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Patrick Bruel : L’appel de la terre !

Publié le 18 août 2018

Dans sa propriété du Luberon, Patrick Bruel cultive des oliviers et bientôt de la vigne.

S’il a la chance de vivre de ses passions pour la chanson et le cinéma, cet artiste éclectique en nourrit d’autres, moins connues.

Loin de Paris et des studios, où Patrick Bruel travaille sur son prochain album, dont la sortie est prévue pour novembre, c’est au cœur du Luberon, dans le cadre très chic de L’Isle-sur-la-Sorgue, qu’il cultive son jardin, resté jusqu’à présent secret.


Propriétaire, depuis 2006, d’une ancienne commanderie hospitalière, l’interprète de Casser la voix, grand amateur de cuisine méditerranéenne, a en effet choisi de devenir producteur de l’un de ses plus incontournables ingrédients : l’huile d’olive.

Saveurs

À l’origine, seuls une quarantaine d’arbres étaient enracinés sur ses 25 hectares de terrain. Mais Patrick décide d’en planter d’autres.

« Aujourd’hui, il doit y en avoir environ 250, a-t-il précisé dans une récente interview accordée à notre confrère Le Monde. Et puis on a vu les olives… Il fallait en faire quelque chose. J’ai toujours aimé l’huile d’olive, mais avec un goût très tranché, les premières pressions à froid italiennes, fruitées, aux saveurs ardentes. On a commencé à les mettre en bouteille il y a cinq ans, juste pour nous. »

Mais depuis 2015, la donne a changé.

Le chanteur a lancé la commercialisation de sa production.

Ne voulant pas que son nom apparaisse dans cette affaire, Patrick choisit, un an plus tard, de s’associer à Christine Cheylan, la « Zidane de l’huile d’olive », en charge du château Virant, à Lançon-Provence, à une quarantaine de kilomètres de L’Isle-sur-la-Sorgue.

Le résultat ne s’est pas fait attendre.

Avec une production de 4 000 litres, et un prix de 28,50 € pour 500 ml, L’Huile H a déjà décroché une médaille d’or deux années de suite au concours régional, ainsi qu’une d’argent lors du récent Salon de l’agriculture.

De grands chefs comme Guy Savoy ou Joël Robuchon font partie de ses fidèles clients.

Du coup, pas peu fier de sa réussite, l’artiste revendique la paternité de ce liquide si recherché.

Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, ne nous donnant pas rendez-vous place des grands hommes, mais dans les épiceries fines les plus courues de la capitale.

« Le chef pâtissier Pierre Hermé [l’empereur du macaron, ndlr] vient de créer un dessert à base de fraises et de vanille avec notre huile, raconte-t-il dans Le Monde. On a aussi l’idée d’une ganache. Mais il faut que je trouve le temps de faire des albums de musique. »

Du temps, il risque d’en manquer, car notre gentleman-farmer entend bien réaliser d’autres rêves gustatifs qui le tenaillent depuis des décennies.

L’on peut même écrire sans grand risque de se tromper que Patrick est peut-être pris dans un embouteillage.

Car, s’il compte aussi se lancer dans la production de miel, son vœu le plus cher est de produire son propre vin.

“Pour mes enfants”

Un projet qui lui tient encore plus à cœur que celui de l’huile d’olive, même s’il est conscient que le fruit de ses vignes n’atteindra pas le même niveau d’excellence : « Je sais bien que je ne pourrai jamais me rapprocher d’un romanée-conti, d’un pétrus ou même de la Cuvée du Papet, un châteauneuf-du-pape que j’adore, concède-t-il. Mais le vin, j’entends le faire dans une perspective plus personnelle. Parce que, ma vigne, je vais la créer à partir de rien, ou plutôt de ma terre. »

Il espère pouvoir goûter ses premiers crus d’ici trois ou quatre ans et compte recourir aux cépages de la vallée du Rhône : grenache, syrah et cabernet.

Là encore, au-delà du seul plaisir de ses papilles, émoustillées par le produit de ses terres, c’est aussi et surtout l’idée de transmission, d’héritage qui l’anime.

« Je sais que je plante pour mes enfants », dit-il. Pour inoculer à sa progéniture un virus viticole qu’il a lui-même contracté très jeune, mais dans des conditions optimales.

Un jour, lors d’un déjeuner de famille, le père de son beau-père a ouvert une bouteille exceptionnelle, un château Lafite-Rothschild, et en a servi un verre à l’enfant qu’il était encore.

Une merveille au parfum enivrant pour ce gamin qui, depuis, entre ses intronisations dans plusieurs confréries, de Bordeaux à la Bourgogne, et ses nombreuses dégustations avec Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde, a eu l’occasion de travailler son palais, jusqu’à devenir un expert.

Et si, à 59 ans, il n’est pas question pour Patrick de mettre de l’eau dans son vin, tester tant de nectars lui a donné le goût du travail bien fait et, surtout, celui du partage.

Claude LEBLANC

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