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Norbert de Top chef : "Mon père m'a abandonné quand j'étais petit"

Publié le 3 mai 2012

C'est sans doute le candidat qui suscite le plus de réactions. En bien ou en mal. Il nous raconte la blessure à l'origine de son comportement actuel.

Avec sa hargne et son langage fleuri, Norbert affiche une personnalité hors du commun. Une identité qu’il assume et qu’il revendique chaque semaine dans Top chef. Mais, sous sa carapace, ce battant cache quelques failles qui expliquent bien des choses… Alors qu’il vient de se qualifier pour les demi-finales de l’émission, l’homme de 31 ans a accepté de lever le voile sur son passé. Une histoire touchante…

France Dimanche (F.D.) : Depuis le début de l’émission, vous ne cessez de rappeler votre parcours d’autodidacte. Pourquoi une telle insistance ?

Norbert : Parce que c’est mon identité. Je souhaite souligner le fait qu’en partant de rien, on peut accomplir de grandes choses ! Car quand on n’a rien à perdre, on n’a peur de rien et on ne se fixe aucune limite. Face à moi, je n’ai plus que des candidats qui ont fait de grandes écoles de cuisine. Moi, je me suis fait tout seul. Lorsqu’ils étaient en train d’étudier, j’en étais encore à faire la plonge ! Et même si ça peut parfois me faire un peu complexer, c’est aussi ma force… C’est d’ailleurs grâce à ma détermination que j’ai été embauché par le grand Bernard Loiseau, il y a une dizaine d’années. Je suis arrivé dans son restaurant avec mon CV et ma tchatche et, quinze jours plus tard, je faisais partie de son équipe. J’y suis resté un an et demi, et j’en suis parti trois mois avant son suicide… C’est en grande partie grâce à cette expérience que j’ai pu, ensuite, monter mes propres restaurants, et que je suis aujourd’hui en demi-finale de Top chef.

F.D. : D’où vous vient cette capacité à vous surpasser ?

Norbert : De mon passé… Ma vie a basculé quand j’avais une dizaine d’années, lorsque mes parents ont divorcé. Je suis alors passé d’une maison de 600 m2 sur trois étages avec femme de ménage… à la ZUP [zone à urbaniser en priorité, ndlr] de la ville d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise. Je dois ce changement à mon père et à sa lâcheté… Il nous a laissés tomber, ma mère, ma grande sœur et moi. Il n’y avait que son pognon qui comptait.

F.D. : Que s’est-il passé ?

Norbert : [très ému] Tout s’est déroulé en une journée. Alors que j’étais en train de jouer au football, ma mère est venue me chercher dans notre voiture, chargée de toutes nos affaires. Je me souviens aussi de ce jour de Noël où mon père nous a envoyé le fisc, alors que j’étais en train de manger un pâté de foie discount avec deux paquets de bonbons qui faisaient office de cadeaux. J’ai longtemps gardé tous ces souvenirs enfouis en moi, mais là, je tenais à vous en parler. Pour que vous compreniez qui je suis.

F.D. : Cette colère ne vous a-t-elle jamais quitté ?

Norbert : Ce n’est plus de la colère. C’est une envie permanente de réussir. J’en profite d’ailleurs pour adresser un message à tous les membres de notre famille qui m’ont laissé tomber à l’époque. Tous ces oncles, tantes, cousins et cousines qui m’ont tant rejeté. J’en ai beaucoup souffert, mais aujourd’hui, je les emmerde ! Quant à mon père, il a certes réussi dans les affaires, mais il n’a rien dans le caleçon. Il a été tellement nul… C’est la première fois que je dis tout ça. Mais je voulais vraiment le faire, car mon parcours familial explique toutes mes facettes.

F.D. : Parlez-nous un peu de la famille que vous avez construite. Votre femme, Amandine, et vos deux petites filles, Gayanne, 5 ans, et Laly, 3 ans.

Norbert : J’ai rencontré ma femme dans un restaurant de Megève, où nous travaillions ensemble. Elle avait quelqu’un dans sa vie… Mais c’est elle qui est venue vers moi. Je l’avais pourtant prévenue. « Avec moi, tu peux finir en haut de la tour Eiffel ou au fin fond des égouts [rires] ! » Mais elle m’a fait confiance. Et en quelques mois, tout s’est enchaîné. Le mariage, la naissance de notre première fille, en 2006, puis de la deuxième, en 2008.

F.D. : Quel type de père êtes-vous ?

Norbert : Je peux parfois prendre une grosse voix pour les gronder… Mais j’ai surtout besoin de sentir qu’elles m’aiment autant que je les aime. Si elles ne me disent pas qu’elles m’aiment au moins une fois par jour, ça me rend très triste.

F.D. : Quels sont vos projets ?

Norbert : À long terme, je ne sais pas encore… Mais dans un futur proche, j’ai surtout hâte de partir en vacances avec les miens. Ma femme me prépare une surprise ! Elle m’emmène quinze jours en voyage, mais je ne sais pas encore où. J’ai donc hâte de finir la saison dans le restaurant où je travaille, à Megève, pour la retrouver ! Quand je serai enfin libre, je vais manger, boire et faire l’amour à ma femme !

Interview : Florian ANSELME

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