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Nathanaël de Rincquesen : Caroline lui a sauvé la vie !

Publié le 19 novembre 2019

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© BESTIMAGE Caroline et Nathanaël de Rincquesen

Il aura fallu sept mois au journaliste de France 2 Nathanaël de Rincquesen pour qu’il se confie sur sa terrible expérience.

En ce mercredi 1er mai, dans la capitale, alors que les syndicats rejoints par les « gilets jaunes » se préparent à manifester près de Montparnasse, Nathanaël de Rincquesen, le présentateur du journal de France 2 âgé de 47 ans, a déjà plusieurs heures de boulot derrière lui.

La nuit dernière, il s’est levé à 3 heures du matin pour aller travailler à Télématin comme il le fait chaque jour depuis onze ans. Et en cette fin de matinée, il ne rêve que d’une petite sieste. Mais son repos est de courte durée. Comme c’est souvent le cas chez les hyperactifs de son genre, seules une ou deux passées dans les bras de Morphée semblent leur suffire pour remettre la machine en route. C’est tout du moins ce qu’ils pensent…

Et Nathanaël n’échappe pas à la règle. Aussitôt debout, il charge dans sa voiture son sac de golf. Avec sa compagne et quelques amis, il a décidé de s’accorder en plein air un petit moment de détente.


Sur le green, le journaliste n’a pas démérité, et il est temps maintenant de se poser. La bande de joueurs décide de s’offrir un verre en terrasse. Il est 19 heures. En pleine discussion, il voit soudain les visages de sa compagne et de ses amis se figer brusquement. Soudain Caroline, la femme de sa vie, lui arrache de la bouche un biscuit apéritif. Elle a compris que celui qui riait encore aux éclats quelques instants plus tôt était en train de faire un AVC.

S’efforçant de garder son calme, elle appelle les secours. Ce qui aurait dû être une fin de journée placée sous le signe de l’amour et de l’amitié vire au drame. Le plus incroyable, c’est que l’intéressé ne comprend pas ce qui est en train de se passer. « Tout va bien, n’appelez pas les pompiers », dit-il sans se rendre compte de la gravité de la situation. Il a pourtant toute la partie gauche du visage qui s’affaisse et alors qu’il pense s’exprimer normalement ne sort de sa bouche qu’un gargouillis de mots incohérents. Dans l’ambulance, son état ne s’arrange pas. Une bonne moitié de son corps semble paralysée. Interloqué, il regarde sa main gauche qui refuse de se serrer.

Aux urgences, le malheureux est pris en charge immédiatement par les médecins qui pratiquent toutes sortes d’examens. Le scanner confirme qu’un caillot de sang bouche l’artère du cerveau, ce qui a causé l’infarctus cérébral. Il s’agit d’un AVC classique, sans hémorragie mais il n’y a pas une seconde à perdre. Une course contre la montre s’engage. Le corps médical décide de lui injecter une substance capable de dissoudre le maudit caillot qui prive d’oxygène les cellules de son cerveau. À chaque minute, 200 millions de neurones sont détruits.

Trois heures plus tard, le présentateur de France 2 est tiré d’affaire. Comme par miracle, il sent son corps reprendre vie. Sa main gauche bouge à nouveau ! Il est sauvé ! Il aura fallu sept mois pour que Nathanaël ose enfin raconter cette terrible expérience, qui a bien failli lui coûter la vie. Le temps de se remettre bien sûr, mais aussi le temps de comprendre car rien, selon lui, ne laissait présager qu’il allait ce jour-là frôler la mort. « Sur le coup, je n’ai ressenti aucune douleur, confie-t-il au Parisien. Ce qui rétrospectivement me donne des frissons : j’aurais pu être chez moi allongé dans le canapé et ne me rendre compte de rien. L’AVC touche tout le monde même à 20, 30 ou 40 ans. »

Il a eu beaucoup de chance que Caroline, ait su réagir en conséquence. Car hélas, deux victimes sur trois arrivent trop tard à l’hôpital. Dès les premiers symptômes : le visage paralysé, la bouche qui se tord ou encore un membre qu’il ne répond plus, sans oublier les troubles de la vue et de l’élocution, il faut appeler le 15 en urgence. 140 000 personnes en sont victimes chaque année.

« Aujourd’hui, je prends des médicaments anticoagulants, à vie », confesse-t-il. Les médecins lui ont aussi recommandé de se ménager. « Avec deux conseils, précise-t-il. Arrêter de me lever à trois heures, et donc, Télématin, et simplifier mes trajets quotidiens. Désormais, je dors le matin. J’arrive au bureau à 14 h 30. ». Il anime désormais la tranche info du soir sur France Info de 21 heures à minuit… Mais il promet qu’au moindre signe de fatigue, il dira stop. « Là, j’ai grillé mon joker. Donc, je ne vais pas jouer au casse-cou »… déclare en toute lucidité le rescapé. Une sage résolution.

Valérie EDMOND

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