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Pascal Demolon : “À 12 ans, je voulais déjà être acteur !”

Publié le 2 août 2017

Il lui aura fallu attendre la quarantaine pour goûter au  succès. Depuis, 
le comédien Pascal Demolon séduit sur toutes les scènes : ciné, télé, théâtre…

Il a une gueule, une voix identifiable entre mille et assurément un talent incontestable, bien que reconnu sur le tard. Nous avons eu la joie de rencontrer Pascal Demolon dans le cadre idyllique du Radisson Blu Palace Resort & Thalasso de Djerba, en Tunisie, lors de la 10e Escapade des stars.

À l’affiche de l’hilarante comédie Baby Phone, d’Olivier Casas, sortie récemment en DVD et VOD, le comédien de 52 ans se confie.

France Dimanche (F.D.) : Êtes-vous du genre à fréquenter les spas et à vous faire papouiller ?

Pascal Demolon (P.D.) : Non, pas vraiment… C’est même la première fois ! Je suis plutôt un sauvage, qui aime partir où il veut, quand il veut. Mais ce n’est pas désagréable du tout, et après avoir pas mal bossé, ça me fait un bien fou !

F.D. : Que vous inspire votre parcours d’acteur ?

P.D. : J’ai eu énormément de chance ! Je m’en réjouis chaque jour et j’essaie de la cultiver, en faisant tout pour être à la hauteur des missions qu’on me confie. Depuis quelques années, j’ai le sentiment d’avoir un vrai métier. Certes, ça arrive sur le tard, mais comme je dis souvent : « Tous les chemins mènent à Rome, alors pourquoi prendre forcément le plus court ? » Le mien a été un peu plus long, ce qui m’a permis de voir du paysage…

F.D. : Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ? Y a-t-il eu un déclic ?

P.D. : Oui, la première fois où, à 12 ans, je suis entré dans un cinéma et ai découvert toute cette magie : le noir qui se fait, l’écran immense, les paysages, les acteurs… et surtout une salle entière qui rit à l’unisson. J’étais fasciné. Puis l’idée a fait son petit bonhomme de chemin, et vers 14 ans, j’ai poussé la porte du centre d’art dramatique national de Reims, où je vivais. Et je me souviens que l’homme qui m’a reçu m’a sorti une revue sur laquelle était écrit en gros caractères : « Métier d’acteur ? Plus de 250.000 chômeurs ! » Mine de rien, ce petit quart d’heure m’a vite fait comprendre qu’on n’abordait pas ce boulot les 
mains dans les poches.

F.D. : Il paraît que vous étiez très timide, à l’époque ?

P.D. : Eh oui, on ne dirait pas, mais je suis 
un grand timide ! Pendant les cours de théâtre, j’écoutais et observais, mais ne 
participais pas. Si bien qu’un jour, le prof m’a mis au pied du mur en me lançant : « Maintenant, c’est soit tu montes sur scène, soit je 
te vire ! » C’était dur, mais je l’en remercie, sinon je serais peut-être toujours en train de regarder… Aujourd’hui, l’expérience fait que je me contrôle un peu mieux, mais monter sur scène, c’est comme se jeter dans le vide chaque soir. C’est une décharge d’adrénaline qui vous retourne les tripes autant qu’elle vous donne la pêche !

F.D. : Comment ont réagi vos proches à votre souhait de devenir acteur ?

P.D. : Ils me disaient : « Comment ça, acteur ? Comme Alain Delon ? » En fait, ils n’ont pas vu le truc venir, un peu comme moi, d’ailleurs ! [Rires] Il faut dire que j’avais sept frères et sœurs derrière moi, donc pas mal de boulot. Aucun n’est dans le milieu, ce qui ne les empêche néanmoins pas de me livrer leurs impressions, et ça ne les subjugue pas plus que ça. Ils me font régulièrement des fiches de lecture, mais sans complaisance ! On s’entend tous très bien, et je suis très heureux de leur avoir donné envie d’aller au ciné et même de les avoir amenés au théâtre.

F.D. : Vous avez fait un tas de petits boulots avant de trouver votre voie.

P.D. : Ah ça, oui. [Ouvreur, dératiseur, vendeur de vêtements, conteur de poèmes de Rimbaud, livreur, caissier, démonteur de stands, plusieurs fois serveur et testeur d’appareil anticellulite Cellu M6, ndlr] D’ailleurs, quand j’en dresse la liste, 
mes potes croient que je suis en train de faire un sketch ! Ils me disent : « Mais ce n’est pas possible, ou alors, tu as eu deux vies ! » Non, c’est juste que pendant mes cours et jusqu’à ce que ce métier me permette de vivre, ce qui a 
mis un peu de temps, il fallait 
bien manger !

F.D. : N’avez-vous jamais songé à renoncer ?

P.D. : Si, bien sûr, par politesse, pour arrêter de déranger les gens qu’on aime en leur parlant de choses qui n’aboutissent jamais. C’est un métier imprévisible, que l’on embrasse pour le meilleur et pour le pire, et parfois, c’est un peu compliqué. Moi, ça l’a été jusqu’à Radiostars, en 2012. J’avais quand même déjà 48 balais ! Après avoir beaucoup joué les truands, les flics, on me donne aujourd’hui des rôles de père de famille, ça me fait marrer. À chaque fois, c’est une aventure de dingue !

F.D. : Est-il vrai que vous gardez toujours sur vous un petit mot de votre fille, Iliana ?

P.D. : Oui, elle avait 8 ans quand elle m’a écrit sur un Post-it : « T’inquiète pas papa, on va y arriver. » Aujourd’hui, elle va en avoir bientôt 18, et j’ai toujours son petit mot sur moi, comme un porte-bonheur. Je suis divorcé de sa maman, c’est mon unique enfant, et je l’aime comme un fou ! J’ai beaucoup voyagé, vécu énormément de choses, mais l’amour, il n’y a rien de plus beau. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui en parlent, mais trop peu ont la force d’y croire. Ça devrait pourtant être obligatoire ! Comme on doit traverser sur le passage piéton, on devrait être obligé d’aimer. Ça fait un peu roman de gare, mais je reste convaincu que c’est la base de tout.

Caroline Berger

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