douleurs par temps humide. C’est pourquoi mon médecin et mon kiné avaient quelques craintes quand je leur ai annoncé que je repartais à l’aventure. Ils avaient peur que je rencontre des problèmes en couchant par terre. C’est paradoxal, mais je crois que c’est moi qui ai finalement le mieux dormi sur l’île. Mais j’ai quand même pris des précautions dans certaines épreuves, notamment le parcours du combattant. J’évitais par exemple de sauter de haut. Cela dit, je n’en fais pas une excuse. J’avoue avoir été physiquement en dessous des autres filles, notamment Candice et Clémentine, ou même Clémence, qui ont été respectivement championnes de wakeboard, badminton et tennis. Malgré tout, j’ai tenu le coup et j’en suis fière.

FD : Avez-vous d’autres séquelles de cet accident ?

N : Oui, je ne peux plus plier l’index gauche. Les chirurgiens se sont tellement focalisés sur mon dos que le reste n’avait sur le coup pas trop d’importance. Personne ne s’y est attardé, et les os se sont reconsolidés tout seuls. Voilà pourquoi, comme vous pouvez le voir à la télévision, lors des épreuves, j’ai toujours ce doigt en l’air.

FD : Malgré tout, vous êtes quand même devenue l’heureuse maman de deux enfants…

N : Avant d’avoir Talia (6 ans) et Stélie (5 ans), j’avais fait trois fausses couches. On s’est évidemment demandé si c’était dû à mon accident. Les médecins m’ont surveillée de très près durant chaque grossesse. Le poids du bébé, à la fin, pouvait être un danger pour mon dos. J’ai eu mon premier enfant un an à peine après le drame. J’ai quand même de la chance dans mon malheur : je tombe enceinte assez facilement !

FD : Ce deuxième Koh-Lanta n’aura pas été de tout repos. Vous ne deviez pas vous attendre à être la cible de moqueries…

N : Je ne m’attendais évidemment pas à trouver un faux collier d’immunité [fabriqué par Javier, ndlr]. Mais je n’en veux à personne. La preuve, j’ai tous les jours Javier en ligne. Quant à Pascal, qui m’a notamment dit « Ta gueule ! » hors caméra, nous sommes devenus très copains. Ces deux-là sont sans doute ceux avec qui je m’entends le mieux aujourd’hui. Je préfère les gens qui vous disent les choses en face, plutôt que ceux qui parlent dans votre dos. C’est pourquoi, sur le camp, j’en ai beaucoup voulu à Cassandre et Yassin, que je pensais pourtant proches de moi, de ne m’avoir rien dit au sujet de ce collier. Ils n’ont à aucun moment pris ma défense.

FD : Votre famille n’a-t-elle pas été affectée de vous voir ainsi mise à l’écart ?

N : Heureusement, mes filles sont encore trop petites pour tout comprendre. Si elles avaient été adolescentes, ça aurait été sans doute différent. En revanche, cela a été beaucoup plus dur pour ma mère, parce que j’ai clairement été humiliée. Elle ne peut pas encadrer Pascal. C’est vrai que ce n’est pas évident de découvrir à la télévision en même temps que tout le monde ce que les autres candidats disent de vous lors des entretiens individuels devant la caméra. Nous nous étions toutefois mis d’accord, entre candidats, pour donner les grandes lignes de nos déclarations, histoire d’atténuer le choc éventuel.

FD : Vous êtes partante pour un troisième Koh-Lanta ?

N : J’ai fait le premier à 30 ans, et le
deuxième à l’aube de mes 40. Alors pourquoi pas un troisième dans dix ans !

Philippe CALLEWAERT

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