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Obsèques Michel Delpech : Une cérémonie entre larmes et chansons

Publié le 29 janvier 2016

Une messe d'obsèques à Michel Delpech placée sous le signe de l’œcuménisme avec le père Lacroix et Abba Athanasios, évêque de l’Église copte orthodoxe de France, devant une assistance peinant à contenir ses larmes, surtout en entendant l’� hommage � de Pauline, sa fille adoptive.

Une scène aussi belle que surréaliste. Conforme à l’image du chanteur trop tôt disparu. Mais comment en vouloir à cette centaine d’admirateurs munis de leurs appareils photo numériques qui se précipitent vers l’allée centrale de la grande nef de l’église Saint-Sulpice au passage du cercueil de Michel Delpech ?

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Sans doute galvanisés par le tube Quand j’étais chanteur, qui résonne et accompagne sa sortie, ces fans inconsolables ne se résolvent pas à le saluer une dernière fois. Certains applaudissent tandis que d’autres hurlent « Bravo Michel ! », alors que passe devant eux la famille éplorée, suivie des personnalités dont Catherine Deneuve, Sheila et Michel Drucker en larmes.

Comment leur en vouloir de s’être déplacés ce vendredi-là, très tôt, sous cette petite pluie d’hiver, pour rendre un ultime hommage au « dernier chanteur populaire que la France aimera encore longtemps », comme le dira Didier Barbelivien à la fin de la célébration ?

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“Si j’avais su”

Une messe très recueillie, qu’aurait appréciée l’auteur de J’ai osé Dieu, et placée sous le signe de l’œcuménisme avec le curé de la paroisse, le père Lacroix, et Abba Athanasios, évêque de l’église copte orthodoxe de France. Ce dernier s’est présenté lors de l’homélie comme « un ami de trente-cinq ans » de Michel, qui ne lui a pas lâché la main jusqu’au 31 décembre.

C’est même lui qui a marié l’artiste et Geneviève il y a trente ans dans une crypte de Saint-Sulpice. Un lieu chargé d’histoire pour l’inoubliable interprète du Loir-et-Cher, qui y avait déjà célébré son premier mariage, en 1966, avec Chantal.

Une famille recomposée de cinq enfants bien présents en ce triste jour, face à son très beau portrait souriant sur fond bleu, placé au centre de l’autel. Une famille devant laquelle le serviteur de l’église copte veut redire que « Michel est parti apaisé malgré ses souffrances, car il était très sensible à la confession et au pouvoir du pardon ».

Il se souvient d’ailleurs avec émotion de toutes leurs « discussions intenses et profondes » durant lesquelles il était beaucoup question de Dieu, de la vie, et donc de la mort. Il évoque encore la dépression de L’homme qui avait bâti sa maison sur du sable (titre d’un livre de Michel paru en 1996) avant de « trahir » l’un de ses secrets pour expliquer la présence de l’ambassadeur du Congo, un pays pour lequel le défunt donnait beaucoup.

Après vingt minutes d’hommages, vint le temps de la quête avec, en fond sonore, Chez Laurette et Wight is Wight, interprétés par deux jeunes organistes fans du chanteur ! La nombreuse assistance – certaines personnes sont restées debout – se met alors à fredonner en chœur les paroles de ces tubes, avant que la veuve prenne la parole pour lire Réversibilité de Charles Baudelaire : « Ange plein de gaieté, connaissez vous l’angoisse… ».

Un frisson parcourt alors l’assemblée frigorifiée, qui va complètement fondre en écoutant les jolis mots choisis par Pauline pour évoquer son père adoptif. Le remerciant tout d’abord d’avoir aimé sa « mère adorée », elle lui rend grâce entre deux sanglots : « Tu n’étais pas obligé de m’aimer et de m’élever. Moi et mon frère. »

Elle rend aussi hommage à ses demi-frère et sœur, Garance et Barthélémy, nés de la première union du chanteur. Elle loue également l’éternel optimisme de Michel Delpech, qui leur chantait rien que pour eux cet extrait de Que Marianne était jolie : « Ça ira, ça ira, toute la vie ! ». « Tu es mon si beau père », reprend-elle avant de conclure face à un auditoire bouleversé : « Si j’avais su que tu m’aimais tant, je t’aurais aimé davantage. » Nous aussi, même si c’est difficile…

Pierre-Antoine Brionne   

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