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Pascal Obispo : Dans un bain de sang !

Publié le 22 septembre 2018

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En pleine nuit sur une petite route de campagne, Pascal Obispo a été le témoin d’un monstrueux carnage.

Février 2008.

Pascal Obispo est venu passer quelques jours dans sa maison du Cap-Ferret (Gironde).

Ces derniers temps, il n’a pas arrêté, enchaînant les émissions de télé et les concerts.

Il est content de décompresser un peu dans ce coin sauvage qu’il affectionne tant et où il s’est fait construire, sur un immense terrain à la pointe de la presqu’île du cap, une cabane de luxe équipée d’un studio d’enregistrement.


Ce soir-là, il roule sur la D106, l’axe qui relie le Cap-Ferret à Bordeaux sur 52 km.

Les locaux empruntent cette départementale quasiment tous les jours.

Très pratique, cette route traverse la ville puis son tracé épouse les contours du bassin d’Arcachon jusqu’à Arès, où elle se transforme en deux voies et où le trafic se fait plus dense.

Une fois passée la réserve des prés salés, ce sont des kilomètres de champs qu’il faut traverser quasiment en ligne droite, jusqu’au village de Saint-Jean-d’Illac.

Hors saison, la station balnéaire du Cap-Ferret est déserte et à cette heure tardive – il fait déjà nuit –, Pascal est quasiment seul sur la route.

Il a beau connaître le secteur par cœur, il n’en reste pas moins prudent et veille à rester sous les 90 km/h.

Héros

Il amorce les virages tout en douceur lorsque soudain, il est confronté à une vision d’horreur.

Une voiture, lancée à toute vitesse devant lui, percute une mobylette de plein fouet.

Le choc est si violent que le conducteur du deux-roues est propulsé sur le bitume plusieurs mètres plus loin.

Le chauffard prend lâchement la fuite tandis que sa victime, inconsciente, gît à terre. 

La collision, d’une force inouïe, laisse présager le pire.

Pascal, n’écoutant que son courage, se gare plus loin et s’approche du corps inanimé en retenant son souffle.

Ce qu’il voit dépasse l’imagination.

« C’était catastrophique », se souvient-il dans Le Parisien.

Là, sous ses yeux, un homme terriblement esquinté baigne dans une mare de sang.

Même s’il tremble de tous ses membres, Pascal ne cède pas à la panique.

Il doit déjà déplacer le blessé car, dans la pénombre, on ne l’aperçoit qu’au dernier moment.

Si le corps reste là, au beau milieu de la route, c’est le carambolage assuré.

Veillant à être le plus délicat possible, il traîne le corps à l’abri, sur le côté.

Il sait qu’au moindre geste un peu trop brusque, il risque le pire car un accidenté doit toujours être manipulé avec le maximum de précaution.

Il appelle ensuite les pompiers, priant qu’ils arrivent au plus vite.

Vu l’état désespéré du motard, c’est une question de minutes.

Heureusement, il ne faut que très peu de temps aux secours pour débarquer sur les lieux du drame.

L’homme est sauvé mais Pascal, bouleversé, préfère partir en laissant les professionnels poursuivre leur travail.

Lui n’a accompli que son devoir.

« Cela n’a rien d’exceptionnel, tout le monde l’aurait fait », affirme-t-il.

Pourtant, ce soir-là, bien qu’il s’en défende, il s’est comporté en vrai héros.

Pour ne pas tirer la couverture à lui, il a préféré rester discret sur son geste.

Pas question de faire la une des magazines avec ça !

A-t-il pris des nouvelles de celui qu’il a sauvé d’une mort certaine ?

L’on n’en doute pas… 

Un an plus tard, la star est à Bordeaux pour assister à un match des Girondins.

Ce soir-là, comme souvent à l’époque, l’équipe de Laurent Blanc triomphe et est bien partie pour être sacrée championne de France.

Dans les tribunes, Pascal laisse éclater sa joie lorsqu’un agent de la sécurité lui dit qu’un homme en chaise roulante désire le voir.

Il n’en croit pas ses yeux.

« C’était lui ». 

Malgré plusieurs mois d’un long combat, le miraculé n’avait pas réussi à retrouver l’usage de ses jambes et il réapprenait à vivre dans la peau d’un handicapé.

Il continuait pourtant à vibrer pour des choses toutes simples comme se rendre au stade et soutenir son club. 

Pour le chanteur de 53 ans, c’est une leçon de vie.

Grâce à cet homme qui « a vécu des choses incroyables », il apprend à relativiser.

« Depuis, nous comptons l’un pour l’autre », avoue le compositeur qui a d’ailleurs consacré une chanson de son prochain album à cette dramatique expérience, On n’est pas seul sur Terre.

Un tube en puissance, forcément bouleversant… 

Sophie MARION

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