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Patrick Bruel : Ses liens secrets avec la mafia !

Publié le 10 juin 2019

Le scandale tombe, alors que Patrick Bruel fête ses 60 ans.

Show-biz et grand banditisme font parfois bon ménage. Pour preuve, les liens présumés entre Frank Sinatra et la mafia qui refont régulièrement surface au fil des biographies consacrées à « The Voice », avec Las Vegas et ses casinos en toile de « fonds ».

Cette fois-ci, c’est un autre chanteur de charme, un certain Patrick Bruel qui serait soupçonné d’avoir fréquenté le milieu de la pègre, si l’on en croit le livre écrit par le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, D’argent et de sang, paru aux éditions du Seuil. Un récit haletant qui raconte comment trois escrocs auraient détourné près de deux milliards d’euros à l’état français, sur le dos de la législation sur l’environnement et dans lequel le nom de Patrick Bruel serait cité à plusieurs reprises.

Novembre 2012, Arnaud Mimran, identifié par les enquêteurs de la police judiciaire comme un gros bonnet de la « criminalité à la française », se sent encore intouchable. Déjà trois ans que l’arnaque du CO2 eu lieu et, pour l’instant, pas de garde à vue à l’horizon. L’embrouille consiste à acheter des quotas carbone non soumis à la TVA via des fictives sociétés basées à l’étranger, de les revendre à une autre structure française pour ensuite réclamer à l’état français le remboursement de cette même taxe, comme le prévoit la législation sur l’environnement.

Arnaud Mimran, un virtuose de cette escroquerie depuis 2008, est toujours libre comme l’air en 2012. Alors, il flambe, encore et encore. La bar-mitsva de son aîné lui offre l’occasion d’en mettre une nouvelle fois plein la vue. Pour célébrer la majorité religieuse de cet adolescent de 13 ans, rien n’est trop beau. Qu’importe la dépense, pourvu que ça en jette ! Des proches parlent d’une fête à 5 millions d’euros… Et pour le prix, tout doit être grandiose, jusqu’aux invités, triés sur le volet, évidemment. à mi-chemin entre Le parrain 2 de Coppola et le fameux sketch de Gad Elmaleh adapté au cinéma, Coco, qui narre l’histoire d’un millionnaire fantasque ne sachant plus quelle folie inventer pour organiser, justement, la bar-mitsva de son fils.

Convié à l’événement, Patrick Bruel ne se serait pas fait prier, d’autant qu’Arnaud serait un copain de longue date. Et puis, cet iPad renfermant les indications, reçu en guise de carton d’invitation, il faut bien avouer que c’est la grande classe ! Après la cérémonie religieuse à la synagogue, un buffet attend les invités au Shangri-La, un palace parisien cinq-étoiles du XVIe arrondissement qui transpire le luxe. Craig David, le chanteur britannique engagé pour l’animation musicale, justifie son cachet mirobolant en reprenant son tube Seven Days, tandis qu’un aréopage de serveurs s’efforce de contenter l’assemblée vêtue, comme pour une montée des marches au festival de Cannes, de robes pailletées pour ces dames et de costumes de soirée pour ces messieurs. 

Pour le fils de son ami, Patrick aurait prévu un cadeau plutôt étonnant : une boîte de poker, oubliant qu’il est destiné à un jeune garçon. Mais bon, selon cet habitué des casinos – qui a décroché en 1998 un bracelet à Las Vegas (récompense ultime du poker, équivalent à un titre de champion du monde) –, il n’est sans doute jamais trop tôt pour s’y mettre ! Puis, il prend sa guitare pour chanter quelques-uns de ses plus beaux succès sous le regard complice d’Arnaud qui a tombé la cravate. Un tour de chauffe pour le chanteur, car les réjouissances n’en sont encore qu’à leurs prémices.


Sans se faire prier, tout ce beau monde migre vers le pavillon d’Armenonville, en bordure du bois de Boulogne. Dans cet ancien pavillon de chasse de style Belle Époque où se tiennent régulièrement des événements très haut de gamme, c’est l’apothéose ! Les invités se sont changés et paradent en tenue blanche, dress code très chic qui rappelle les fêtes emblématiques d’Eddie Barclay à Saint-Tropez et auquel s’est prêtée Bar Refaeli, sublime mannequin qui a partagé la vie de Leonardo DiCaprio. 

Quand la star Pharrell Williams se met au micro, c’est le délire général. Mais sur la piste de danse, on n’est pas au bout des surprises puisque, ensuite, c’est le chanteur Akon en personne, suivi du rappeur Puff Daddy, qui va se charger de mettre le feu. Arnaud Mimran, tout sourire, savoure ces moments de félicité, allant jusqu’à rejoindre sur scène les musiciens.

Pour rendre l’atmosphère encore plus électrique, il a eu l’idée d’engager des danseurs professionnels pour imiter les chorégraphies des Black Eyed Peas au beau milieu des tables… Un spectacle surréaliste !

Mais en 2016, le golden boy aux cheveux longs est rattrapé par la justice. Il est accusé d’avoir participé au casse du siècle en compagnie de Mardoché Mouly, qui se fait prénommer « Marco », et d’un troisième larron, qui s’est fait assassiner en 2010 : une escroquerie à 1,6 milliard d’euros détournés sur le marché des droits à polluer entre novembre 2008 et juin 2009, la fameuse « arnaque à la taxe carbone ».

Patrick Bruel se doutait-il des activités douteuses d’Arnaud ? Nul ne le sait. Mais comment ne pas être fasciné devant ce flambeur qui roule en Rolls Phantom et vole en jet perso, qui, pour les vacances, navigue entre la Sardaigne et Ibiza à bord d’un yacht luxueux… Partout, Arnaud est « champion du monde », sauf aux tables de jeu de Vegas où il est capable de perdre un million de dollars sans broncher, ce qui lui vaut la tendresse toute particulière du chanteur, ému de voir un copain se faire plumer avec autant de panache. 

Quand Patrick Bruel et lui débarquent à Las Vegas, c’est Arnaud la vedette. « Comme peu de gens reconnaissaient Patrick, je le faisais passer pour un célèbre acteur porno français dès qu’il avait le dos tourné », se souvient Mimran au cours d’une interview donnée à Vanity Fair peu de temps avant son incarcération. 

Et comme le précise le magazine, à Vegas, les plus grands palaces se plient en quatre pour recevoir le caïd toujours entouré de sa bande. Le Bellagio lui affrète un Boeing privé au départ du Bourget, avec petrus et caviar à discrétion. La boîte de l’hôtel Wynn lance La Marseillaise à son arrivée, tandis que sur les écrans s’affiche un « Welcome Arnaud » en lettres dorées. Ils ont le droit de faire n’importe quoi sous les regards éberlués des clients : déambuler nus dans les couloirs du palace, plonger tout habillés dans l’aquarium géant situé derrière la réception. Du délire !

Arnaud offre des montres de luxe à ses conquêtes en devenir : toujours le même modèle, la Royal Oak en or signée Audemars Piguet, 45 000 euros pièce. Et ça marche ! Arnaud Mimran, dont le père est ingénieur, a grandi dans le XVIe arrondissement de Paris, et n’a jamais cherché à en sortir. 

Il reçoit ses potes dans son duplex rempli de sculptures et de tableaux d’art moderne près du Trocadéro, sa compagne, Claudia, mannequin venue du Paraguay, à la beauté renversante, joue les maîtresses de maison. La piscine située au sous-sol permet de recharger les batteries, tout comme la salle de sport dotée d’un panier de basket. Tout jeune, il rêve de devenir trader, comme Michael Douglas dans Wall Street. Mais devenu loup de la finance, ses affaires sentent très vite le soufre. Quand à l’automne 2008, son associé Marco lui propose un juteux filon : « le trading de CO2 », il plonge.

Aujourd’hui, le « mafieux du CO2 » est incarcéré à Fresnes. La rumeur l’accuse même d’avoir commandité deux assassinats : celui du troisième cerveau de la bande, Samy, abattu, porte Maillot, ainsi que celui de son ancien beau-père, Claude Dray… sans que la justice ne soit parvenue à prouver quoi que ce soit.

Sophie MARION

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