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Nicolas Bedos : Dans l'enfer de la dépression

Publié le 27 février 2015

Nicolas Bedos est revenu sur un épisode tragique de sa jeunesse, lorsqu'il était sujet à des troubles obsessionnels compulsifs et qu'il a été victime d'une longue dépression. Un mal qui a bien failli le priver de tous ses talents...

De prime abord, Nicolas Bedos paraît plus sûr de lui que pas assez. Et pourtant, dans un entretien accordé à Psychologies Magazine, l'acteur est revenu sur sa mue surprenante, d'enfant "gâté et choyé", empreint de timidité, à la grande gueule qui s'affiche sur le plateau de "On n'est pas couchés". L'acteur évoque notamment un épisode particulièrement sombre de son adolescence, lorsque son "système nerveux était déjà très encombré".

À l'âge de 12 ans, l'écrivain commence à être sujet à des troubles obsessionnels compulsifs, ces fameux TOC, qui deviennent de plus en plus handicapants. À 16 ans, Nicolas porte des gants en classe, se lave cinq fois par jour, désinfecte son bureau, ne supporte pas le contact avec les autres, recompte et vérifie tout trois fois. À vingt ans, la consommation excessive de psychotropes et les doutes qui assaillent le jeune homme le plongent dans l'enfer de la dépression. Le futur dramaturge ne peut plus penser, ni parler. "Moi qui rêvais de devenir écrivain, j'ai soudain focalisé sur l'idée, obsédante et irrationnelle, que mon cerveau était brûlé", explique celui qui s'est improvisé humoriste.

J'étais devenu fou

Dans l'impasse, le comédien n'imagine pas pouvoir s'extirper de cette situation délicate, qui aura duré quatre ans. "J'étais devenu fou", raconte Nicolas Bedos. "Quand je suis arrivé à la télé pour faire ma première chronique, les gens n'ont vu que le type arrogant, très à l'aise, mais pour mes proches et moi, ça relevait du miracle : quelques années plus tôt, j'avais encore du mal à m'exprimer dans un dîner", relate-t-il, fier d'avoir "étranglé ses démons".

Si l'écrivain a finalement réussi à surmonter cette épreuve, il le doit "au temps, à l'amour d'une femme, et aux médicaments". Sans eux, Nicolas Bedos admet bien volontiers qu'il ne s'en serait pas sorti. "Je suis agacé quand je vois certains amis sombrer tout en refusant d'être traités. Le pire des poisons, c'est la dépression, pas l'antidépresseur !", s'exclame-t-il. Pour lui, cela semble avoir fonctionné.

Raphaël Marchal

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