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Olivia de Havilland : Son lien secret avec la France !

Publié le 11 août 2020

Inoubliable Mélanie dans “Autant en emporte le vent”, Olivia de Havilland, la dernière légende hollywoodienne, parisienne de cœur et d'adoption, nous a quittés le 26 juillet, à l'âge de 104 ans.

Face à une Scarlett impétueuse et sans scrupule, campée par Vivian Leigh, elle incarnait la douceur et la résignation avec son personnage de Mélanie dans Autant en emporte le vent, la flamboyante saga de Margaret Mitchell adaptée au cinéma par Victor Fleming, en 1939. Résignée, celle que le vent a finie par emporter ce dimanche 26 juillet, à l'âge vénérable de 104 ans, ne l'était pas dans la vraie vie ! En effet, Olivia de Havilland a toujours mené sa barque comme elle l'entendait, allant même jusqu'à assigner en justice les puissants studios de la Warner dans un retentissant procès.


D'origine britannique, elle voit le jour au Japon, le 1er  juillet 1916. Elle a deux ans et une petite sœur – la future actrice Joan Fontaine – quand son père, Walter, avocat, et sa mère Lillian, comédienne, divorcent. Celle-ci s'installe alors avec ses filles en Californie, où elle se remarie avec George Fontaine. C'est à l'école que la jeune Olivia découvre le théâtre. Douée, elle se fait repérer dès 1934 par le metteur en scène Max Reinhardt qui lui offre un rôle dans la pièce de Shakespeare, Songe d'une nuit d'été ; rôle qu'elle reprend sur grand écran l'année suivante. Jack Warner engage alors cette beauté de 18 ans, qui a déjà tout d'une star, afin de donner la réplique à son poulain, Errol Flynn, dans un film d'aventure,

Mais ces rôles, où elle sert surtout de faire-valoir à Flynn, ennuient Olivia. Aussi, quand Fleming lui propose d'incarner Mélanie dans Autant en emporte le vent, elle saute de joie. Sauf qu'elle est toujours sous contrat avec la Warner et que le film est produit par la MGM, dirigée par David O. Selznick…

Ce dernier doit s'engager à « prêter » deux comédiens à son concurrent afin qu'Olivia intègre la distribution. Nominée à l'Oscar de la meilleure actrice pour un second rôle, sa carrière décolle.

En 1941, elle fait de nouveau faux bond à la Warner pour tourner Par la porte d'or, de Mitchell Leisen, un drame dans lequel elle donne toute la mesure de son talent. Décrochera-t-elle cette fois l'Oscar de la meilleure actrice pour lequel elle est nommée ? Toujours pas. En cette année 1942, c'est l'interprète de Soupçons, d'Alfred Hitchcock, sa sœur et grande rivale, Joan Fontaine, qui l'emporte. Comme déclarera cette dernière à propos de leurs relations – pour le moins houleuses : « Je me suis mariée avant elle, j'ai obtenu l'Oscar avant elle, et si je meurs avant elle, elle en deviendra blême. Même là, je l'aurais devancée. » De fait, Joan Fontaine décède en 2013…

Mais cette seconde nomination a donné de l'assurance à Olivia qui refuse désormais la plupart des rôles que lui propose Jack Warner. Furieux, ce dernier met à pied cette « entêtée ». En 1943, enfin, son contrat s'achève. Elle est libre… sauf que la Warner lui réclame plus de vingt semaines de travail compensatoires. Révoltée, Olivia assigne la société en justice. Elle finit par gagner, après des mois de bataille judiciaire durant lesquels Jack Warner ne cesse de la dénigrer… Qu'importe ! À Hollywood où elle vit – elle a obtenu la nationalité américaine en 1941 –, elle tournera plus d'une cinquantaine de films, dont À chacun son destin, de Mitchell Leisen, en 1946, et L'Héritière, de William Wyler, en 1949, qui lui vaudront chacun l'Oscar tant espéré.

Mariée au romancier Marcus Goodrich dont elle a eu un fils, Benjamin, en 1949, Olivia se rend pour la première fois à Paris en 1953. Elle tombe éperdument amoureuse de la Ville Lumière… au point de s'y installer ! « La France est le seul pays où je me sens vraiment chez moi », dit-elle à l'époque. Elle y rencontre aussi le deuxième homme de sa vie, un journaliste de Paris Match, Pierre Galante, qu'elle épouse en 1955, et dont elle a une fille, Gisèle, en 1956. Mais les liens étroits que cette légende hollywoodienne entretient avec la France ne s'arrêtent pas là. En effet, elle a aussi été très proche de deux icônes de notre culture !

La première, c'est Catherine Deneuve, dont la maman, la comédienne Renée Simonot, aujourd'hui âgée de 108 ans, a été la voix française d'Olivia. La seconde, plus inattendue, c'est Johnny Hallyday… qu'elle a failli avoir pour gendre ! En 1987, l'interprète de Quelque chose de Tennessee, a rendez-vous pour une interview avec une jeune journaliste, Gisèle Galante. Johnny, bougon, répond à peine aux questions. Le lendemain, il s'excuse et lui donne rendez-vous. C'est le début d'une idylle passionnée. Ils se fiancent. Gisèle a présenté le rockeur à sa mère qui l'apprécie beaucoup, comme l'évoque l'écrivain Henry-Jean Servat dans Le Parisien : « J'avais assisté en compagnie d'Olivia à un concert de Johnny […]. On était à la console et Olivia, avec ses petits escarpins, battait du pied. » Hélas, Gisèle et Johnny se sépareront peu avant la date fixée pour leur mariage, en juin 1988.

Olivia, elle, ne rompra jamais avec cette France qu'elle aime tant. Faite chevalière de la Légion d'honneur en 2010 par Nicolas Sarkozy, celle qui fut la première femme à présider le jury du Festival de Cannes en 1965 s'est éteinte paisiblement dans sa suite du palace Saint-James, à Paris…

Lili CHABLIS

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