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Omar Sy : Son combat pour sauver les Rohingyas  !

Publié le 16 décembre 2017

L’acteur, Omar Sy, s’est adressé 
à tous depuis 
le Bangladesh pour que cessent les persécutions et les violences envers cette ethnie birmane.

Sur la photo, on devine derrière le comédien des tentes et des abris vétustes qui semblent s’étaler à l’infini… Des Klaxon lointains et un brouhaha composent la bande-son. Une brume épaisse noie ce paysage étrange. On ne sait si c’est vraiment de la brume ou de la poussière. Omar Sy, le visage grave, regard braqué vers la caméra comme s’il voulait capturer notre attention, commence à parler : « Bonjour à tous. Je suis au Bangladesh, dans le plus grand camp de réfugiés au monde, où vivent les Rohingyas. Ils sont près d’un million, ça fait trois mois qu’ils arrivent en masse dans ce pays, chassés de Birmanie. »

Non, cette scène n’est pas extraite d’un film. C’est l’absolue réalité pour des millions de personnes souffrant des conditions terribles dans lesquelles elles vivent. Au point d’en mourir, trop souvent. Au moment où le comédien nous parle, par le biais des réseaux sociaux, ce 27 novembre 2017, il est dans la peau d’un combattant. Loin de son univers confortable, il a décidé de partir là-bas, en République populaire du Bangladesh, et de lutter pour que cessent l’oppression et les violences qui s’abattent depuis des années sur tout un peuple, les Rohingyas. Peut-être ne les connaissez-vous pas, et c’est justement pour cela que le célèbre comédien a décidé de se mobiliser. En premier lieu, pour que nous sachions ce qui se passe.

Les Rohingyas sont une ethnie. Ils sont musulmans et représentent une minorité en Birmanie, à 90 % bouddhiste. Même si certains historiens font remonter leur arrivée dans le pays à plusieurs siècles, les autorités birmanes, dont l’armée est toujours très puissante, les considèrent comme apatrides et les rejettent, au propre comme au figuré, avec une grande violence. Cette ethnie est chassée, les gens sont battus, violés, contraints à quitter le pays et ses persécutions, pour se réfugier au Bangladesh avec qui la Birmanie partage une frontière. Depuis cet été, l’Organisation des nations unies estime à mille le nombre de morts parmi eux ! Au début de mois de septembre, le haut-commissaire aux droits humains de l’Onu évoquait purement et simplement « un exemple classique de nettoyage ethnique », comme l’avait rapporté Le Monde.

“Ensemble, tout est possible !”

L’affaire est donc très grave, et Omar Sy, en homme responsable et citoyen du monde, est résolu à s’engager pour venir en aide à ce peuple martyrisé, en faisant appel à la conscience de chacun. « La chose la plus importante pour eux aujourd’hui, explique-t-il sur les réseaux sociaux, c’est de retrouver de la dignité, la liberté et un pays, la sécurité. Ça, on ne peut pas leur apporter. Mais je suis venu avec la Love Army, on a discuté avec les familles. Ils ont besoin de produits de première nécessité. Certains ont besoin de lumière, certains ont besoin de chaussures, d’autres de médicaments. Un tas de petites choses comme ça. Et ça, on peut le faire. 

»La Love Army, armée de l’amour, est l’association qui a récemment organisé cette grande mobilisation autour des Rohingyas, à laquelle Omar Sy a voulu se joindre. De nombreux autres artistes ont aussi tenu à faire partie de ce mouvement et ont fait le déplacement dans l’espoir de faire bouger les choses. Leur but est, comme le dit l’acteur, de lever des fonds destinés à venir en aide aux réfugiés, lors d’une grande opération qui a duré quarante-huit heures. Chaque personne, mais aussi toutes les entreprises ont été appelées à participer à cette manifestation.


« Ensemble, tout est possible ! À vous de jouer ! », a résumé Omar Sy sur son compte officiel Instagram. La star n’hésite pas à se mouiller quand il estime que c’est nécessaire. Il l’avait fait après la mort d’Adama Traoré, le jeune homme de 24 ans qui avait péri, le 19 juillet 2016, après avoir été interpellé par des policiers. Il s’était à nouveau engagé le 18 novembre, après la diffusion d’un reportage sur CNN, montrant des cas d’esclavage en Libye. À l’instar d’autres personnalités, comme Sonia Rolland ou Didier Drogba, il avait lancé ce tweet : « Soyons solidaires et au rendez-vous pour protester contre cette torture et cette violence. »

« Je n’ai pas l’habitude de vous solliciter pour ce genre de choses, dit-il encore dans la vidéo tournée dans le camp de réfugiés, mais je suis venu, j’ai vu, je vous montre, soyez avec nous. On a besoin du monde entier. Merci à tous », conclut-il avec beaucoup de conviction dans le regard et dans la voix.Rappelons que le pape – qui depuis Rome a déjà parlé des persécutions dont sont victimes les Rohingyas – vient de passer quatre jours en Birmanie dans l’espoir d’apporter un peu de paix. Espérons qu’avec chacun des hommes et des femmes de bonne volonté qui participent à cette mobilisation, comme le fait Omar, la haine perdra un peu de terrain, en Birmanie comme partout dans le monde. 

Laurence PARIS

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