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Patrick Juvet : "Je crois en la réincarnation !"

Publié le 30 avril 2010

Lors d'une escale de la croisière "Âge tendre et têtes de bois" à Barcelone, son nouveau port d'attache, le chanteur Patrick Juvet nous a tout dit sur ses projets.Lors d'une escale de la croisière "Âge tendre et têtes de bois" à Barcelone, son nouveau port d'attache, le chanteur Patrick Juvet nous a tout dit sur ses projets.

C'est le soleil que Patrick Juvet est venu chercher en Espagne ! Natif de Montreux, en Suisse, l'interprète d'Où sont les femmes ? a élu domicile depuis une dizaine d'années à Barcelone. Une ville qu'il apprécie particulièrement pour sa culture, son architecture et la mentalité de ses habitants...

Alors qu'il travaille sur son nouvel album, il a profité d'une escale de la croisière Âge tendre et têtes de bois dans sa ville d'adoption pour venir saluer à bord ses copains de tournée. L'occasion de nous faire visiter les quartiers qu'il affectionne...

->Voir aussi - Patrick Juvet : "Maman m'a donné deux fois la vie"

France Dimanche : Pourquoi avez-vous choisi de vivre en Espagne ?

Patrick Juvet : C'est curieux, parce qu y a une trentaine d'années, j'avais juré que je ne reviendrais plus jamais dans ce pays ! Lors d'une tournée éprouvante aux États-Unis et dans toute l'Europe, ma maison de disques m'avait imposé une énième interview pour une télévision espagnole. Il faisait une chaleur étouffante et, avec la fatigue accumulée, j'ai fait une crise de tétanie. Stupidement, j'ai donc gardé un souvenir épouvantable de ce pays. Puis, en 1998, j'y suis retourné quelques jours pour soutenir un copain souffrant. J'y ai alors découvert une autre vie, bien plus agréable qu'en France. Après avoir vécu plusieurs années à Londres, Paris, Los Angeles ou New York, et à une période de mon existence où j'avais besoin de repos, j'ai décidé de louer une « petite » baraque de 150 m 2 avec un terrain de 16000 m 2 sur la Costa Brava. C'était si vaste que je n'ai jamais fait le tour entier de la propriété ! Finalement, même si c'était effectivement très reposant, je m'y suis très vite ennuyé. J'ai donc loué un petit deux pièces dans Barcelone, à une heure de route de ma maison de campagne. Aujourd'hui, je suis fier d'être résident espagnol depuis dix ans.

F. D. : Expliquez-nous ce qui vous séduit le plus dans ce pays ?

P. J. : Le soleil et la mentalité des Espagnols ! Quand je vivais à Londres, il ne faisait pas assez beau. Et à Paris, la plupart du temps, je ne trouvais pas les gens très aimables. J'ai donc trouvé un bon compromis ici.

F. D. : À quoi ressemble votre pied-à-terre, aujourd'hui ?

P. J. : J'ai toujours été nomade. On m'a donc toujours conseillé de prendre des locations. Je le regrette d'ailleurs un peu parce qu'avec tout l'argent que j'ai gagné dans ma carrière, je pourrais être propriétaire de belles et grandes demeures. Cela dit, j'ai aimé aussi claquer mon argent en me faisant autant plaisir. D'autant plus que je n'ai pas de vie de famille, je n'ai pas de gamins. Mais maintenant que j'arrive à un certain âge, je viens enfin de me décider à acheter un appartement que je suis en train de retaper, dans un beau quartier de Barcelone. Il me reste encore quelques petits travaux à faire, mais j'en suis déjà très content. Je vis seul au dernier étage d'un immeuble avec une grande terrasse.

F. D. : Vous voilà donc définitivement installé dans cette capitale catalane !

P. J. : Oui et non. En effet, je suis actuellement à la recherche d'un terrain que j'aimerais acheter au Brésil. Je devrais d'ailleurs m'y rendre dans quelques semaines pour visiter des maisons. En fait, je me verrais bien passer les mois d'hiver là-bas et revenir en Espagne pour les beaux jours. Parce que je suis toujours en quête de chaleur.

F. D. : Avez-vous peur de vieillir ?

P. J. : Non, parce que je ne pense pas avoir la mentalité des gens de mon âge. J'ai l'impression d'avoir dix ans de moins. Cette décennie correspond à la période la plus sombre de ma vie, à tous mes excès. Aujourd'hui, je suis en pleine forme, je ne bois plus d'alcool depuis longtemps. Je vis donc très bien l'approche de la soixantaine ! Et je suis loin de penser à la mort. Ce qui ne m'empêche pas de réfléchir à la suite. Je n'ai pas fait de testament, mais j'aimerais léguer tout mon argent aux enfants défavorisés. J'ai déjà prévu que la fille de ma sœur sera en charge de la succession et des droits d'auteur... Je souhaite aussi que ma maison au Brésil devienne un lieu de vacances destiné aux enfants qui ne peuvent pas s'en offrir... Peut-être me faudrait-il officialiser mes désirs en allant signer des papiers chez un notaire, mais, par superstition, je ne l'ai toujours pas fait. Ça me donnerait l'impression que je vais mourir le lendemain. Pourtant je n'en ai pas du tout peur. Je suis même persuadé qu'il y a un « après », que nous ne sommes que « de passage ». Bref, je crois en la réincarnation ! Mais n'allez pas croire non plus que je suis sur le point de mourir. Je vous vois déjà imaginer détenir l'ultime interview de Patrick Juvet !

F. D. : Comment vivez-vous votre notoriété en Espagne ?

P. J. : La plupart des gens que je côtoie dans mon quartier savent qui je suis, mais on me laisse en général plutôt tranquille. En fait, beaucoup d'Espagnols connaissent mes chansons pour les avoir notamment entendus à la radio ou en discothèque, sans savoir pour autant à quoi je ressemble. C'est donc un plaisir de pouvoir, par exemple, prendre le métro sans être embêté. Récemment, j'ai croisé un couple dans un bar qui voulait discuter en français avec moi. Après avoir dit que je m'appelais Patrick, ils ont associé ce prénom pour s'amuser à « Juvet » sans savoir que c'était réellement moi. C'était une situation plutôt cocasse !

F. D. : Dites-nous comment vous occupez vos journées ?

P. J. : Au début, j'étais très souvent dehors. Barcelone est une ville très mouvementée, très culturelle, donc j'étais toujours en vadrouille. Aujourd'hui, je suis devenu plus calme, plus casanier. Depuis que j'ai découvert Internet, je suis carrément scotché devant mon ordinateur. Et vu que c'est de plus en plus compliqué de draguer en boîte de nuit, je passe beaucoup de temps sur des sites de rencontre, parfois des nuits entières !

F. D. : Comment une célébrité telle que vous parvient à se créer des relations normales ?

P. J. : Eh bien, justement, c'est plutôt compliqué ! J'utilise évidemment un pseudonyme et, comme je ne veux pas tricher en me rajeunissant, je préfère dire que j'ai 105 ans. Au début, j'ai ramé parce que je ne voulais pas mettre de photos de moi. Lorsque je voyais une personne qui me plaisait, celle-ci voulait absolument savoir à quoi je ressemblais. Donc ça ne marchait pas. Maintenant à presque 60 ans, je me fous du qu'en-dira-t-on ! J'ose donc enfin montrer mon visage aux autres internautes. Et le résultat est plutôt convaincant ! Je suis d'ailleurs assez flatté de voir que j'ai pas mal de succès. J'ai une avalanche de propositions venant du monde entier.

F. D. : On vous reconnaît ?

P. J. : La plupart des Français se moquent de moi. On m'a déjà dit que j'étais idiot de mettre la photo de Patrick Juvet, en pensant qu'il s'agissait de mon chanteur préféré. On ne veut pas croire que c'est réellement moi. Je ne sais pas quoi répondre. J'ai quand même fait quelques belles rencontres, mais qui n'ont jamais vraiment duré.

Philippe Callewaert

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