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Olivier Marchal : Traumatisé par l’agression de sa fille !

Publié le 29 décembre 2018

Ancien policier, Olivier Marchal en veut à une justice trop clémente envers les tortionnaires de Léa.

A l’heure où la confiance envers notre gouvernement est sérieusement ébranlée avec les diverses manifestations des « gilets jaunes » dans toute la France, Olivier Marchal, 60 ans, réalisateur, scénariste et acteur de cinéma, vient à son tour de dire à quel point il avait perdu toute foi en la police et la justice de notre pays.

Un aveu bien triste, quand on songe que l’homme connaît parfaitement bien ce système. On se souvient en effet qu’il a commencé sa carrière dans les forces de l’ordre, après avoir dévoré dans son enfance des romans noirs qui lui avaient donné envie d’intégrer les rangs des services d’ordre. Le film Serpico de Sidney Lumet qu’il a vu sept fois n’est pas non plus pour rien dans sa précoce vocation.


Il a seulement 21 ans quand il se retrouve à la police judiciaire de Versailles, dans la banlieue parisienne. Mais deux ans plus tard, écœuré, brisé par l’univers incroyablement sombre de la réalité d’une vie de flic, il craque… « J’étais malheureux, je pleurais, je suis parti de la Crim’. J’avais déjà envie de quitter la police », expliquait-il à notre confrère Le Point, en 2008. Il rejoint alors les RG (Renseignements généraux), à la section de l’antiterrorisme. Puis la PJ, en 1985. 

Inutile de dire que lorsqu’Olivier Marchal écrit sur cet univers de la police, il parle en connaissance de cause. Et son talent de conteur est largement reconnu. Il a fait un véritable triomphe avec 36 Quai des Orfèvres, film sorti en 2004, ou encore avec la série Braquo, diffusée sur Canal +, qui met en scène de formidables comédiens : Jean-Hugues Anglade, Karole Rocher, et Nicolas Duvauchelle, entre autres.

Mais s’il parvient parfaitement à décrire un monde qu’il connaît si bien, on découvre aujourd’hui qu’Olivier Marchal a aussi une très grande connaissance de la police en tant que victime ! Et ce qu’il en dit a de quoi retourner le cœur.

Car c’est la chair de sa chair qui a été agressée, alors qu’elle n’avait que 15 ans. Ce père en colère et blessé s’est confié sur ce douloureux sujet à Thierry Ardisson, dans Les Terriens du samedi, sur C8, le 8 décembre dernier. Au départ, il était invité pour venir parler des Rivières pourpres, la nouvelle la série de France 2, dans laquelle il incarne le commissaire Pierre Niemans. Un rôle qu’avait tenu Jean Reno dans le film du même nom sorti en 2000.

Très vite, la conversation a dérivé sur le thème de la justice. Et là, Olivier Marchal avait beaucoup à dire. « Moi, je ne me fais plus d’illusions. J’ai été flic pour défendre la veuve et l’orphelin. Je suis très vite tombé de l’armoire. Encore plus lorsque ma propre fille a été victime d’une agression. La justice n’a pas fait son boulot et a laissé l’enquête traîner pendant quatre ans », avait-il expliqué en 2013 à notre confrère Télé 7 Jours. Et quand Ardisson lui a rappelé ce terrible épisode de sa vie, l’acteur et scénariste a accusé le coup, montrant que sa blessure était toujours à vif. Sa fille Léa était adolescente quand elle a été attaquée à la sortie de son collège, dans le XIe arrondissement de Paris, par plusieurs garçons, et n’a absolument rien pu faire pour se défendre : « Ils l’ont agressée à sept, a raconté l’ancien policier, toujours profondément meurtri. Ils l’ont tabassée. Tout ça parce que c’était un collège privé de filles, un collège de soi-disant riches, alors qu’on est dans le xie. Donc moi, je suis devenu fou ! »

Une folie bien compréhensible, qui n’a fait qu’empirer quand il a constaté que les juges et les policiers ne bougeaient pas pour essayer de trouver les coupables ! Le père décide alors d’emmener sa fille à moto, pour tenter de mettre la main sur l’auteur principal des coups. Il s’agit d’un multirécidiviste, qui sera finalement seulement condamné à de la prison avec sursis… « C’est surtout l’attitude du juge qui a été très offensante, a-t-il ajouté sur C8. Ma fille en souffre encore. Elle est partie, elle a quitté Paris à cause de ça. » Et les conséquences de cette agression ont été terribles pour elle. « Elle a redoublé sa classe de quatrième, elle a pris 20 kg, et les a reperdus depuis, mais ça a été un long parcours pour elle », a expliqué le père.

Aujourd’hui, tout ce que l’on espère pour Léa, âgée de 24 ans, c’est qu’elle puisse surmonter ce tragique épisode de son existence. Et qu’elle n’ait pas tout à fait perdu confiance en l’humanité et en notre société.

Laurence PARIS

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