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Nayah : “Je surnomme Céline Dion ma jumelle !”

Publié le 25 janvier 2019

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© Etienne Clotis Nayah

Sosie officiel de l’artiste québécoise depuis bientôt vingt ans, Sylvie Mestres, de son vrai nom, nous parle de son métier et de sa vie. Rencontre.

Elle chantait Je veux donner ma voix, sur la scène de l’Eurovision en 1999. La même année, cette Perpignanaise se mettait pour la première fois dans la peau de Céline Dion. Depuis, Sylvie Mestres, alias Nayah, est devenue le sosie officiel de la star. Physique, tenue vestimentaire, technique vocale ou accent canadien, celle dont l’imitation de l’artiste québécoise a impressionné Garou ne laisse rien au hasard. Rencontre avec « la jumelle » de la diva d’outre-Atlantique.


France Dimanche : Cela fait longtemps que vous endossez le rôle de Céline Dion…
Nayah : Cela fait quasiment vingt ans ! On m’a souvent dit que je ressemblais à Céline, mais, pour moi, tout a commencé en 1998. Après m’être mariée et avoir eu mes enfants, j’ai décidé d’envoyer une cassette à la Rose d’or d’Antibes [un concours de chansons francophones, ndlr]. Comme Céline, un René est alors venu bousculer ma vie : le producteur et chef d’orchestre René Coll. Quelque temps après, il m’a appelée pour me proposer de tenter ma chance à l’Eurovision. C’est là que je découvre pour la première fois la chanson Je veux donner ma voix [vendue à 400 000 exemplaires, ndlr]. Hélas, je suis passée à côté du podium. Mais on me prévient alors qu’un producteur américain a vu ma prestation et souhaite m’engager en tant que sosie de Céline Dion. Après une audition, il me fait signer un contrat de cinq ans. Fin 2002, je décide malgré tout de rentrer en France. Comme Céline, je suis très famille, et mes enfants me manquaient trop. Et là, je rencontre l’agent spécialiste des sosies, Jean-Claude Marvié, qui me dit : « Si tu es capable de faire un show de quarante-cinq minutes en tant que Céline Dion, je t’engage ! ». Depuis cette époque, je travaille avec lui !

FD : Comment parvient-on à imiter l’artiste québécoise ?
N : C’est beaucoup de travail ! Même au bout de vingt ans, je continue d’apprendre chaque jour. Déjà, on se ressemble beaucoup physiquement, mais aussi au niveau du caractère. Je la surnomme « ma jumelle ». Avant de devenir le sosie de Céline Dion, je n’avais pas exploité toute ma capacité vocale. Les médiums étaient mon point faible. En travaillant le personnage, j’ai modifié ma façon de chanter. Quand je chante en tant que Nayah, je chante plus « large ». Quand je chante en tant que Céline, j’insiste sur les fioritures et les notes qui s’entrechoquent. Et comme c’est un exemple pour beaucoup, et qu’elle ne cesse d’évoluer vocalement, c’est un travail quotidien. Au niveau de sa gestuelle et de son accent, j’ai regardé beaucoup de vidéos et d’interviews. En tant que Française, ce n’était pas facile de prendre l’accent canadien en anglais ! Au début, j’apprenais par cœur des phrases qu’elle répète souvent. Récemment, je me suis également mise à porter des faux cils sur scène comme mon modèle. Cependant, je n’en fais pas trop. Physiquement, j’essaie de ressembler à la Céline plébiscitée par les fans. Le style qu’ils préfèrent, c’est la tendance glamour. Ça tombe bien, car c’est celui qu’elle adopte actuellement !

FD : Avez-vous eu des retours de la star sur votre travail ? 
N : Il y a quelques années, j’ai participé à l’émission Un dîner presque parfait en tant que sosie de Céline Dion. La présidente de son fan-club au Canada m’a fait savoir qu’elle avait vu l’émission ! Tant mieux, car ça m’avait demandé énormément de travail. Je viens de Perpignan et j’ai dû cuisiner des spécialités québécoises ! Et récemment, j’ai rencontré son grand ami Garou. Alors qu’on participait tous deux au tournage de la nouvelle émission de M6 Together – Tous avec moi, qui sera diffusée prochainement, il m’a dit : « Ah ouais, ça le fait ! » C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire. Je lui ai fait un gros bec [expression québécoise qui signifie une bise, ndlr]. Il était impressionné. Plus tard, il m’a aussi dit que j’avais les mêmes yeux que Céline !


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FD : En janvier 2016, Céline perdait son mari. Cette année, elle a eu des problèmes de voix. Comment vivez-vous les épreuves qu’elle traverse ?
N : Je n’ai jamais rencontré Céline mais je connais très bien sa vie. Lorsque René est mort, j’ai pu ressentir et comprendre son chagrin. C’est l’homme qui a bouleversé son existence, le père de ses enfants. Ce qui est très curieux au niveau de sa voix, c’est que j’ai eu les mêmes soucis que Céline il y a quelques années. En 2012, je venais de sortir ­l’album Je suis, et j’enchaînais les concerts. À force, ma voix s’est brisée, et j’ai dû passer sur la table d’opération.

FD : N’est-ce pas trop difficile de passer d’un personnage à l’autre ? 
N : Au bout de vingt ans, ça ne me pose plus aucun problème. Mieux encore : j’en joue ! Lorsque je change mon accent du Sud pour l’accent québécois, dans une même phrase, cela plaît aux gens !

FD : L’année prochaine, vous sortez un nouveau disque sous le nom de Nayah. Est-ce que vous pensez que la polémique autour du mouvement raëlien (une secte fondée en 1974 par le Français Claude Vorilhon), dont vous avez fait partie, a été un frein à votre carrière ?
N : Je suis sûre que cela a pesé sur ma carrière. Au lendemain de l’annonce de ma participation à l’Eurovision, mon agent de l’époque m’a montré un communiqué de presse en me disant que j’étais foutue ! Cette affaire est pourtant née d’une rumeur et d’un divorce compliqué. À l’époque, on m’a déconseillé de m’expliquer. Pour mes vingt ans de carrière en tant que Céline Dion, je souhaite publier un livre dans lequel je donnerai ma version de l’histoire. J’espère que ceux qui m’ont attaquée comprendront enfin qui je suis et à quel point j’ai été victime de discrimination. Je travaille également sur un nouvel album que j’aimerais intituler Une seconde chance. Ça résume tout ce que j’ai vécu. J’ai envie de soulever les cœurs et les consciences.

FD : Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la nouvelle année ?
N : Mon vœu, ce serait évidemment de faire un duo avec Céline Dion !

Julia NEUVILLE

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