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Nicoletta : Obligée de vendre sa maison !

Publié le 24 novembre 2021

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La chanteuse qui fête ses 50 ans de carrière est habituée à traverser bien des tempêtes. Une vraie résiliante !

Les 4 et 7 novembre derniers, elle était sur la scène du Lido à Paris avant de sortir, 12 jours plus tard, Amours & Pianos, un nouvel album intimiste dans lequel Nicoletta revisite quelques-uns de ses plus grands tubes et nous livre des chansons inédites… À 77 ans, cela fait cinquante ans que cette énergique artiste à la voix rocailleuse nous enchante ! Presque un demi-siècle d'un parcours mené à la manière d'une amazone attaquée sur tous les fronts et qui, chaque fois, se relève et reprend le combat.


« J'ai appris à me gérer très tôt puisque je n'avais pas de père et que ma mère était déficiente mentale, vient-elle de confier dans Paris Match. […] Donc oui, je suis téméraire et j'ai une force de vie importante depuis mes huit jours de coma à 20 ans [après une tentative de suicide, ndlr]. Quand on passe par une expérience de mort imminente à cet âge-là, ça laisse des traces. Mais après cette épreuve, c'est “à nous deux la vie”. Je me suis prise par la main. J'ai balayé toutes mes souffrances. Et j'ai chanté. »

En 1967, la petite Savoyarde débarque à l'époque des yé-yé et des reprises de standards américains, mais « Nico » préfère interpréter des chansons bien de chez nous. Bingo ! En quatre ans, elle publie quatre albums qui se vendent comme des petits pains et fait même, en 1968, une grande tournée en première partie de Johnny Hallyday !

Douze ans plus tard, la « Nicoletta mania » prend pourtant un tour bien différent… « Au début des années 80, Eddie Barclay vend sa boîte et je me suis retrouvée sans maison de disques, a encore expliqué l'interprète de Mamy Blue. Il s'était préoccupé du sort de ces messieurs, comme Eddy Mitchell ou Bernard Lavilliers, mais moi j'étais à la rue. Alors j'ai produit un disque moi-même qui m'a coûté une fortune. Mais je ne le regrette pas. C'est à ce moment-là que j'appelle Jean-Loup Dabadie, qui m'a écrit Un homme en une nuit. »

Hélas, l'oiseau chanteur va de nouveau tomber de son nid au tournant des années 90… « Mort Shuman m'avait embarquée dans son opéra rock sur Paris, j'avais annulé 80 concerts pour le faire. Et puis un jour, Europe 1 a arrêté de le suivre, tous les partenaires l'ont lâché et le projet a coulé. J'ai dû chanter sur des bandes orchestres en discothèques pour pouvoir bouffer. J'ai vendu ma maison pour payer 650 000 francs d'impôts. Mais je n'ai rien dit à personne. Quand on trébuche, on a l'impression de voguer avec le vent mauvais… »

Pour son malheur, le « vent mauvais » va de nouveau souffler sur la chanteuse qui, sept ans plus tard, voit son projet d'album gospel tué dans l'œuf par BMG, sa maison de disques.

Les décideurs lui ont en effet préféré une certaine Carole Fredericks, épaulée par Robert et Jean-Jacques Goldman.

Pour consoler l'interprète des Volets clos, on lui propose de sortir un disque entièrement écrit par son ami William Sheller. Mais cette fois encore, le sort s'acharne : « Le P.-D.G. s'est fait virer en plein mixage dudit album, s'est aussi souvenue l'artiste. Et on nous a priés d'en finir au plus vite. Ce disque est sorti non mixé. Je sais que William en est toujours meurtri. »

À croire que la carrière de cette battante n'est qu'un sinueux chemin de croix ! Or justement, Nicole Grisoni, son vrai nom, va alors délaisser les circuits traditionnels pour chanter avec un chœur gospel dans des lieux consacrés : « J'ai produit moi-même les concerts en contactant les églises. Florent Pagny a repris Oh Happy Day au même moment et m'a invitée dans une émission de télé. L'affaire était lancée. »

Et depuis vingt-cinq ans, grâce à sa formidable énergie, elle ne s'est jamais arrêtée !

Clara MARGAUX

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