France Dimanche > Actualités > Patrice Drevet : “Je n’ai jamais connu mon père !”

Actualités

Patrice Drevet : “Je n’ai jamais connu mon père !”

Publié le 4 septembre 2019

Après plusieurs années d’absence, l’homme à la mèche, Patrice Drevet fait son grand retour sur France 3.

C’est l’histoire d’un septuagénaire que rien n’arrête. La retraite, très peu pour lui ! Pour son grand retour à la télévision, le journaliste Patrice Drevet, 71 ans, s’est entouré de trois amis, qui, eux non plus, n’ont pas l’intention de raccrocher : l’animateur Patrice Laffont, le chanteur Philippe Lavil et l’acteur Jean-Pierre Castaldi ! Dans les quatre volets de Mieux vaut tard que jamais, diffusé tous les vendredis à 23 heures sur France 3, dès ce 19 juillet, les quatre copains se sont offert un périple de folie en Thaïlande et au Japon. Une sorte de road-trip où ces aventuriers du 3e âge ont fait les 400 coups et qui a donné lieu à de beaux moments de complicité. Rencontre.

France Dimanche : Alors, bien remis de votre périple en Asie du Sud-Est ?
Patrice Drevet : Après quatre semaines de tournage, je dois avouer que le retour en France a été difficile. J’avais déjà pas mal baroudé, j’ai même participé au Paris-Dakar mais, là, moi qui suis resté un grand curieux, j’ai été servi !

FD : Vous connaissiez le Japon et la Thaïlande ?
PD : La Thaïlande, un petit peu, mais j’étais juste passé en coup de vent à Bangkok, où on a commencé notre périple. Mais le Japon, pas du tout, je n’avais jamais mis les pieds à Tokyo ou à Kyoto. Ça a été un tel choc ! J’ai été complètement fasciné par la civilisation japonaise, si différente de la nôtre. J’ai pris ça comme une énorme chance de pouvoir participer à cette folle aventure en compagnie de mes bons copains.

FD : Vous retrouver tous les quatre en vase clos, loin de tout, ça a dû donner lieu à toutes sortes de situations…
PD : Oui. Le plus incroyable, c’est qu’on a vite oublié l’équipe technique qui nous suivait à longueur de temps. On a visité de nombreux temples bouddhistes et shintoïstes, ce qui a été l’occasion de prendre du recul, de faire le point… Bien sûr, durant ce voyage, on a bien rigolé mais on a aussi réfléchi. On a discuté sur ce qu’on avait fait de nos vies, de ce qu’il nous restait encore à accomplir. C’était l’occasion de dresser une sorte de bilan…


FD : Il y a bien dû y avoir quelques tensions ? 
PD : Bien sûr, parfois un bougonnait mais ça se terminait toujours par un éclat de rire.

FD : La retraite, ce n’est pas pour vous, donc…
PD : Ce n’est pas à l’ordre du jour ! Je suis même très occupé en ce moment. Je m’investis énormément auprès de L’hippocampe, une association avec laquelle j’ai créé un festival de courts-métrages réalisés par des personnes en situation de handicap, qui a lieu à Saint-Malo tous les ans. Je m’occupe aussi des Puits du désert, qui a pour but de creuser des puits dans le nord du Niger pour aider les Touaregs… Et je suis président du club de pétanque de Neuilly-sur-Seine depuis 2003. Ça ne paraît rien comme ça, mais c’est du boulot !

FD : Avec Mieux vaut tard que jamais, vous faites donc votre grand retour à la télé ?
PD : Oui, c’est vrai. Mais ce n’est pas tout ! Je suis en train de développer un projet d’émission pour le début de l’année prochaine, sur une chaîne régionale de la TNT. Ce programme que j’ai appelé Courants d’air devrait allier mes deux passions, le dérèglement climatique et la météo…

FD : Vous avez d’ailleurs été un précurseur en alertant sur ces questions-là il y a plus de dix ans…
PD : Oui, j’ai même écrit un livre sur le sujet en 2007 paru aux éditions du Chêne et intitulé La planète se réchauffe. J’ai présenté la météo sur France 2 pendant douze ans. J’ai été aux premières loges pour voir les effets du dérèglement climatique. J’ai ensuite milité pour Génération écologie et je me suis engagé en politique. C’est comme ça que je me suis retrouvé, en 2008, conseiller municipal à Pézenas dans l’Hérault. Jusqu’en 2014, à mon petit niveau, j’ai essayé de faire avancer les choses…

FD : A 71 ans, vous pourriez très bien avoir envie de vous poser. D’où vous vient cette volonté ?
PD : J’ai eu une enfance qui n’a pas été simple. J’ai dû batailler pour en arriver là, ce qui a forgé très jeune mon caractère…

FD : Vous n’avez jamais connu votre papa, je crois…
PD : Oui absolument. Je pense que ma maman, elle, a dû le connaître, j’espère au moins une demi-heure, un soir de bal [rires !]… à ma naissance, ma tante et ma mère qui débarquaient de Normandie avaient décidé de s’installer à Saint-Ouen. Elles sont allées voir le curé et le maire pour demander un appartement. Finalement, c’est le curé qui leur a trouvé un logement. Du coup, c’est tout naturellement que j’ai été inscrit, tout petit, au patronage et au catéchisme. Puis, ensuite chez les scouts. De très bons souvenirs…

FD : Vous avez donc été élevé par votre mère et votre tante…
PD : Absolument. Yvette, ma mère, et Suzanne, ma tante, étaient si liées qu’elles avaient décidé d’habiter sous le même toit. Du coup, elles se sont partagé mon éducation. Maman-Yvette, 94 ans, et Maman-Suzanne, 96 ans – c’est comme ça que je les appelle depuis toujours – vivent toujours avec moi à Rambouillet. Je les chouchoute !

FD : Ce papa qui avait pris le large, vous avez essayé de le connaître ?
PD : Pas du tout ! Maman ne m’en parlait jamais. Ça a été le grand vide de ce côté-là. J’ai été obligé de me débrouiller tout seul, très vite. Ma mère était une simple aide-comptable, il n’y avait pas beaucoup d’argent à la maison… Pour m’évader, je filais au Marché aux puces de Saint-Ouen, à côté de chez nous. C’était mon terrain de jeu ! J’y ai découvert le jazz manouche, chez Louisette, un café où avait débuté Django Reinhardt. Je jouais aussi de la batterie dans un groupe qui s’appelait les Lewis. On s’est même produit dans les fêtes foraines ! Adolescent, je me suis inscrit à l’école des enfants du spectacle, rue du Cardinal-Lemoine. En 1964, à la fin de mes études, j’ai commencé à travailler comme assistant à la télévision sur la Deuxième chaîne dans une émission Main dans la main. J’avais 17 ans…

FD : Vous allez gravir très vite les échelons, jusqu’à devenir vingt ans plus tard un présentateur aussi célèbre pour son humour que pour sa « mèche »…
PD : Dans les années 80, j’étais grand reporter au service culture pour le journal télévisé de TF1. Je couvrais tous les concerts, c’était génial ! J’ai pu rencontrer David Bowie, Mick Jagger, Miles Davis… En 1984, à la création de Canal +, Antoine de Caunes me demande de venir présenter avec lui une émission qui s’appelait Surtout l’après-midi. J’avais très envie de travailler avec lui. Mais pour me retenir, TF1 m’a donné une tranche tous les soirs pour créer un journal télévisé pour les ados qui s’appelait Le mini-journal. Et l’un des premiers reportages que j’ai fait réaliser par mon équipe était sur un coiffeur qui faisait des sculptures de couleur avec les cheveux. C’était la grande mode. Il voulait me faire la même chose. Je lui ai dit : « Attends, je présente quand même un journal. Juste une mèche blonde, alors… » C’est vite devenu ma marque de fabrique au point que je viens de demander à Michel Brosseau, qui s’occupe de mes cheveux, de me refaire il y a deux semaines, la même chose…

FD : Vous êtes resté un grand enfant, au fond…
PD : Je crois que je suis vivant, c’est tout ! J’ai la chance d’être heureux auprès d’une femme merveilleuse, Corinne [qui est photographe et qu’il a épousée en 2014, ndlr]. J’essaie de faire partager ma joie de vivre autour de moi…

Véronique DUBOIS

À découvrir