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Nicoletta : “Je n’ai pas le droit de me plaindre !”

Publié le 28 avril 2020

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© BESTIMAGE Nicoletta

À 75 ans, Nicoletta sait qu’elle fait partie des personnes les plus exposées au virus. Pourtant, elle ne perd ni sa fougue ni son optimisme.

Comme la moitié de la population mondiale, la chanteuse est aujourd’hui confinée chez elle, à Paris, loin de son fils unique, Alexandre, âgé d’une quarantaine d’années et qui a quitté le nid depuis pas mal de temps, mais bien auprès de son époux Jean-Christophe, ainsi que de Léo, leur petit shih tzu. Nous avons contacté cette fidèle de longue date de notre magazine afin de prendre de ses nouvelles et lui témoigner toute notre affection.

France Dimanche  : Bonjour très chère Nicole, comment allez-vous ?
Nicoletta : Bien, merci. Là, voyez-vous, je viens de me faire un joli brushing et je m’apprête à réaliser une petite vidéo, commandée par le ministère de la Culture, afin que les artistes encouragent tout le monde. Une très belle initiative, je trouve. Pour ma part, je vais chanter a cappella le début de ma chanson Les Volets clos : « Fermons la fenêtre et laissons les volets clos. À quoi bon se lever ? Ce matin n’ouvrons pas les rideaux, et restons couchés bien enlacés. Fermons la fenêtre et laissons les volets clos. Tant pis pour le patron. Mes yeux dans tes yeux si bleus si beaux, passons la journée à la maison… » Quelques mots afin de donner aux gens force et courage pour tenir bon. Leur dire qu’on pense très fort à eux, qu’on est tous dans le même bateau, qu’on va y arriver. Mais pour ça, soyons sérieux surtout, restons chez nous !

FD  : Vous êtes toujours à Paris ?
N : Oui. On devait partir à la campagne, dans la propriété de famille de Jean-Christophe pour profiter des bois, de l’étang, du grand air… Mais on n’y est pas allé, et heureusement ! On allait filer le lundi, lorsque le président Macron a dit : « Tout le monde à la maison ! » Du coup, on est resté, et on n’est pas plus mal ici vous savez, on a nos petites habitudes. On range les placards, on a commencé le grand ménage de printemps, tout ce qu’on n’a pas le temps de faire d’ordinaire.


FD  : Vous êtes tous les deux ?
N : Bien sûr ! Jean-Christophe, qui est très doué en cuisine, me prépare de super petits plats. Nous mangeons très sainement, beaucoup de salades, de légumes, de fruits. Et puis, j’ai pris une grande résolution ! Quelque chose que je mûrissais depuis longtemps, mais, cette fois, ça y est… J’ai attaqué ce matin ma première séance de gymnastique suédoise ! Des étirements, de bonnes respirations, des abdos-fessiers, tout ça répété dix ou vingt fois tous les jours. Et je suis très motivée. De toute façon, c’est obligé, car on ne marche plus beaucoup. On fait les courses et on promène le chien à tour de rôle. Mais, on essaie de rester au maximum chez nous et de ne sortir qu’en cas de vraie nécessité. On est très sérieux. Et quand on rentre, on enlève nos masques et nos gants, on vaporise nos chaussures à l’alcool à 90 °, et on nettoie les pattes du chien. Surtout, on garde le moral, en se disant qu’il y a tant de gens qui souffrent, qu’on n’a vraiment pas le droit de se plaindre.

FD  : Ce virus vous effraie-t-il ?
N : Bien sûr ! Comment ne pas avoir peur, surtout à mon âge ! Je fais partie des personnes très à risque. Donc, non seulement je fais très attention et aussi je montre l’exemple, c’est important. C’est notre rôle, à nous, les artistes ! Et puis, je suis heureuse de voir à quel point les relations se renforcent, tous les amis nous appellent ou nous envoient de gentils petits messages de soutien. Il y a des côtés magnifiques dans tout ça, plus d’humain, ce qui réchauffe le cœur et donne de l’espoir. Allez, patientons encore quelques semaines et nous retrouverons des jours meilleurs. Avec une nature qui refleurit, des dauphins qui sont de retour, les oiseaux qui chantent à nouveau… J’espère d’ailleurs que la jeunesse prendra la mesure de tout ça et en tirera de vraies leçons. Mais, j’ai confiance.

FD  : Vous êtes toujours très optimiste !
N : C’est ma nature, que voulez-vous ! Et il en faut des optimistes comme moi pour redonner espoir et bonne humeur aux gens. Je suis sûre qu’après ce danger épouvantable il y aura de belles réflexions. Beaucoup d’humanité va ressortir de tout ça, j’y crois. En attendant, avec JC, on prend notre mal en patience… Après vingt-neuf ans de vie commune, on se supporte toujours et on ne s’est pas encore disputés ! [Rire.] On souhaite surtout plein de courage et d’espoir à tout le monde, et en particulier aux lecteurs de France Dimanche !

Caroline BERGER

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