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Nicolas Sarkozy : Si proche d’Emmanuel Macron !

Publié le 14 septembre 2019

L’actuel chef de l’État témoigne d’une amitié quasi filiale pour son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

C’est bien connu, politique et amitié font rarement bon ménage ! La faute aux ambitions personnelles et aux rivalités intestines qui bien souvent minent les rapports entre les prétendants au pouvoir et les titulaires de celui-ci. Il est pourtant quelques exceptions à la règle, dont fait partie la relation qui unit depuis quelques années déjà ces deux « lions » que sont Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. Deux hommes que pourtant tout semble a priori séparer !

Le premier, un impulsif au franc-parler légendaire, est tombé dans la marmite depuis qu’il est en âge de voter, poussant dès 19 ans la porte de la permanence du très gaulliste parti de l’UDR. Fidèle à la droite, il a gravi une à une toutes les marches, jusqu’à la plus haute, devenant président de la République en 2007.

Le second, réfléchi et habile orateur, a été inspecteur des finances, puis banquier avant de rejoindre en 2012, l’équipe de François Hollande, d’abord comme secrétaire général adjoint puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique avant de fonder son propre parti, En Marche ! avec le succès que l’on sait.

Le fait qu’Emmanuel Macron n’appartienne pas à la même mouvance que lui n’a jamais gêné Nicolas Sarkozy. Ce n’est en effet pas ce détail qui va l’empêcher d’admirer l’homme et sa volonté de réformer la France : « Macron, c’est moi en mieux », aurait-il même confié, ainsi que le rapportait le Canard enchaîné en 2017 !


Mais leur amitié dépasse de loin les considérations politiques. En effet, si l’ancien maire de Neuilly est très attaché à l’actuel chef de l’État, c’est aussi parce que ce dernier a eu pour lui des attentions dignes d’un ami, pour ne pas dire d’un frère !

Souvenez-vous, en novembre 2016, les résultats de la primaire de la droite et du centre tombaient, reléguant Nicolas Sarkozy à la troisième place derrière Alain Juppé et François Fillon. Une défaite longtemps restée en travers de la gorge de celui qui espérait bien revenir sur le devant de la scène.

En organisant un dîner à l’Élysée, en compagnie de leurs épouses respectives, Carla et Brigitte, trois semaines seulement après avoir été élu chef de l’État, Emmanuel Macron a montré à Nicolas Sarkozy en quelle haute estime il le tenait. Ce qui, cela va sans dire, est allé droit au cœur de l’ex-président !

Mais c’est à une autre occasion, plus intime, et surtout plus tragique que le leader d’En Marche a prouvé toute l’amitié qu’il portait à son prédécesseur.

En décembre 2017, en effet, Nicolas Sarkozy perdait sa mère adorée, Andrée Mallah, dite Dadu. Femme de caractère, celle-ci avait élevé seule ses trois fils, son mari ayant quitté le foyer peu après la naissance du dernier. Elle a toujours entretenu avec Nicolas une proximité particulière.

Une façon de le préserver des piques de son père, Pal Sarkozy ? En effet, ce dernier n’a jamais été tendre avec son cadet, tantôt le rabaissant, tantôt le traitant avec une indifférence glacée, comme en témoigne cette remarque à propos de son fiston : « Il est tout petit, il tient de Dadu. Pour faire de la politique, il faut avoir des complexes, Nicolas en a beaucoup. »

À l’extrême inverse de son ex-époux, Andrée, elle, a toujours encouragé son rejeton à aller au bout de ses ambitions. Et n’a jamais caché sa fierté de le voir accéder au plus haut sommet du pouvoir… On l’a aperçue à son côté, dans les meetings, et même lors d’un voyage officiel en Chine ! Et puis Dadu adorait Carla : « Elle réunit un nombre de qualités assez exceptionnelles », confiait-elle.

Même si 93 ans sont un âge honorable pour tirer sa révérence, perdre ce pilier, cette source infinie d’amour, sa « reine », comme l’appelait son fils chéri, a été un véritable crève-cœur. D’autant qu’hormis les siens, ils étaient peu à le soutenir dans son chagrin ! À commencer par ces deux rivaux aux primaires ! Un silence qu’il évoque d’ailleurs avec amertume dans son dernier ouvrage Passions (éditions de l’Observatoire) paru en juin dernier : « Juppé et Fillon ne m’ont pas écrit un mot ! »

C’est dans la peine qu’on reconnaît ses vrais amis, dit le dicton. L’ancien chef de l’État a eu l’occasion de le vérifier. Dans cette assourdissante solitude, une main lui a été tendue : celle d’Emmanuel Macron, qui, sitôt qu’il a appris le décès de Dadu, a aussitôt adressé ses condoléances à son fils. Et qui, mieux encore, a fait envoyer deux motards pour escorter le cercueil du funérarium à l’église de Neuilly !

Des gestes qui ont particulièrement touché Nicolas Sarkozy, au point d’ailleurs de les mentionner dans son livre.

Ces deux-là ont beau ne pas se tutoyer, cela ne les empêche pas d’avoir des rapports « très cordiaux et très confiants », comme il l’écrit. Et il n’y a aucune raison que cela s’arrête…

Lili CHABLIS

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