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Pascal Obispo : Il a sauvé la vie de Nicolas !

Publié le 10 avril 2020

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© photomontage France Dimanche Pascal Obispo et Nicolas Lacambre

Dans un entretien bouleversant, ce Girondin de 34 ans raconte la nuit terrible où Pascal Obispo l’a retrouvé à moitié mort sur la route.

Ce samedi 21 mars, vous avez été nombreux à remarquer – et à déplorer – que l’émission The Voice s’interrompe une heure plus tôt que d’habitude. TF1, ignorant quand pourraient avoir lieu les prochains tournages, suspendus pour cause de coronavirus, a en effet décidé d’écourter la diffusion de ses émissions déjà enregistrées. Une façon de faire durer le plaisir en attendant que la vie reprenne son cours normal… 

Confiné comme tout un chacun chez lui Pascal Obispo, juré de cette édition 2020, en a profité pour adresser sur Instagram un message de soutien à tous ceux qui risquent leur vie pour sauver des malades chaque jour plus nombreux : « Force patience et courage à tous ! Surtout à nos soignants, notre corps médical, nos médecins, infirmières, infirmiers, nos hôpitaux qu’on doit soutenir de toutes nos forces. C’est grâce à eux que nous tenons encore debout aujourd’hui. » 

Et la solidarité, le chanteur est bien placé pour savoir qu’elle peut accomplir des miracles ! Celle dont il a fait preuve, un soir de février 2008, Nicolas Lacambre ne l’oubliera jamais. Car Pascal Obispo ne l’a pas seulement sauvé d’une mort certaine, il lui a aussi redonné le goût de vivre. 

Son histoire, à la fois tragique et pleine d’espoir, Nicolas l’a récemment racontée dans Les Pieds sur terre, la série documentaire de France Culture. À l’époque, il a 23 ans, une fiancée, une petite fille, et l’avenir devant lui. Ce soir-là, il rentre à moto de chez sa sœur qui habite, comme lui, dans la région de Bordeaux. Parce qu’il pleut, il roule doucement sur cette départementale 106 qu’il connaît par cœur. Il ralentit encore en apercevant au loin les phares d’une voiture. Il a à peine le temps de réaliser que le véhicule se déporte et fonce directement sur lui. « Dans mes souvenirs, je me penche avec la moto, j’essaye de l’éviter et je vole en l’air. »

Le conducteur prend la fuite, abandonnant Nicolas sur le bitume. Celui-ci est conscient, mais ne peut pas bouger. Il souffre de la cheville. Une grosse entorse ou une fracture, s’imagine-t-il. Par chance, à peine quelques instants plus tard une autre voiture survient qui, elle, s’arrête. Un homme en descend et le traîne sur le bas-côté, avant de prévenir les secours. Nicolas appelle alors sa famille, qu’il rassure. On va sans doute lui poser un plâtre mais, dans moins de deux heures, il sera à la maison. Les pompiers arrivent, lui retirent le téléphone des mains, stabilisent sa tête et lui administrent une piqûre. Nicolas s’endort.


Quand il émerge, trois semaines plus tard, du coma artificiel où l’ont plongé les secours, il ne comprend rien. « J’étais shooté, attaché au lit, je ne pouvais pas bouger, seulement mon bras droit qu’on avait laissé libre. » Un rideau est tendu devant ses yeux, il ne peut pas voir son corps. Quinze minutes par jour, il reçoit la visite de sa famille, éplorée. Il tente de les rassurer : il va s’en sortir, ce n’est qu’une question de temps. À l’heure des soins, Nicolas tente de pousser le rideau pour voir ce qu’on lui fait. Comme il n’y parvient pas, il essaie de toucher de son bras libre ses autres membres. Bizarrement, il ne les trouve jamais. Il devra attendre quelques jours pour qu’on lui dise la vérité. Il n’a plus de bras gauche.

Après deux semaines en réanimation intensive, le jeune homme récupère son portable. Y figurent plusieurs messages de la police lui demandant de faire sa déposition. L’agent qu’il a au téléphone, lui explique alors : « Je ne sais pas si on vous l’a dit, mais c’est grâce à une personne que vous êtes en vie. Et cette personne, c’est Pascal Obispo. Il vous a vu sur la route, il s’est garé, il a ramassé votre bras et l’a déposé à côté de vous. Il a contacté les pompiers et il est resté à vos côtés jusqu’à leur arrivée. »

Comment remercier son sauveur ? Nicolas n’a pas ses coordonnées et, surtout, il n’oserait jamais le contacter. Hormis à sa famille, il n’en parle pas aux autres malades. Il a peur qu’on ne le croie pas. Après douze mois, dont six passés à l’hôpital, le jeune homme doit se faire amputer de la jambe gauche. Il a 24 ans. Il a perdu bien des capacités, mais pas celle de sourire, ni de s’accrocher à ce qui lui est cher : sa fille, sa famille, et l’équipe de football des Girondins qu’il encourage depuis l’enfance.

En 2009, le club est champion de France, et fête sa victoire place des Quinconces, à Bordeaux. Nicolas a demandé à sa compagne de l’emmener assister à l’évènement. Celle-ci reste à ses côtés, et tous deux regardent les joueurs descendre du bus lorsqu’elle pousse un cri : « Regarde qui est avec eux, c’est Pascal Obispo ! » Elle demande alors au garde du corps du chanteur de faire venir celui-ci. Nicolas est en larmes, il a enfin l’occasion de rencontrer son sauveur…

« C’était un moment fort, très émouvant. On s’est pris dans les bras. Lui se demandait si j’étais toujours en vie, ce qui m’était arrivé par la suite. Je lui ai dit : “Merci, parce que grâce à vous, je vois ma petite fille se réveiller chaque matin et c’est le bonheur de la voir sourire.” » Pascal lui donne alors ses coordonnées. Lui-même vient de traverser une période difficile et aimerait échanger avec Nicolas. « J’ai beaucoup de choses à te dire moi aussi. Si tu es d’accord, on peut entretenir une correspondance et quand je viens, moi, dans la région, je t’invite au concert, on se verra après, on prendra le temps… », lui propose-t-il. Les deux hommes s’écrivent régulièrement, se voient à l’occasion. Ils se parlent de leurs vies, de leurs projets, mais jamais de ce qui s’est passé ce terrible soir de 2008. 

Et puis, il y a deux ans, le Girondin trouve enfin le courage de raconter au chanteur, dans une lettre de quatre pages, ce qu’il a vécu. Un récit qui touche Pascal au cœur. Comme il le confie à Nicolas, leur rencontre l’a bouleversé. S’il lui a sauvé la vie, ce dernier lui a, en retour, beaucoup apporté. Il lui écrit quelque temps plus tard, pour lui raconter comment lui a vécu l’accident. C’est une chanson. Elle s’intitule On n’est pas seul sur la Terre, et rend un vibrant hommage au courage de celui qu’il surnomme « l’homme de fer ». Hommes de fer et solidaires, c’est un peu ce que nous devons tous tenter d’être aujourd’hui…

Lili CHABLIS

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