France Dimanche > Actualités > Patrick Chesnais : Inconsolable de la mort de son fils !

Actualités

Patrick Chesnais : Inconsolable de la mort de son fils !

Publié le 8 septembre 2018

chesnais-patrick-20180810

Douze ans après le drame qui a emporté Ferdinand à l’âge de 20 ans. Patrick Chesnais, ce “père orphelin” pense plus que jamais à son enfant…

Le 13 octobre 2006 était un vendredi.

Vendredi 13.

Que l’on croie ou non au sens caché des dates et de certains signes, personne ne peut s’attendre à vivre la tragédie qu’a vécue ce jour-là le comédien Patrick Chesnais.

Car ce 13 octobre, c’est son fils, qui venait d’avoir 20 ans, qui a été arraché à la vie.

Ferdinand, ce jeune homme encore au début de son existence, qui était, comme son père, devenu comédien, a soudain trouvé la mort.

Ce soir-là, en sortant du théâtre parisien où il donnait une représentation de la pièce Soleil noir, un des acteurs le raccompagne en voiture.

La soirée a été arrosée, le conducteur a bu.

Les sens anesthésiés par l’alcool, il pense entrer sur le périphérique.

Mais il se trompe : c’est sur une sortie de cette artère qu’il s’est engagé.

Et c’est le choc.

Le véhicule dans lequel se trouve Ferdinand est percuté de plein fouet !

Les deux conducteurs s’en sortiront.

Ferdinand meurt sur le coup.

Fin pour lui de ce vendredi 13 et de tous les jours qui devaient suivre.

Pour son père, la tragédie commence.

Afin de survivre à cette blessure qui le torture, il mettra des mots sur cette tragédie.

Dans Il est où, Ferdinand ?, Journal d’un père orphelin, paru chez Michel Lafon en septembre 2008, Patrick Chesnais évoque cet enfant bien trop tôt disparu.

Lucide, il sait que son existence ne sera plus jamais la même : « Le 13 octobre, ma vie a basculé. La sensation éphémère qui pouvait ressembler à ce qu’on appelle le bonheur, peut-être une légèreté, un accord avec soi-même, ses enfants, son corps, sa carrière, avec quelque chose qui met en harmonie tout ça l’espace de quelques instants, eh bien, ces instants-là me seront définitivement interdits. »

Soleil noir

Douze ans plus tard, Patrick Chesnais est toujours là.

Il travaille, beaucoup, ayant tout à fait conscience qu’exercer son métier lui permet d’apaiser un peu son chagrin, cette douleur qui ne le quitte plus.

Deux films dans lesquels il joue sont sortis sur les écrans à la mi-juillet : Moi et le Che, de Patrice Gautier et L’école est finie, d’Anne Depetrini.

Les jeunes metteurs en scène font appel à lui, les plus anciens aussi.

On le veut, il s’exécute.

Mais son soleil est noir. Comme celui que chantait Barbara : « Mais j’ai tout essayé / J’ai fait semblant de croire / Et je reviens de loin / Et le soleil est noir / Mais j’ai tout essayé / Et vous pouvez me croire, Je reviens fatigué [e] / Et c’est le désespoir. »

Ces mots, on les croirait écrits pour lui, sur mesure. à la mesure de son chagrin.

Car malgré les années qui ont passé, sa souffrance est intacte.

C’est ce que l’on comprend quand on lit ses récentes déclarations parues il y a quelques jours dans Le Parisien.

Quand notre confrère lui demande de faire une liste de ses envies, il répond : « Communiquer avec mon fils ».

Avant d’expliquer : «J’aimerais trouver un moyen de lui parler du temps qui passe, de son frère, de sa sœur, de sa maman et de moi. »

C’est simple, sans emphase. Ce ne sont pas des mots pour faire pleurer.

C’est le sentiment d’un homme pudique qui ne veut pas que son enfant soit mort, qui voudrait qu’il soit là, avec lui, avec ceux qui l’aiment et à qui il manque terriblement.

Son frère Victor, qui avait 3 ans à l’époque. Sa sœur, Émilie, qui avait 22 ans, et sa mère, Coralie Seyrig.

Patrick Chesnais veut continuer avec lui la discussion qu’il avait commencée. Mais c’est impossible. Et chaque moment lui crie cette évidence.

C’était pour passer encore du temps avec lui qu’il avait sorti son livre.

« Un ouvrage pour permettre à Ferdinand, mon fils bien-aimé, d’exister quelques années de plus. Peut-être… », avait-il écrit.

Alors, pour continuer ce projet, le comédien a décidé de se battre pour sensibiliser les gens aux dangers de l’alcool au volant.

Il a fondé une association, pensant que le cinéma est un bon moyen pour toucher les jeunes conducteurs : « Si on ne sauvait qu’une vie, ça aurait déjà du sens », disait-il au micro de RTL en 2013.

Chagrin

Aujourd’hui, Patrick Chesnais rêverait d’être grand-père.

« J’adorerais que ma fille Émilie, qui a 33 ans, devienne maman, mais je ne suis pas du genre à la tanner. C’est sympa d’être grand-père, on redevient le parent qu’on a été, les responsabilités en moins », a-t-il encore déclaré au Parisien.

Comment ne pas entendre dans son souhait de « redevenir le parent que l’on a été », celui de retrouver sa place de père auprès de Ferdinand ?

Et lorsque, toujours dans les colonnes de notre confrère, il avoue qu’il aimerait trouver une « machine à rajeunir », afin de revivre son adolescence, ce moment où « on découvre le monde, on s’enthousiasme. On devient un homme, tout en gardant un pied dans l’enfance », comment ne pas imaginer qu’une nouvelle fois, c’est Ferdinand qu’il voit quand il parle ?

Il est presque certain que Patrick Chesnais ne guérira jamais de son chagrin.

L’absence de son fils est dans chacun de ses gestes, chacune de ses pensées.

Mais par ce chagrin, il continue, sans doute, à le faire vivre un peu.

Et sa présence l’accompagnera jusqu’à son dernier souffle.

Laurence PARIS

À découvrir