France Dimanche > Actualités > Nicola Sirkis : Accusé du pire par son frère !

Actualités

Nicola Sirkis : Accusé du pire par son frère !

Publié le 15 avril 2019

Christophe reproche au leader d’Indochine Nicola Sirkis de n’avoir pas sauvé son jumeau de l’enfer de la drogue.

On choisit ses amis, pas sa famille. Cette phrase a sans doute souvent trotté dans la tête de deux frères qui ne peuvent plus se voir, même en peinture, car ils risqueraient de déchirer la toile. Depuis que Caïn et Abel ont montré l’exemple, ils ne sont certes pas les premiers à se lancer dans une guerre fratricide, dont les blessures ne cicatrisent jamais vraiment. Mais si leur histoire est devenue médiatique, c’est que l’un de ses protagonistes n’est autre que Nicola Sirkis, le leader d’Indochine, qui remplit des stades et a vendu des millions de disques depuis les années 80.

L’objet de leur querelle, vieille de plus de vingt ans, n’est autre que le troisième élément de leur fratrie, Stéphane, disparu en 1999 après avoir trop longtemps fréquenté les paradis artificiels. Jumeau de Nicola et membre fondateur du groupe, il avait à plusieurs reprises tenté de sortir de l’enfer de la drogue, en vain. Et depuis son décès, l’aîné du clan, Christophe Sirchis (la véritable orthographe de leur nom de famille), âgé de 61 ans, conteste les circonstances officielles de la mort de son cadet.

Dans un livre, Starmustang, sorti en 2009, il donnait déjà sa version des faits : Stéphane n’aurait pas succombé à une « hépatite fulminante », comme l’affirme Nicola, mais à une overdose. Dans ce même ouvrage, l’auteur allait encore plus loin dans ses accusations, expliquant que le véritable leader d’Indochine n’aurait pas hésité à sacrifier Stéphane sur l’autel de sa notoriété. Des mots très durs et une charge très grave qui a fait exploser la famille. Les relations entre les deux frères sont devenues plus que délicates, et chacun d’eux défend sa vérité par journaux interposés.

Ainsi, le 9 décembre, quelques jours avant l’apothéose de la grande tournée d’Indochine, Le Parisien avait brossé un portrait du leader du groupe mythique. Le quotidien avait notamment recueilli le témoignage de Dimitri Bodianski, ex-­saxophoniste et clavieriste de la formation, qui volait au secours de son ancien leader : « Nicola n’a pas baissé les bras face à son frère, expliquait-il. Ça l’a tué de le perdre. Il y a une partie de lui qui est morte ce jour-là. Et puis, quand Nicola se fixe un objectif, il l’atteint. Sauf quand il a voulu sauver Stéphane. »

Dans ce même article, la star plaidait sa propre cause : « La dernière chose qu’il m’ait dite c’est : “J’ai été jusqu’au bout de là où je voulais aller”, confessait-il. Vous n’imaginez pas tout ce que l’on a fait, avec ma mère, pour tenter de l’en sortir. Il ne voulait pas s’en sortir. Des dealers appelaient directement les studios d’enregistrement. Un moment tu te dis : “C’est ta vie ou la sienne.” À l’époque, j’ai vu des psys qui m’ont dit : “Pensez à vous.” » 

Nicola aurait donc fini par baisser les bras, s’avouant impuissant face à la force des démons qui s’étaient emparés de l’esprit de son frère. Mais en aucun cas il n’a oublié son jumeau. La preuve ? Dans son dernier album, l’artiste lui a dédié une chanson en forme de prière, J’aimerais te voir guérir.

Cette belle et triste histoire, l’on s’en doute, n’a pas du tout convaincu Christophe, qui a demandé à exercer un droit de réponse dans Le Parisien. Son texte a été publié le 25 mars dernier dans le quotidien. Expliquant d’abord que, contrairement à ce qui avait été écrit dans l’article sorti en décembre, il n’éprouve aucune rancune envers Nicola, Christophe tient ensuite à mettre les points sur les i : « J’estime que Nicola n’a pas aidé Stéphane comme il est prétendu, écrit-il. Stéphane s’en est souvent et très précisément ouvert à moi ainsi qu’à notre père à qui il est venu demander de l’aide dès 1993. J’ai constaté qu’il vivait dans une situation très précaire au regard des revenus du groupe Indochine et de son chanteur. Les compositions de Stéphane, pourtant de qualité, étaient rarement acceptées […] À nos tentatives de mettre en place une protection contre les dealers et un protocole thérapeutique sérieux, on nous opposait que cela coûterait une fortune et que Stéphane n’avait pas d’assurance maladie. »

Plus loin, il revient sur la fin tragique de son frère : « Il est mort le 27 février 1999 non pas d’une hépatite fulminante comme cela a été maintes fois publié, mais d’une overdose constatée par l’urgentiste de l’hôpital Saint-Antoine. J’ai été informé plus tard que le geste aurait été volontaire après une période de convalescence totalement sobre. »

Qui dit vrai dans ce drame ? Nous ne la saurons peut-être jamais. Ce qui est sûr, c’est que les deux frères désormais ennemis, s’en voudront pour toujours de n’avoir rien pu faire pour prévenir la chute tragique de Stéphane…

Claude LEBLANC

À découvrir