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Nicolas Peyrac : “C’est mon frère qui m’a annoncé ma leucémie”

Publié le 18 octobre 2013

Un album de duos et un livre de sou- venirs… Le chanteur, qui a découvert sa �maladie en 2012, a décidé de prendre un nouveau départ.

En bientôt quarante ans de carrière, l’inoubliable interprète de Et mon père a sorti une vingtaine d’albums. Il est de retour aujourd’hui avec Et nous voilà ! (Wagram), un disque inédit de duos avec, entre autres, Emmanuel Moire, Julie Zenatti, Bénabar, Sofia Essaïdi ou encore Serge Lama. Au même moment, il publie So far away, un certain 21 mars (aux éditions de L’Archipel), un livre dont il va reverser une partie des recettes à l’association Laurette Fugain. Et ce n’est pas par hasard…

France Dimanche (F.D.) : Pourquoi avez-vous choisi de faire un album de duos ?

Nicolas Peyrac (N.P.) : C’est mon ami manager et producteur Mathieu Johann [ancien candidat de la Star academy, ndlr] qui a insisté pour que je le fasse. Semaine après semaine, il m’appelait au téléphone pour m’annoncer que tel ou tel artiste désirait chanter avec moi. Pour la plupart, je ne les connaissais pas avant. Toutes ces rencontres ont été magiques. Il n’y avait guère que Serge Lama de qui j’étais proche puisqu’il avait accepté que je tourne avec lui, en première partie, dans les années 70. Ce duo était donc une occasion unique de lui dire merci pour cette main tendue il y a si longtemps.

F.D. : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire, à 64 ans, une autobiographie ?

N.P. : Je dirais qu’il s’agit plutôt d’un livre qui consigne une succession d’anecdotes qui ont marqué mon existence. Des souvenirs aussi bien heureux que dramatiques. Comme ce fameux 21 mars…

F.D. : Que s’est-il passé ce jour-là ?

N.P. : Ce jour-là, le 21 mars 2012, mon frère médecin m’a annoncé une terrible nouvelle. Il devait être midi, j’étais assis dans mon bureau quand il a débarqué avec sa tête des mauvais jours. Et pour cause, il venait de recevoir le résultat de mes analyses sanguines. Sans y aller par quatre chemins, il m’a appris que j’avais une leucémie.

F.D. : Quelle a été votre réaction ?

N.P. : Sur le coup, j’ai eu la sensation de me vider, comme si quelque chose m’aspirait de l’intérieur. Puis il m’a aussitôt rassuré en précisant qu’il s’agissait heureusement d’une leucémie lymphoïde chronique (LLC), la forme la moins agressive de ce cancer, avec laquelle on peut vivre des années sans subir de traitement. Du moins tant qu’il n’y a pas de masse tumorale. Il n’empêche que, même si mes six années d’études en médecine m’aident à relativiser, ça m’a mis un coup. D’autant plus que ma mère est morte en 1977 de cette maladie. J’ai donc quand même une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je vais devoir surveiller ça, à raison d’une analyse sanguine annuelle.

F.D. : Quelle a été la réaction de vos proches ?

N.P. : J’ai tenté de ne pas les affoler, tout en restant le plus clair et le plus honnête possible. Pascale [sa compagne depuis plus de vingt ans, ndlr] et moi avons décidé de tout raconter à Sarah, notre fille de 10 ans. Nous lui avons toujours tout dit. C’est ainsi qu’elle sait également tous les détails concernant son adoption quand elle avait 20 mois. Elle regarde d’ailleurs souvent la vidéo que j’ai faite quand nous sommes allés la chercher dans son orphelinat, en Chine.

F.D. : Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

N.P. : C’était un moment magnifique, inoubliable. Pour autant, les premiers jours entre elle et moi n’ont pas été évidents. Je ne pouvais pas l’approcher. Ma barbe et ma grosse voix lui rappelaient peut-être des choses désagréables. Depuis, ça va mieux heureusement. Sarah est la plus belle chose qui me soit arrivée ces vingt dernières années. Avec ma fille aînée Amanda [issue d’une première union, ndlr], 37 ans, je sens que nous sommes en train de nous rapprocher de plus en plus. Je n’ai certes pas été souvent à ses côtés durant son enfance, mais je pense qu’elle commence à me le pardonner. Les deux sœurs se sont rencontrées pour la première fois l’an passé. Il m’aura fallu l’arrivée de Sarah pour que je prenne conscience du bonheur d’avoir deux filles…

Propos recueilli par Philippe Callewaert

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